Leah Hennel/COC
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Malgré une défaite crève-cœur, Équipe Canada est fière de son parcours

L’équipe canadienne féminine de hockey a gardé le meilleur pour la fin.

Ce n’était tout simplement pas suffisant dans le match pour la médaille d’or des Jeux olympiques d’hiver de Milano Cortina 2026.

Le Canada, qui menait 1-0 en troisième période, n’était qu’à 2:04 de défendre l’or remporté à Beijing 2022. Les États-Unis, avec la gardienne Aerin Frankel sur le banc au profit d’une joueuse de champ supplémentaire, ont égalisé le match à 1-1. Puis, à 4 min 07 s en prolongation à trois contre trois, Megan Keller a inscrit le but gagnant, offrant aux Américaines une victoire de 2-1 et la médaille d’or.

« On voit les larmes. On ressent les émotions », a dit la vétérane attaquante Laura Stacey, qui en était à ses troisièmes Jeux olympiques. « On était à quelques minutes d’avoir des médailles d’or autour du cou, et je pense que si ça fait aussi mal, c’est à cause de toute la fierté qu’on a. À quel point je suis fière de ce vestiaire. Ça n’a pas été facile. Ça a été tout un parcours, mais chaque personne dans ce vestiaire a joué pour les autres aujourd’hui, et je pense que c’est quelque chose qu’on doit retenir. »

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Les joueuses d’Équipe Canada réagissent après leur défaite face aux États-Unis lors du match pour la médaille d’or en hockey féminin aux Jeux olympiques d’hiver de Milano Cortina 2026, à Milan, en Italie, le jeudi 19 février 2026. Photo de Leah Hennel/COC

Le Canada a dû faire face à l’adversité tout au long de Milano Cortina 2026, peut-être plus que lors des Jeux olympiques précédents, et ça a commencé dès le départ. Le premier match du tour préliminaire a été reporté après que plusieurs membres de l’équipe finlandaise ont été touchés par le norovirus. Cela a entraîné un tour préliminaire plus long pour les Canadiennes que pour la majorité des équipes.

Après avoir battu la Suisse 4-0 dans leur match d’ouverture, la catastrophe a frappé lors de leur deuxième match quand la capitaine Marie-Philip Poulin a subi une mise en échec le long des rampes et a souffert d’une blessure au bas du corps. Le Canada a ensuite battu la Tchéquie 5-1, mais a perdu Poulin pour les deux derniers matchs de la ronde préliminaire.

Privée de leur capitaine, le Canada s’est fait écraser 5-0 par les Américaines, dans un match où les Canadiennes ont eu du mal tant en attaque qu’en défense.

Le Canada a terminé le tour préliminaire avec une victoire de 5-0 sur la Finlande, puis, avec Poulin de retour dans l’alignement, a battu l’Allemagne 5-1 en quarts de finale. Bien que le Canada accède souvent facilement au match pour la médaille d’or, l’équipe a vécu sa demi-finale la plus serrée à des Jeux olympiques, battant la Suisse de justesse 2-1 grâce à deux buts de Poulin.

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Brianne Jenner (19) et Emma Maltais (27), d’Équipe Canada, luttent pour la rondelle avec Caroline Harvey (4), des États-Unis, lors du match pour la médaille d’or en hockey féminin aux Jeux olympiques d’hiver de Milano Cortina 2026, à Milan, en Italie, le jeudi 19 février 2026. Photo de Leah Hennel/COC

Il y avait certes des inquiétudes quant au jeu du Canada à l’approche de la finale, mais ces doutes ont été rapidement dissipés. Le Canada a semblé préparée, rapide et solide contre les Américaines, livrant son meilleur hockey du tournoi. L’équipe a marqué en premier contre les Américaines, ce qu’aucune autre équipe n’avait réussi à Milano Cortina 2026, mais ce n’était tout simplement pas suffisant.

« C’est le match pour la médaille d’or aux Jeux olympiques », a dit Stacey pour expliquer comment l’équipe a pu livrer son meilleur match du tournoi. « On est Équipe Canada. On a énormément de fierté, et je pense que chaque personne dans ce vestiaire le voulait. Le voulait pour son pays, le voulait pour cette équipe, mais surtout, le voulait pour la personne à ses côtés, et je pense que ça s’est vu ce soir. Il n’était question de rien d’autre que de faire tout ce qu’il faut, et ça faisait mal. Ce n’était pas beau. On savait que ça ne le serait pas, et malheureusement on est tombées juste à quelques centimètres du but. Mais ce qu’on a accompli en groupe, ce qu’on a montré ce soir, je pense qu’il y a énormément de quoi être fières. »

Le Canada a amorcé le match pour la médaille d’or avec sept défaites consécutives contre les États-Unis, incluant un balayage lors des quatre matchs de la Série de la rivalité cette saison. Les Canadiennes étaient les négligées jeudi, un rôle que l’équipe a accepté, a dit la défenseure Renata Fast. Ça a failli leur valoir l’or.

« Je pense qu’on a eu de bonnes conversations hier sur le fait d’accepter la mentalité de négligées », a dit Fast, qui a joué un impressionnant 31 min 22 s dans le match pour la médaille d’or. « On était bien conscientes de notre position. On était enthousiastes à l’idée d’être dans cette position, d’aller jouer un match honnête, un match d’équipe, et de voir jusqu’où ça pouvait nous mener. Alors le groupe a fait un excellent travail en s’en tenant à ce plan de match aujourd’hui. »

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Sarah Fillier (10), d’Équipe Canada, bataille pour la rondelle avec Abbey Murphy (37), des États-Unis, lors du match pour la médaille d’or en hockey féminin aux Jeux olympiques d’hiver de Milano Cortina 2026, à Milan, en Italie, le jeudi 19 février 2026. Photo de Leah Hennel/COC

Les doutes sur le jeu de l’équipe ne se sont pas retrouvés dans le vestiaire, a dit la défenseure Erin Ambrose, qui a quitté le match en fin de troisième période après avoir subi une violente mise en échec dans les rampes.

« Rien ne s’est infiltré dans notre groupe, a dit Ambrose au sujet du bruit extérieur. Il n’y avait aucune partie de notre groupe qui ne croyait pas en l’autre. Je pense que jusqu’à la prolongation, la foi était là. »

Il s’agissait du dernier épisode d’une longue série de classiques olympiques pour la médaille d’or entre le Canada et les États-Unis. Sur les huit affrontements olympiques féminins de hockey de tous les temps, sept ont opposé le Canada aux États-Unis. Cinq de ces sept matchs ont été décidés par un seul but, dont trois en prolongation ou aux tirs de barrage.

Le Canada regarde maintenant vers les Alpes françaises 2030, où plusieurs nouvelles joueuses pourraient potentiellement s’ajouter à l’alignement. Les Canadiennes avaient l’équipe la plus âgée à Milano Cortina 2026, ayant choisi de réunir une formation riche en expérience olympique pour ces Jeux.

Il y avait certainement des aspects positifs du côté des joueuses plus jeunes de Canada. L’équipe a été menée au chapitre des points par Daryl Watts, 26 ans, qui a récolté huit points, tandis que Sarah Fillier, 25 ans, en a obtenu six, et Julia Gosling, 24 ans, en a amassé cinq. À la ligne bleue, Sophie Jaques, 25 ans, a récolté trois mentions d’aide.

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Les joueuses d’Équipe Canada réagissent après leur défaite face aux États-Unis lors du match pour la médaille d’or en hockey féminin aux Jeux olympiques d’hiver de Milano Cortina 2026, à Milan, en Italie, le jeudi 19 février 2026. Photo de Leah Hennel/COC

Une grande partie des discussions suivant le match pour la médaille d’or portait toutefois sur leur joueuse la plus expérimentée : Poulin. Avec trois buts et une mention d’aide, Poulin est devenue la meneuse de tous les temps pour les buts au hockey féminin olympique.

« De toutes, elle est la meilleure capitaine possible, a dit Fast. Tout le monde aime simplement la personne qu’elle est parce qu’elle fait l’effort d’avoir une relation avec chaque joueuse. Alors c’est vraiment spécial d’avoir une capitaine comme elle qui nous mène à la fois par son jeu, mais aussi par le type de personne qu’elle est. »

Il était évident que la joueuse de 34 ans n’était pas en pleine santé après être revenue de sa blessure. Il était tout aussi évident qu’elle est chérie par ses coéquipières et qu’elle continue d’être le cœur battant de l’équipe.

« Ça fait mal. Elle est notre leader. C’est une guerrière, a dit une Stacey émue. C’est pénible de la voir souffrir, mais wow, on n’aurait jamais pu le deviner. Elle s’est battue fort. Elle est notre roc. Elle est notre leader. Elle l’a montré. Elle a tout fait ce qu’elle pouvait, et je pense que notre équipe l’a suivie à chaque étape du chemin, et je pense que chacune d’entre nous peut être vraiment fière d’elle et de toute cette équipe. »