Une expérience olympique stressante et précieuse pour « la meilleure skieuse technique » du Canada
Brian Stemmle a dit qu’elle était « la meilleure skieuse technique que le Canada n’ait jamais vue » dans ses commentaires lors de la diffusion à la télévision.
Il s’agit là de grands éloges de la part de l’ancien athlète, mais Valérie Grenier quittera tout de même ses troisièmes Jeux olympiques sans médaille. Dimanche était la dernière chance de médaille de l’athlète de 29 ans de St-Isidore, en Ontario, à Milano Cortina 2026, mais ses espoirs de médaille au slalom géant se sont éteints en moins de 65 secondes.
Cinq fois médaillée sur le circuit de la Coupe du monde FIS dans sa carrière des dix dernières années, dont quatre fois en slalom géant, Grenier a terminé en huitième place lors du premier passage dimanche sur la piste Olympia delle Tofane à Cortina, en Italie.

Au deuxième passage, Grenier a eu de la difficulté dans une section au début du parcours de 49 portes sur 1300 mètres qui a donné du fil à retordre à plusieurs des 61 athlètes. Elle a terminé en 13e place avec un temps combiné de 2 min 14,58 s.
« Je suis déçue de moi. J’avais de grands espoirs pour le slalom géant, mais ça n’a pas été comme prévu, dit-elle. Au premier passage, je n’ai pas très bien fait dans la section du haut, et par la suite j’ai senti que je me retenais dans le bas. Au deuxième passage, j’ai essayé de progresser autant que possible, mais c’est un parcours très sinueux et j’ai eu de la difficulté à trouver mon rythme. J’étais derrière à chaque virage en haut du tracé et je n’arrivais pas à prendre de la vitesse. »
À la première fin de semaine des Jeux, Grenier a été disqualifiée en descente lorsqu’elle n’a pas franchi la porte de départ dans le temps alloué en raison d’un problème avec son bâton. Grenier a expliqué sur sa page Facebook que 15 secondes avant son départ, sa sangle de bâton s’est détachée et a ouvert la baguette du portillon.
« Je pensais qu’il était déjà trop tard, mais l’officiel de départ l’a refermée et m’a dit qu’il me restait 10 secondes, explique-t-elle à ses abonnés. Mon technicien et moi avons essayé de rattacher la sangle et quand nous avons finalement réussi, je me suis dépêchée à partir, mais il était déjà trop tard et j’ai été disqualifiée. »

Aucun skieur canadien n’a remporté de médaille olympique dans une épreuve technique (slalom géant ou slalom) depuis 50 ans, lorsque Kathy Kreiner avait causé la surprise en remportant une médaille d’or en slalom géant à Innsbruck 1976. La seule autre médaille du Canada en slalom géant a été en 1968 lorsque Nancy Greene a remporté l’or.
Au total, les Canadiennes ont remporté huit médailles olympiques en ski alpin, mais aucune depuis l’or de Kerrin Lee-Gartner en descente à Albertville 1992. Grenier est arrivée aux Jeux avec l’espoir de finalement ajouter à ce petit palmarès. Elle croit que son échec pourrait être en partie dû à l’énorme pression olympique qui met fin aux espoirs de podium de nombreux athlètes.
« Au plus profond de moi, peut-être que je me suis mis trop de pression, dit Grenier. Je ne suis habituellement pas nerveuse au départ, mais je l’étais un peu cette fois parce que c’était les Olympiques. Même si mes résultats sont décevants, c’était vraiment bien d’avoir ma famille avec moi ici plutôt que ce que nous avons vécu à Beijing 2022. Leur soutien à l’arrivée n’avait pas de prix. J’ai aussi apprécié l’expérience du Village olympique. »

Britt Richardson, âgée de 22 ans et originaire de Canmore, en Alberta, a aussi connu des difficultés dans la même section que Grenier et elle a pris le 26e rang avec son temps combiné de 2 min 16,65 s.
« Le premier passage a bien commencé, mais dans le bas j’ai fait une erreur coûteuse qui m’a fait perdre des places, explique Richardson. Ça ne me dérangeait pas trop en commençant le deuxième passage, car je savais que la course serait serrée. J’ai lancé ce deuxième passage avec une bonne approche, mais j’ai fait une erreur en début de parcours, j’ai perdu ma concentration à ce moment et j’ai fait plusieurs autres erreurs.
« C’est une piste différente de ce à quoi nous sommes habituées, car c’est vraiment une piste de vitesse sur laquelle on fait du slalom géant. La pente n’est pas très prononcée et c’est justement là que je me démarque. »

Justine Lamontagne, 23 ans, de Longueuil, au Québec, a terminé 28e en 2 min 17,82 s. Cassidy Gray, 25 ans, d’Invermere, en Colombie-Britannique, n’a pas terminé son premier passage.
« En général, je suis satisfaite de ma première course olympique, commente Lamontagne. Mon premier passage n’a pas été tout à fait comme prévu, une porte m’a frappée au visage près de la fin, mais je me suis rendue jusqu’en bas! Le deuxième passage a été vraiment meilleur. »
La favorite du pays hôte, Federica Brignone, a remporté la course en 2 min 13,50 s, pour une deuxième médaille d’or en quatre jours. Elle a précédemment remporté l’épreuve de super‑G, réalisant un impressionnant retour après avoir subi plusieurs fractures à la jambe gauche en mars 2025. Elle avait alors été incapable de marcher pendant trois mois.Sara Hector, de la Suisse, et Thea Louise Stjernesund, de la Norvège, ont réalisé des temps identiques dans les deux passages et se sont partagé une médaille d’argent en 2 min 14,12 s.



