« Mon objectif en venant ici était d’entendre notre hymne national. Lorsqu’on a hissé le drapeau, je me suis senti vraiment fier d’être Canadien et de voir le drapeau s’élever au sommet du monde. Lorsque j’ai entendu l’hymne jouer, l’émotion m’a envahi. » – Simon Whitfield, après avoir remporté l’or en triathlon à Sydney 2000

Dessiné par George Stanley, adopté par le gouvernement de Lester Pearson après de nombreux débats, il est devenu, au cours du dernier demi-siècle, une source de fierté et de larmes pour les Canadiens et leurs olympiens; l’unifolié fête son 50e anniversaire dimanche.

L’expérience vécue par Whitfield est assez commune chez les athlètes canadiens qui ont le plaisir de voir s’élever leur drapeau à une cérémonie de remise de médailles aux Jeux olympiques. Très peu vivront cette expérience, très peu auront la chance de voir s’élever l’unifolié sur une scène mondiale à la suite de leurs nombreuses années de sacrifice personnel, de doute, de travail acharné et de succès. Chaque démonstration de l’excellence olympique fait se hisser ce symbole canadien.

Simon Whitfield avec le drapeau canadien aux Jeux de Sydney.

Si les athlètes sont, sans l’ombre d’un doute, les vedettes des Jeux olympiques, le drapeau a également eu droit à sa place sur la scène au cours des années.

L’unifolié à ses débuts

C’est en 1968, à Grenoble, que le drapeau actuel a été porté à une cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques. Jusqu’en 1994, les Jeux d’hiver et les Jeux d’été se sont tenus au cours de la même année. Puisque dans le calendrier olympique les Jeux d’hiver précèdent ceux d’été, Nancy Greene a eu le privilège d’être la première athlète à présenter le nouveau symbole national du Canada au monde lors d’une cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques. Greene a récolté l’or et l’argent à Grenoble après les débuts olympiques du nouveau drapeau.

Abby Hoffman porte le drapeau canadien au Jeux de Montréal en 1976.

Huit ans plus tard, le Canada a accueilli les Jeux olympiques pour la première fois. Montréal 1976 a offert aux Canadiens une chance de s’unir derrière le symbole – relativement jeune – de leur pays. La coureuse de demi-fond Abby Hoffman a porté le drapeau canadien au stade olympique, la Reine Elizabeth II a déclaré officiellement l’ouverture des Jeux, et les serments olympiques ont été prononcés en tenant le drapeau canadien.

En vedette

Les athlètes canadiens déroulent un drapeau géant lors de la cérémonie de clôture des Jeux de Sydney en 2000.

À la cérémonie de clôture d’Atlanta 1996, de Nagano 1998 et de Sydney 2000, les olympiens canadiens ont déployé un énorme drapeau (18 m x 9 m) durant la portion non officielle du programme, celle où les athlètes se laissent aller, font la fête et dansent dans ce qui est en général un gigantesque party. Abrités sous cet immense unifolié, les Canadiens ont fait sentir leur présence dans chacune de ces cérémonies. Fait intéressant, ce drapeau a été fait à la main par des parents d’élèves de Castle Hill, en Australie, dans le cadre d’un projet réalisé lorsque leur pays a présenté sa candidature pour accueillir les Jeux de 2000, qui se sont tenus à Sydney.

Deux fois de suite

Adam van Koeverden a été désigné comme porte-drapeau à la cérémonie d’ouverture des Jeux de 2008 à Beijing, quatre ans après avoir obtenu pareil honneur pour conclure les Jeux d’Athènes en 2004.

Deux olympiens ont fermé des Jeux et ouvert les Jeux suivants en portant l’unifolié. Après avoir été porte-drapeau à la cérémonie de clôture de Nagano 1998, Catriona Le May Doan a été choisie pour porter l’unifolié à la cérémonie d’ouverture de Salt Lake City 2002. Du côté des sports d’été, Adam van Koeverden a porté le drapeau canadien pour clore les Jeux de 2004 à Athènes et ouvrir ceux de 2008 à Beijing.

Avant l’unifolié

À Berlin en 1936, le Red Ensign affichant les armoiries entourées d’un cercle a été porté lors de la Parade des athlètes. Cependant, l’emblème des armoiries ne figurait pas sur le drapeau qui a été hissé parmi ceux des autres pays au Stade olympique.

De 1908 à 1964, les athlètes canadiens ont défilé aux Jeux olympiques sous le Red Ensign au gré de ses différentes variations. Il n’y a eu qu’un seul accroc à cet état de fait : à Berlin, en 1936, sur le drapeau porté par l’étoile de l’athlétisme (qui deviendrait plus tard le président du Comité olympique canadien), James Worral, les armoiries étaient entourées d’un cercle.

Le premier porte-drapeau du Canada a été le perchiste Ed Archibald aux Jeux olympiques de 1908 à Londres, qui avaient été les premiers à présenter ce qui est aujourd’hui une composante essentielle des Jeux olympiques, le défilé des athlètes.

Retour à domicile

Clara Hughes porte l’unifolié aux Jeux olympiques de 2010 à Vancouver.

Le Canada a accueilli les Jeux olympiques à deux reprises après Montréal 1976. Le porte-drapeau de la cérémonie d’ouverture de Calgary 1988 était Brian Orser, tandis que Clara Hughes a mené un pays vibrant d’émotion à Vancouver 2010.

Les duos

Kaillie Humphries et Heather Moyse ont tous deux été désignées comme porte-drapeau lors de la cérémonie de clôture des Jeux de Sotchi en 2014

À Atlanta 1996, le traditionnel porte-drapeau individuel a été remplacé par le duo composé de Marnie McBean et Kathleen Heddle. Les légendaires rameuses ont remporté leur troisième médaille d’or olympique à ces Jeux.

Jamie Salé et David Pelletier, patineurs artistiques décorés d’or aux Jeux de Salt Lake City, représentent un autre duo également récompensé par cet honneur.

Le concept « d’équipe » a été récemment repris. En effet, à la cérémonie de clôture de Sotchi 2014, ce sont Kaillie Humphries et Heather Moyse qui ont eu l’honneur de porter le symbole du Canada après avoir défendu avec succès leur titre de championnes olympiques de bobsleigh.

Avec l’aide de Paula Nichols