La skieuse de demi-lune Cassie Sharpe est prête pour un parcours mouvementé en route vers Milano cortina 2026
La skieuse de demi-lune d’Équipe Canada Cassie Sharpe ne savait pas à quoi s’attendre en retournant à la compétition après être devenue mère. Elle avait même envisagé la possibilité de prendre sa retraite lorsqu’elle a appris qu’elle était enceinte.
Cependant, la double médaillée olympique (or à PyeongChang 2018 et argent à Beijing 2022) ne se sentait pas tout à fait prête à arrêter le ski de demi-lune.
Au cours de la saison 2024-2025, avec l’aide de son équipe de soutien, Sharpe a pu montrer à sa fille Louella de quoi sa mère était capable sur des skis. Cela s’est traduit par de beaux résultats : un podium en Coupe du monde à Copper Mountain, une médaille d’or aux X Games à Aspen (la première mère à en remporter une !) et une médaille de bronze aux Championnats du monde FIS.
Olympique.ca s’est entretenu avec Sharpe pour revenir sur sa dernière saison, comment le ski demi-lune s’est développé dans la dernière décennie et quelques changements surprenants à sa routine de compétition depuis qu’elle est devenue mère.
Tu as remporté le bronze aux Championnats du monde 2025 — qu’est-ce que ce résultat a représenté pour toi lors de ta saison de retour ?
C’était difficile de revenir en ne sachant pas où je me situerais après avoir été absente pendant deux ans. J’ai eu quelques résultats difficiles au milieu de la saison, mais aussi de bons résultats. C’était vraiment un mélange.
J’essayais un nouveau trick aux Championnats du monde. Ça ne s’est pas très bien passé lors de ma première manche, alors j’ai changé de stratégie pour la deuxième et je me suis dit : « Je ne sais pas trop comment ça va se passer, mais allons-y ! » Et ça m’a quand même permis de monter sur le podium. Ensuite, je suis passée de la médaille d’argent à la médaille de bronze, mais j’étais quand même super contente.
C’était vraiment une super manière de terminer l’année après une saison avec des hauts et des bas. C’était un peu : « OK, ça va, tout va bien. On va arranger quelques petites choses et être prête pour la grosse année qui arrive. »
À quel point as‑tu vu le ski halfpipe, surtout du côté féminin, progresser depuis ses débuts olympiques en 2014 ?
J’ai regardé les Jeux de Sotchi en 2014 et, pour être honnête, c’était compliqué pour elles. Il pleuvait, c’était lent, c’était de nuit… vraiment des conditions difficiles pour compétitionner. Cependant, même depuis cette époque, les filles vont beaucoup plus haut. Elles réussissent toutes leurs tricks, ce qui n’était pas forcément le cas à l’époque.
Maintenant, tout le monde fait des tricks impressionnants, les huit meilleures filles sont quasiment interchangeables n’importe quel jour. Tout dépend de qui va le plus haut, qui attrape le mieux ses tricks. C’est vraiment génial de voir qu’il y a autant de talent dans ce sport et qu’il évolue aussi vite.
Qu’est-ce qui te passe par la tête juste avant les compétitions?
Avant d’avoir Lou, j’étais nerveuse. Mais après Lou, je ne sais pas si quelque chose, genre hormonal, a changé dans mon corps, mais je deviens super nerveuse ! Je n’arrive pas à réfléchir, je n’arrive pas à manger, j’ai vomi quelques fois en haut du pipe. C’est terrible. C’est vraiment bizarre. Et je ne sais pas pourquoi, parce que j’ai toujours les mêmes équipes, on travaille toujours sur les mêmes choses. C’est un peu fou.
Juste avant une compétition, je mets ma musique et je rentre dans mon flow, où je n’entends plus personne, je ne vois plus rien, et j’essaie juste de rester concentrée sur… rien, jusqu’à être dans le start gate. Et là, je me concentre complètement sur ma descente.
Pour les fans d’Équipe Canada qui ne connaissent pas trop le ski demi-lune, comment fonctionne le système de notation ? Sur quoi les juges se basent-ils ?
En ski demi-lune, il y a une répartition par catégories puis un système de score global (chaque descente est notée sur 100). Les juges regardent l’amplitude, le degré de difficulté, la variété des tricks et, enfin, l’impression générale de la descente.
Vous verrez beaucoup de skieurs passer à l’envers dans le pipe, ce qui ajoute un degré de difficulté supplémentaire. Plus le spin est gros, plus c’est difficile. Donc quand quelqu’un fait des flips et des rotations, c’est plus compliqué que de tourner en position droite.
Chaque descente est complètement différente parce que chaque skieur choisit des tricks différents et pense à comment ça va être noté.
Comment décrirais-tu ton style de ski ?
J’aime vraiment les flips. J’aime être à l’envers, donc je ne fais pas beaucoup de ma descente debout. Mon trick signature, ce sont mon enchaînement double de cork nines. Je pense que je tends à privilégier mes cork nines plus que tout le reste.



