Dans la série Où sont-ils rendus?, Olympique.ca se penche sur l’après-carrière sportive de certains des plus grands olympiens d’Équipe Canada. Bref, on prend des nouvelles de nos champions!


Reconnue comme étant la fondeuse canadienne la plus décorée aux Jeux olympiques, Beckie Scott exerce une influence qui va bien au-delà des médailles qu’elle a remportées au cours de ses 11 années avec l’équipe nationale ainsi qu’à l’occasion de sa participation à trois Jeux olympiques.

Prenant à témoin ses efforts de promotion de l’esprit sportif et du sport propre, ainsi que sa volonté d’utiliser l’héritage qu’elle laisse pour habiliter la jeunesse autochtone, Scott estime que sa passion pour le sport a dans les faits augmenté depuis qu’elle a cessé de faire de la compétition.

Scott a été sélectionnée au sein de l’équipe olympique pour la première fois en vue des Jeux de Nagano 1998, où elle a participé à cinq épreuves. Quatre ans plus tard, alors qu’elle n’avait que deux podiums de la Coupe du monde à son actif, elle est devenue la première femme nord-américaine à monter sur un podium olympique en ski de fond.

Une athlète avec une médaille d'or au cou

La fondeuse canadienne Beckie Scott affiche sa médaille d’or qui lui a été décernée lors d’une cérémonie à Vancouver, le vendredi 25 juin 2004. LA PRESSE CANADIENNE / Chris Bolin

Un an plus tard, la médaillée d’or initialement couronnée à la poursuite de 5 km + 5 km a été disqualifiée en raison d’un test antidopage positif et Scott a grimpé d’une marche sur le podium pour devenir médaillée d’argent. Puis, l’histoire s’est répétée et la nouvelle médaillée d’or a aussi été disqualifiée pour dopage. Plus de deux années et demie après que la course ait été disputée à Salt Lake City 2002, Scott s’est vu attribuer ce qui lui revenait légitimement — une médaille d’or olympique. Ce qu’elle a vécu dans le contexte a jeté les bases de ce qui est devenu son ardent désir de militer pour la cause antidopage.

À sa dernière présence aux Jeux olympiques à Turin 2006, Scott a de nouveau accédé au podium, décrochant alors l’argent avec Sara Renner au sprint par équipes en style classique. Scott, une pionnière des sports nordiques au Canada, a son nom inscrit sur deux des quatre médailles olympiques remportées par des fondeurs canadiens.

Scott a pris sa retraite à la fin de la saison 2005-2006 de la Coupe du monde. En plus des succès qu’elle a connus à titre d’Olympienne, Scott a remporté 15 médailles en carrière sur le circuit de la Coupe du monde et a terminé deux fois en quatrième place aux Championnats du monde de la FIS. Elle a récolté 10 de ces médailles de la Coupe du monde, dont quatre d’or, à sa dernière saison.

« Je dirais que le fait saillant de ma carrière a été de finir deuxième au classement général de la Coupe du monde à ma dernière année de compétition. Le calendrier de la Coupe du monde de ski de fond s’étire sur cinq mois et il est très taxant. Tu dois disputer des courses un peu partout dans le monde et arriver prête à aspirer à de bons résultats dans un éventail complet de disciplines (du sprint aux épreuves de fond), a déclaré Scott à olympique.ca. J’étais contente de compléter la saison — et ma carrière aussi — sur une aussi bonne note. »

Tous les exploits de Beckie Scott

Sa retraite a signalé le début d’un nouveau départ en ce qui a trait à son implication dans le monde du sport. Aux Jeux olympiques d’hiver de 2006, Scott a été élue au sein de la Commission des athlètes du CIO pour un mandat de huit ans. Elle a œuvré comme membre du Conseil d’administration du comité d’organisation de Vancouver 2010. Elle a pris la tête d’Équipe Canada dans le rôle de chef de mission en vue des Jeux olympiques de la jeunesse d’hiver 2012 à Innsbruck.

Scott s’est distinguée par le travail inlassable qu’elle a fait pour militer en faveur d’un sport propre, étant reconnue mondialement comme une personne qui se faisait régulièrement entendre sur ce sujet fort important. Elle a rejoint les rangs du comité des sportifs de l’Agence mondiale antidopage (AMA) en 2005 et œuvré comme présidente de ce comité de 2014 à 2019. Elle a par ailleurs été membre du conseil du Centre canadien pour l’éthique dans le sport.

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Ces dernières années, l’héritage de Scott a pris encore plus d’importance alors qu’elle s’est donnée comme mission d’habiliter et d’inspirer la jeunesse autochtone à l’aide du sport et du jeu. En 2020, Scott a reçu une Subvention Héritage d’OLY Canada au nom de Spirit North, dont elle est la fondatrice et chef de la direction. Cet organisme sans but lucratif cherche à apporter des changements importants dans la vie des jeunes de la Première nation des Tsuu T’ina en les amenant à découvrir la puissance des sports et des activités sur la terre ferme.

Son parcours a commencé quand on lui a demandé de devenir ambassadrice pour la première mouture de Spirit North. À l’époque, il s’agissait en gros d’un programme pour que les jeunes du nord de l’Alberta puissent apprendre à faire du ski. Quand Scott a commencé à se rendre dans les différentes communautés et à skier en compagnie des enfants, elle a été « vraiment perturbée » par ce qu’elle a vu.

« C’était la première fois que je voyais, de mes propres yeux, les réalités de la vie des communautés autochtones, a-t-elle affirmé. J’ai été tout particulièrement frappée par les incroyables inégalités qu’il y avait entre les enfants autochtones et non autochtones. En même temps, je voyais aussi la joie immense et l’expérience transformatrice que les enfants vivent quand ils ont l’occasion de participer à un sport ou à une activité, et à quel point le concept de sport comme moyen de développement peut réellement être
puissant. »

Même si elle n’avait aucune expérience comme gestionnaire d’un organisme sans but lucratif, Scott tenait à montrer qu’il y avait, avec Spirit North, un immense potentiel à réaliser en se mettant au service d’un plus grand nombre de communautés et d’enfants. Elle l’a donc pris en charge!

Maintenant, Spirit North assure la livraison de programmes de sports et d’activités pendant et après l’école, offrant du leadership, la certification d’entraîneur, un soutien en matière d’équipement et des occasions d’implication dans la communauté. Scott affirme que plusieurs des élèves qui participent à ces programmes vivent des vies difficiles et racontent des histoires à en fendre l’âme. Une solution que Spirit North et elle sont en mesure d’offrir, c’est la possibilité de se connecter à quelque chose de positif.

« Nous nous voyons vraiment comme des gens qui peuvent aider à faciliter les connexions pour les enfants pour tout ce qu’ils ont la possibilité de faire — et tout ce que ces possibilités leur réservent. Quand nous établissons ces connexions, nous voyons la magie qui opère quand nous amenons les enfants à apprendre, grandir, s’épanouir et éventuellement contribuer à la santé, la force et la vitalité de leurs communautés », a déclaré Scott.

« Cette année en particulier, avec la COVID, nous avons constaté que la demande pour nos programmes a augmenté dans certains secteurs. Nous savons que le travail que nous avons fait pour connecter les enfants à la santé mentale, à la guérison et la croissance à l’aide d’activités terrestres nous a permis de bâtir une bonne fondation, mais nous voyons aussi que l’impact sur la santé mentale au sein des communautés marginalisées et vulnérables a été particulièrement dévastateur cette année. C’est ce qui nous a amenés à présenter une demande pour la subvention afin d’optimiser notre soutien dans les secteurs qui en ont le plus besoin, et nous voyons que les gens ont bien adopté notre approche. »

En plus de son travail avec Spirit North, Scott participe à la couverture que fait CBC Sports des Jeux olympiques d’hiver. Elle possède deux doctorats honorifiques en droit, qui lui ont été accordés par l’Université de l’Alberta et l’Université de la Colombie-Britannique. En 2018, Scott a été nommée Officière de l’Ordre du Canada. Elle a aussi été intronisée au Panthéon des sports canadiens (2007), au Temple de la renommée du ski canadien (2010) et au Temple de la renommée olympique du Canada (2012). Loin de s’atténuer, sa passion pour le sport continue de grandir.

« Quand je disputais des compétitions comme athlète, c’est comme si j’avais des œillères tellement j’étais concentrée sur ma carrière sportive, et je ne réalisais pas à quel point le sport pouvait avoir de formidables effets bénéfiques et représentait quelque chose de valorisant pour la société dans son ensemble. Maintenant, comme parent, en tant que personne qui agit comme chef de file de la pratique sportive axée sur le développement des personnes, et aussi comme simple membre de ma propre communauté, je vois et je ressens tous les jours l’éventail complet des bénéfices et de la valeur que le sport représente pour la société. J’ai fait partie de la communauté du sport à tellement de niveaux différents, et je dirais que j’apprécie probablement davantage la présence du sport dans nos vies en ce moment que je ne l’ai jamais fait auparavant. »

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