En ce jour l’an dernier, le Comité international olympique a pris la décision très difficile de reporter les Jeux olympiques et paralympiques de Tokyo 2020 en raison de la pandémie de coronavirus.

Aujourd’hui, nous sommes convaincus que les Jeux olympiques et paralympiques pourront être organisés en toute sécurité cet été.

Pour mon premier message destiné directement aux partisans d’Équipe Canada sur Olympique.ca, j’ai pensé revenir sur les événements des 12 derniers mois et expliquer ce qui a changé.

un homme devant l'Expérience olympique de Montréal

David Shoemaker est le chef de la direction et secrétaire général du Comité olympique canadien. (Photo: Claude-André Fortin)

13 mars 2020

Quand je repense au mois de mars de l’année dernière, je me souviens de l’incertitude qui régnait sur tout. Un nouveau virus frappait le monde entier. Des récits terrifiants provenaient des salles d’urgence dans les endroits qui ont été touchés tôt.  Au début du mois de mars, l’équipe de la haute direction du COC et moi avons décidé de renvoyer nos employés à la maison et de transformer nos bureaux de Montréal et de Toronto en environnement de travail à distance.

Nous avons appris à respecter une distance physique entre nous et tous ceux qui ne partageaient pas notre bulle en nous demandant si nous serions séparés pendant des semaines, des mois, voire des années.

Pendant ce temps, la tension montait au sein du système sportif canadien. Les athlètes devaient continuer de se préparer pour Tokyo 2020, qui était dans seulement quatre mois, et pourtant, le conseil de la santé publique aux Canadiens était de rester à la maison, de s’isoler, de faire notre part pour « aplatir la courbe ». Cela nous a confondus. Nous avons entamé des discussions avec plusieurs de nos intervenants, y compris le Comité paralympique canadien, nos partenaires financiers nationaux et nos dirigeants sportifs. 

Report des Jeux

Le 20 mars, nous avons convoqué notre commission des athlètes et notre conseil d’administration. Il est devenu clair qu’Équipe Canada ne pouvait pas aller aux Jeux à l’été 2020. Comment pourrions-nous continuer à nous entraîner alors que les gymnases, les piscines, les centres d’entraînement, même les pistes extérieures, étaient fermés? Je me souviens d’Olympiens emblématiques comme Rosie MacLennan et Diana Matheson qui ont fait valoir que la sécurité de leurs familles et de leurs communautés ne pouvait pas être reléguée au second plan en raison de leurs rêves olympiques. Le 22 mars, le COC a annoncé qu’il ne serait pas en mesure d’envoyer une équipe aux Jeux s’ils étaient présentés à l’été 2020.

Le 24 mars, le CIO et Tokyo 2020 ont décidé de reporter les Jeux à 2021. Avec un parcours clair, le système sportif canadien s’est concentré sur ce que nous pouvions faire pour assurer la sécurité d’Équipe Canada tout en nous préparant à être à notre meilleur dans un peu plus d’un an. Nous avons travaillé extrêmement fort de façon collaborative pour trouver des solutions aux problèmes inédits créés par la COVID-19. Quand j’y repense, je suis tellement fier de ce que nous avons fait ensemble comme système. 

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Retour au sport

Nous avons formé un groupe de travail sur le retour au sport présidé par Anne Merklinger, chef de la direction d’À nous le podium, avec des experts médicaux de tout le système sportif pour nous aider à prendre des décisions éclairées fondées sur les meilleurs conseils médicaux que nous puissions obtenir. L’équipe au COC a organisé des réunions Zoom avec tous les sports en compagnie de nos partenaires du Comité paralympique canadien et a même fait venir l’astronaute Chris Hadfield pour parler aux athlètes de la gestion de l’incertitude. Nous avons aussi travaillé avec le CIO, le CIP et d’autres comités nationaux olympiques pour apprendre de la communauté sportive internationale et partager ce qui fonctionnait chez nous.

Nous avons engagé nos 27 partenaires marketing pour nous assurer qu’ils comprennent les défis et le nouveau plan olympique. Malgré les répercussions évidentes sur leurs entreprises, je suis heureux de dire qu’ils sont tous encore avec nous, soutenant les athlètes d’Équipe Canada dans leur parcours vers Tokyo et au-delà. Avec nos partenaires du sport, notamment Sport Canada, nous avons travaillé avec les organismes nationaux de sport, dont beaucoup ont fait face à des défis pénibles pendant la pandémie, pour essayer de les aider à comprendre le fonctionnement de la PCU, à plaider pour du financement et à gérer des environnements de travail à distance. 

Pour nous aider, le COC, en collaboration avec le Comité paralympique canadien et À nous le podium, a investi 5 millions de dollars dans le financement d’un retour en toute sécurité au sport de haut niveau, y compris l’achat de plusieurs machines de tests moléculaires et rapides afin que les athlètes puissent reprendre l’entraînement en toute sécurité dans des bulles. Cela effleure à peine l’histoire. Chaque sport, chaque centre d’entraînement a ses nuances, mais ensemble, le système a trouvé un moyen d’y arriver.

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Notre nouvelle réalité

Pendant ce temps, autour de nous, les choses ont changé. Des règles sont entrées en vigueur et d’autres mesures ont été mises en place pour aider à arrêter la propagation et à aplatir la courbe. Lentement, nous avons acquis une compréhension plus approfondie du virus, apprenant à porter des masques presque partout. Les rapports initiaux faisant état de vaccins qui prendraient au minimum quelques années ont commencé à devenir plus optimistes. Puis, le sport professionnel a repris dans des bulles. C’est là que je pense que les choses ont vraiment commencé à changer pour le sport.

Le CIO a appris des organisations sportives comme la NBA, la WNBA, la NWSL, la LNH et les championnats de soccer européens qui ont repris leurs activités avec succès. Elles avaient élaboré des mesures de lutte contre la COVID-19 pour pratiquement tous les scénarios possibles en fonction des besoins de voyage, de l’entrée dans le pays, de la distanciation physique, de l’EPI, du nettoyage, du dépistage et du suivi du virus, et des vaccins. Les équipes médicales du CIO ont étudié ces mesures de lutte et travaillent avec Tokyo 2020 pour mettre en œuvre plusieurs d’entre elles lors des Jeux. 

Le projet initial de mesures olympiques de lutte a récemment été publié dans les documents « Playbooks » de Tokyo 2020, qui devraient être mis à jour en avril. Elles s’alignent sur le modèle de bulle que notre équipe du département Sport et notre chef des services médicaux, le Dr Mike Wilkinson, ont conçu pour garder les athlètes d’Équipe Canada aussi en sécurité que possible pendant les Jeux.

Nous avons aussi pris la décision de réduire l’ensemble de nos opérations sur le terrain à Tokyo. Presque tout le personnel de notre équipe de mission considérablement réduite qui se rendra à Tokyo est dédié à la sécurité et à la performance des athlètes et se verra attribuer des bulles spécifiques afin de restreindre les mouvements. Malheureusement, cela signifie qu’il n’y aura pas de Maison olympique du Canada à Tokyo 2020. 

Plus sur Tokyo 2020

Il ne fait aucun doute que l’absence de spectateurs étrangers aux Jeux (tel qu’annoncé cette fin de semaine) se traduira par une expérience différente pour tout le monde à Tokyo, mais Équipe Canada appuie l’engagement du comité d’organisation de Tokyo 2020 de présenter les Jeux olympiques en toute sécurité. Nous savons que la famille, les amis et les partisans d’Équipe Canada, les personnes qui jouent un rôle si vital pour donner vie à l’esprit olympique pendant les Jeux olympiques, appuieront l’équipe de partout dans le monde.

En collaboration avec notre partenaire de diffusion à Radio-Canada / CBC et notre équipe numérique interne, nous ferons de notre mieux pour transmettre la magie et l’énergie des Jeux à nos partisans ici au Canada.

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À ce jour, le Canada a mérité 99 inscriptions aux épreuves de Tokyo 2020, ce qui représente 239 athlètes. Le COC et ses partenaires sportifs font tout pour aider le plus d’athlètes possible à se qualifier pour les Jeux. Vous avez probablement déjà vu deux annonces d’équipe la semaine dernière, notamment celles de la voile et de l’escalade sportive. Soyez à l’affût des prochaines annonces au cours des semaines et des mois à venir alors que nous vous présentons fièrement les athlètes qui porteront l’uniforme unifolié à Tokyo. 

Nous n’avons jamais rien vécu de tel auparavant. Je tire mon courage, ma détermination et ma confiance de notre chef de mission, Marnie McBean. Elle s’y connaît quand il est question de remporter l’or olympique et de vaincre l’adversité. En tant que leader d’Équipe Canada à Tokyo, Marnie a dit aux athlètes canadiens de se concentrer sur ce qu’ils peuvent contrôler et d’écrire leur propre histoire. Il n’y a pas de chemin direct vers les Jeux olympiques; les revers font partie du parcours. J’ai moi aussi décidé d’adopter la philosophie de Marnie.

Le pouvoir du sport

Donc, après tout ça, qu’est-ce qui a changé? Tout. Nos vies dans le sport et à la maison ont été bouleversées, mais notre connaissance du virus, notre compréhension de comment l’entraînement et la compétition peuvent avoir lieu de façon sécuritaire pour les athlètes et leurs communautés se trouvent dans un endroit complètement différent d’où ils se trouvaient il y a un an.

Je pense qu’une question tout aussi importante est qu’est-ce qui n’a pas changé? Le sport, par exemple, est toujours un formidable vecteur de bien, de diffusion des valeurs canadiennes, de création de liens, de célébration de l’humanité et de remise en question du statu quo.

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C’est pourquoi je pense que les Jeux olympiques de Tokyo 2020 de cet été seront plus importants que jamais. Ils offriront de la fierté, de la joie et une inspiration aux Canadiens dans une période où nous en avons le plus besoin. La résilience des athlètes jettera un peu de lumière sur notre capacité collective de surmonter les défis.

Ces Jeux seront une célébration mondiale, organisée de manière responsable, après plus d’un an de frontières fermées. Même sans les partisans, le tourisme ou la Maison olympique du Canada, Tokyo 2020 conservera l’essence des Jeux : le monde se rassemblera pour célébrer la paix et l’unité par le sport.

David Shoemaker est le chef de la direction et secrétaire général du Comité olympique canadien.

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