Biographie :

Surnommée « Tiger » parce qu’elle avait l’habitude d’y aller le tout pour le tout et d’afficher de la combativité dans sa façon de skier, la double médaillée olympique Nancy Greene a été une des meilleures athlètes en ski alpin au monde dans les années 1960, alors qu’elle a remporté l’or et l’argent aux Jeux olympiques d’hiver de Grenoble en 1968.

Olympienne à trois reprises, Nancy Greene n’avait que 16 ans quand elle a fait ses débuts aux Jeux olympiques d’hiver de Squaw Valley en 1960, aux côtés de sa sœur Elizabeth. Elle a eu des résultats mitigés dans trois épreuves. À ses deuxièmes Jeux, le meilleur résultat de Greene à Innsbruck 1964 a été une septième place en descente, épreuve où les Autrichiennes ont balayé le podium devant les leurs.

Malgré cette absence de succès à ses deux premières participations aux Jeux, Greene a été porte-drapeau du Canada à la cérémonie d’ouverture des Jeux de Grenoble en 1968. Elle débordait de confiance en arrivant en France, elle qui avait ouvert une brèche dans la domination européenne de son sport en remportant le titre du classement général de la Coupe du monde en 1967 et qui savait qu’elle était capable de ramener trois médailles olympiques à la maison. Cependant, un malentendu concernant la cire de ses skis a fait qu’elle a dû se contenter de la 10e place de l’épreuve de descente olympique; le niveau de tension et d’anxiété a donc monté d’un cran puisqu’il ne lui restait plus que deux possibilités de podium, soit au slalom et au slalom géant.

Greene a donc joué son va-tout à sa course suivante et décroché une médaille d’argent au slalom. Quand même insatisfaite, elle était largement la favorite pour remporter le slalom géant et elle tenait coûte que coûte à aller chercher la médaille d’or olympique. Pour la distraire et faire baisser le niveau de nervosité le jour de la course, ses entraîneurs l’ont invitée à prendre un goûter et à discuter de l’aspect politique du ski, et ils sont arrivés au portillon de départ avec quelques minutes d’avance seulement. À l’aide d’une grande précision technique, Greene y est allée d’un tracé impeccable, l’emportant par une énorme marge de 2,64 secondes, l’écart le plus important jamais enregistré par une médaillée d’or dans l’histoire de cette discipline. Après les Jeux, Greene a remporté toutes les courses dans toutes les disciplines tout au long du mois qui a suivi et elle a raflé son deuxième titre de championne de la Coupe du monde. Elle a été accueillie à Vancouver par plus de 100 000 partisans habillés en vert quand elle a enfin pu retourner à la maison.

L’inoubliable carrière de Green dans le ski a été ponctuée de 13 victoires sur le circuit de la Coupe du monde et de 17 championnats canadiens dans toutes les disciplines. Quand elle a remporté la toute première Coupe du monde en 1967, elle a gagné sept des 16 épreuves (quatre victoires en slalom géant, deux au slalom et une en descente) et elle a été nommée Athlète canadienne de l’année en 1967, un honneur qui lui a également été attribué en 1968.

Ayant rejoint l’équipe nationale en 1959, Greene a pris sa retraite du ski de compétition à l’âge de 24 ans. En 1969, elle s’est mariée avec Al Raine, et ensemble ils ont continué à mettre le ski au centre de leurs vies. Ils ont eu des jumeaux (un d’entre eux, Willie, est devenu un skieur olympique à Albertville 1992), ont veillé au développement du tourisme en organisant des voyages de ski dans leur province d’origine, la Colombie-Britannique, ont bâti des centres de ski, ont créé un programme de ski qui portait le nom de Nancy Greene (visant l’initiation pour les jeunes enfants), ont agi comme bénévoles en tant qu’officiels de course et siégé au sein de comités pour différentes fédérations.

Des parcs, des lacs et des routes ont été baptisés en l’honneur de Nancy Greene, notamment le « parc provincial Nancy Greene », « lac Nancy Greene » et « chemin Nancy Greene ». Impliquée dans chacune des deux cérémonies d’ouverture des Jeux olympiques d’hiver tenus au Canada, Greene a porté la flamme olympique à l’intérieur du stade BC Place avec Steve Nash, Rick Hansen, Catriona Le May Doan et Wayne Gretzky à Vancouver en 2010, après avoir porté le drapeau olympique à Calgary en 1988.

Greene a été nommée sénatrice pour la Colombie-Britannique au sein du Gouvernement du Canada en 2009 et elle a continué de militer avec passion pour la santé et la forme physique. Elle a joué un rôle important dans le lancement de la Journée nationale de la santé et de la condition physique au Canada, qu’on souligne tous les premiers samedis du mois de juin.

Sans doute le nom le plus connu dans le monde du ski alpin canadien, Greene a été proclamée Athlète féminine du 20e siècle au Canada par La Presse Canadienne en 1999. Parmi les nombreux autres honneurs qu’on lui a décernés, Greene a remporté deux fois le trophée Lou-Marsh (1967, 1968), a été désignée officier de l’Ordre du Canada et membre de l’Ordre de la Colombie-Britannique en 1968, a vu son nom être gravé sur l’Allée des célébrités canadiennes, a été nommée membre du Temple de la renommée du sport de la Colombie-Britannique et du Temple de la renommée national de ski des États-Unis, en plus de faire l’objet d’un timbre de Postes Canada. Greene a été intronisée au Panthéon des sports canadiens en 1967 et au Temple de la renommée olympique du Canada en 1971.