Les médaillés olympiques Gilles et Poirier mènent le Canada aux Championnats du monde de patinage artistique
La saison de patinage artistique n’est pas encore terminée.
Que vous soyez déjà passionné de ce sport ou que vous l’ayez découvert en regardant les performances marquantes des patineurs canadiens aux Jeux olympiques d’hiver de Milano Cortina 2026, les Championnats du monde de patinage artistique de l’ISU 2026, qui s’amorcent bientôt à Prague, en Tchéquie, promettent d’être captivants.
Certains patineurs veulent continuer sur leur succès olympique, tandis que d’autres cherchent à se rattraper après des performances moins satisfaisantes.
Les danseurs sur glace Piper Gilles et Paul Poirier abordent ces mondiaux comme une « célébration » de leur saison, eux qui ont atteint leur grand objectif : remporter une médaille olympique.

« On veut se donner la chance de patiner avec un peu moins de pression et simplement profiter de tout ce qu’on a accompli cette saison », a expliqué Poirier lors d’une conférence téléphonique récente.
Fidèles à leur approche depuis le début de la saison, ils n’ont pas confirmé clairement si ces championnats marqueront la fin de leur carrière compétitive après 15 ans ensemble.
« On suit toujours notre cœur et ce que notre corps nous permet de faire. On veut surtout être présents aux mondiaux et éviter de se projeter dans une fin possible. On préfère laisser les choses ouvertes et simplement profiter de l’expérience », a ajouté Gilles.
Comme souvent lors des mondiaux qui suivent les Jeux olympiques, certains médaillés ont choisi de ne pas participer. Parmi eux : les Américains Madison Chock et Evan Bates, triples champions du monde en danse sur glace et médaillés d’argent à Milan, le champion olympique masculin Mikhail Shaidorov du Kazakhstan, les champions olympiques en couple Riku Miura et Ryuichi Kihara du Japon, ainsi que la championne olympique Alysa Liu des États-Unis.
Gilles et Poirier ont pris le temps de réfléchir avant de confirmer leur présence à Prague après leur médaille de bronze olympique obtenue grâce à une performance record.
« Après les Jeux, on était vraiment satisfaits de nos performances, et ça aurait pu être une fin naturelle à la saison. On était aussi très fatigués, car c’est un environnement très intense. Mais comme on devait retourner sur la glace pour les spectacles, on savait aussi que nos partisans aimeraient nous voir une dernière fois », a expliqué Poirier.
Ils ont donc pris une semaine pour s’entraîner et évaluer leur état. « En reprenant l’entraînement, on a ressenti un réel enthousiasme à l’idée d’aller à Prague. Même avec la fatigue, c’est cet enthousiasme qui a guidé notre décision. »

Quelle que soit l’issue de leur 13e participation aux mondiaux, Gilles et Poirier ont passé les semaines suivant leur podium olympique dans le calme et la satisfaction de ce qu’ils ont accompli.
« Je ne crois pas que nous voulions être aussi satisfaits après un programme, » a dit Gilles. « Je pense que nous nous sommes juste permis d’être pleinement présents dans ce moment. […] Même une fois arrivés sur le podium, on se disait qu’on pourrait y rester pour toujours et être totalement heureux. »
Elle a également réfléchi au temps nécessaire pour atteindre leurs objectifs.
« Réussir au milieu de sa carrière et essayer de reproduire ce succès pour le reste, c’est très difficile et stressant. Pour nous, avancer pas à pas, c’est comme la tortue et le lièvre, on y arrive à notre rythme et on gagne à notre manière. C’est un exemple pour tous les athlètes qui pensent ne pas y arriver, on peut toujours atteindre ses objectifs, chacun suit son propre chemin. »
Milano Cortina 2026 représentait aussi une première grande scène internationale pour Stephen Gogolev, 21 ans, qui participera à ses premiers mondiaux seniors. Sa cinquième place aux Jeux n’a pas changé son état d’esprit, mais lui a donné encore plus de confiance.

« Je savais que si je donnais le meilleur de moi-même, mes attentes se situaient autour du top 10, peut-être le top 8. Je ne m’étais pas imaginé être dans le top 5, surtout à moins de deux points du troisième. Mais sachant que j’ai tout donné, que c’est ma meilleure performance personnelle et la meilleure compétition de ma carrière, je n’ai absolument aucun regret », a déclaré Gogolev.
Après les Jeux, il a été malade pendant une semaine, mais a rapidement repris l’entraînement, notamment avec son chorégraphe Benoit Richaud, venu à Toronto pour peaufiner certains éléments.
Cette saison, Gogolev est surtout heureux d’avoir pu enchaîner les compétitions après avoir retrouvé sa pleine forme, malgré des blessures au dos. Cela lui a permis de gagner en réputation et de progresser au classement mondial.
Mais il n’est pas le seul à faire parler de lui. Lia Pereira et Trennt Michaud arrivent motivés aux Championnats du monde après quatre prestations solides à Milan, avec notamment une troisième place au programme court en couple, qui les a qualifiés pour le groupe final du programme libre.

« Être dans ce groupe de tête aux Jeux olympiques, ça semblait un peu fou sur le papier et ce n’était pas forcément ce à quoi on s’attendait », a confié Pereira, en expliquant qu’ils espéraient simplement être dans le top huit avant le programme libre. « Ça a juste confirmé que tout le travail qu’on a fait nous a menés là où on mérite d’être. On ne s’est pas sentis hors de place. »
« C’est une vraie confiance en nous-mêmes quand on sent qu’on a atteint notre objectif : patiner comme on le voulait et ressentir ce qu’on voulait ressentir après notre performance, tout en obtenant les points et en étant là où on pense appartenir », a ajouté Michaud.
Ils pensaient que les semaines entre les Jeux et les championnats du monde seraient longues, mais ont été surpris de voir le temps passer vite. Après quelques jours de repos en rentrant de Milan, ils sont vite retournés sur la glace pour préparer leurs numéros de gala, ce qui a apporté un peu de fraîcheur à l’entraînement de leurs éléments de compétition.
Ils doivent aussi gérer le fait d’être maintenant plus reconnus, que ce soit une serveuse qui les reconnaît au restaurant, des gens qui viennent leur dire bonjour en faisant leurs courses, ou des enfants en camp de relâche ravis de rencontrer des Olympiens.
« C’est vraiment cool, parce que c’est ça le but des Jeux : rapprocher les gens et le monde autour de quelque chose », a expliqué Michaud. « On espère que certaines de ces personnes continueront à suivre le patinage pendant le prochain cycle olympique et qu’elles s’y intéresseront même après les Jeux, pas seulement pendant eux. »
Qui représentera le Canada aux Championnats du monde de patinage artistique 2026 ?
En danse sur glace, le Canada sera représenté par les mêmes trois équipes qu’aux Jeux de Milano Cortina 2026 : Piper Gilles & Paul Poirier, Marjorie Lajoie & Zachary Lagha, et Marie-Jade Lauriault & Romain Le Gac.
En couples, Lia Pereira & Trennt Michaud et Kelly Ann Laurin & Loucas Éthier seront en compétition, remplaçant Deanna Stellato-Dudek & Maxime Deschamps.
Comme à Milan, Stephen Gogolev et Madeline Schizas représenteront le Canada en simple hommes et simple femmes.
Horaire des Championnats du monde 2026
Mercredi 25 mars
6 h 30 (HE) – Programme court féminin
13 h 45 (HE) – Programme court en couple
Jeudi 26 mars
6 h 30 (HE) – Programme court masculin
13 h 15 (HE) – Programme libre en couple
Vendredi 27 mars
6 h 30 (HE) – Danse rythmique
13 h 00 (HE) – Programme libre féminin
Samedi 28 mars
7 h 30 (HE) – Programme libre masculin
13 h 30 (HE) – Danse libre
Prague a toujours été une ville spéciale pour les patineurs canadiens. La dernière fois que la ville a accueilli les championnats du monde, en 1993, Kurt Browning et Elvis Stojko ont remporté l’or et l’argent en simple hommes, et Isabelle Brasseur et Lloyd Eisler sont devenus champions du monde en couples. Trente et un ans plus tôt, Donald Jackson avait réalisé le tout premier triple lutz en compétition pour décrocher le titre mondial masculin de 1962, et les Canadiens étaient montés sur le podium dans les quatre disciplines.
Toute l’action des Championnats du monde sera diffusée sur cbcsports.ca et CBC Gem.



