Quand on encourage les athlètes d’Équipe Canada, il peut être facile d’oublier qu’il y a toujours une équipe derrière l’équipe.

Ces membres de l’équipe souvent invisibles ont tous des spécialités qui couvrent une vaste gamme de domaines, des communications aux transports en passant par la science et la technologie du sport, la nutrition et la santé mentale, pour n’en nommer que quelques-unes.

Au cours d’une année aussi imprévisible que 2020, l’un des joueurs par excellence d’Équipe Canada a été le médecin en chef du Comité olympique canadien, le Dr Mike Wilkinson.

Connu simplement sous le nom de « Docteur Mike » par ceux qui travaillent avec lui, son travail est loin d’être simple.

Dans les derniers mois, avec la pandémie en cours, il a prêté son expertise à l’Organisation mondiale de la santé tout en partageant avec Équipe Canada les meilleures informations possibles sur la façon de s’entraîner et de se préparer en vue des Jeux olympiques dans les circonstances les plus inhabituelles.

En collaboration avec la Fondation olympique canadienne, Équipe Canada a discuté avec le Dr Mike de son parcours : de son enfance en Afrique du Sud et de sa carrière en médecine sportive à son rôle de directeur des services médicaux aux Jeux olympiques d’hiver de Vancouver 2010 et à ce que cela signifie d’être le médecin en chef d’Équipe Canada à l’approche des Jeux reportés de Tokyo 2020.

Q : Être médecin, c’est quelque chose que vous vouliez faire dès votre plus jeune âge?

Dr Mike : Non, en fait, ce n’était pas le cas. C’est drôle, à l’époque où je tentais de décider ce que j’allais faire de ma vie, ce qui est un voyage sans fin, je regardais pour travailler en comptabilité ou en médecine. Deux parcours de carrière très différents. J’ai fini par choisir la médecine. L’un de mes premiers domaines d’intérêt était de participer à la lutte contre les maladies infectieuses. Compte tenu de la situation dans laquelle nous nous trouvons actuellement, c’est très intéressant de voir comment les choses se passent.

Q : C’est un très long voyage de l’Afrique du Sud à Vancouver. Comment vous êtes-vous retrouvé au Canada?

Dr Mike : Je dirais que c’est arrivé grâce à un certain nombre de coïncidences et de moments fortuits. Ma famille était en Afrique du Sud et je n’avais jamais prévu de partir. Un meurtre très malheureux est survenu dans la famille et nous avons décidé de voyager et de faire une pause. Au fil de diverses circonstances, nous nous sommes retrouvés dans le nord de la Colombie-Britannique, au Canada, où ma femme et moi avons travaillé comme médecins de famille d’urgence avant de nous retrouver à Vancouver.

Tessa Virtue et Scott Moir saluent la foule après une performance à Vancouver 2010

Tessa Virtue et Scott Moir saluent la foule avant d’accepter leur médaille d’or en finale de la danse sur glace, à Vancouver 2010, le 22 février 2010. (Photo : Mike Ridewood/COC)

Q : Qu’avez-vous retenu de votre rôle de directeur des services médicaux à Vancouver 2010 et du virus H1N1 qui planait sur ces Jeux et comment appliquez-vous cela à l’environnement actuel?

Dr Mike : Cette situation nous a très bien préparés, non seulement parce que nous avons eu des contacts étroits avec la santé publique aux niveaux national et international, mais aussi en raison de la planification de la pandémie en vue des Jeux de 2010 et la planification de scénarios, qui, avec le recul, sont presque identiques à ce avec quoi nous travaillons actuellement. Nous devions envisager de planifier les Jeux avec ou sans vaccin, un peu comme aujourd’hui. Nous avons eu la chance que le vaccin soit disponible juste avant le relais de la flamme. Ce fut presque une répétition générale de ce que nous faisons actuellement.

Q : Pensez-vous que les Jeux de Tokyo 2020 auront lieu sans vaccin comme le comité d’organisation l’a dit jusqu’à présent et peuvent-ils avoir lieu sans vaccin en présence de spectateurs?

Dr Mike : Je pense que nous devons planifier ces Jeux sans vaccin. Les vaccins prennent généralement du temps à se développer, même avec des tests et des essais accélérés comme c’est le cas actuellement. Je pense que nous pouvons le faire en toute sécurité sans vaccin, mais je pense qu’il faudra apporter des modifications importantes à la façon dont les Jeux sont organisés et à la façon dont nous, en tant que personnel de soutien, l’équipe des services de santé, les athlètes et les entraîneurs, sommes gérés. Mon rôle est essentiellement de m’assurer que nous pouvons participer aux Jeux et nous entraîner en vue des Jeux et que les athlètes puissent le faire en toute sécurité. En fin de compte, ma responsabilité est la santé et la sécurité des athlètes et de leurs entraîneurs et de travailler directement avec les athlètes pour m’assurer que nous travaillons tous ensemble.

Des fans dans les estrades lèvent des drapeaux du Canada

(AP Photo/Natacha Pisarenko)

Q : La psychologie sportive est un élément important du parcours de tout athlète. Quel rôle cette spécialité joue-t-elle pour contrer les effets négatifs de la pandémie?

Dr Mike : La psychologie sportive est extrêmement importante. Je citerai Marnie McBean, chef de mission pour Tokyo 2020, à ce sujet. Les athlètes ont planifié toute leur vie, à la seconde près, en vue des Jeux olympiques. Ils font face à un changement soudain de direction, à l’incertitude, il y a tous ces facteurs inconnus, le stress et l’anxiété. Nous sommes maintenant dans cette situation où les athlètes devront s’entraîner pendant une année supplémentaire pour arriver à ce départ. Ce n’est pas une mince tâche d’investir dans cette année supplémentaire et les athlètes sont tous à différentes étapes de leur carrière, de leurs premiers Jeux à la perspective de la retraite. Faire face à cette situation vous apprend assurément à développer de nombreuses compétences, mais cela nécessite aussi un soutien incroyable sur le plan mental et au niveau de la performance pour surmonter cela.

Q : En quoi le sport vous a-t-il attiré vers cette spécialité de la médecine?

Dr Mike : Ce fut une route sinueuse. Le premier événement sportif pour lequel j’ai été bénévole à titre de médecin a été un marathon en Afrique du Sud, au cours duquel j’ai aidé un de mes collègues. Les sports m’ont toujours intéressé et quand je suis arrivé à Vancouver, j’ai cherché à m’impliquer auprès des sports que je connaissais le mieux, à savoir le rugby et l’aviron. Je suis impliqué depuis! Le sport est incroyable. C’est un phénomène qui a le pouvoir incroyable d’inspirer et de rassembler les gens, qui fait ressortir le meilleur et parfois le pire des gens. La puissance du sport peut être une lueur d’espoir pendant cette pandémie et si nous pouvons nous rendre à Tokyo à l’été 2021, cela offrira au monde entier une période de plaisir au cours de laquelle nous pourrons célébrer à nouveau.

En raison du report de Tokyo 2020, un financement accru est nécessaire pour permettre aux athlètes de continuer leur entraînement pendant une année supplémentaire. Des Canadiens comme vous peuvent jouer un rôle dans la réalisation de leurs objectifs en faisant un don à la Fondation olympique canadienne ici.

Si vous souhaitez en savoir plus sur le Dr Mike et sur la façon dont il aide les athlètes d’Équipe Canada à rester en sécurité et en santé, vous pouvez regarder l’entrevue complète ici (en anglais seulement).