Bien que célébré depuis 1976, ce n’est qu’en décembre 1995 que la Chambre des communes a officiellement reconnu le mois de février comme le Mois de l’histoire des Noirs au Canada.

Olympique.ca célèbre les Canadiens noirs qui ont tant contribué à notre succès sportif sur la scène olympique et bien au-delà du sport, inspirant les générations qui les succèdent à continuer de faire tomber les barrières.

Army Howard

Le roi du Monténégro remet à Army Howard sa médaille de bronze du 100 m aux Jeux interalliés au Stade Pershing de Paris en juillet 1919. (Photo: Librairie des Archives nationale.)

C’est à Stockholm en 1912 que John « Army » Howard est devenu le premier olympien noir d’Équipe Canada. Mais c’était une période difficile pour lui, comme vous pouvez l’imaginer, faisant notamment l’objet d’une couverture raciste dans les journaux quotidiens. Il lui était interdit de rester dans le même hôtel que ses coéquipiers blancs et il a dû endurer un voyage assez pénible sur le bateau qui lui faisait traverser l’Atlantique en direction des Jeux.

Howard était l’un des tops sprinteurs au monde, ayant même battu les Américains qui allaient devenir les médaillés olympiques aux 100 m et 200 m à Stockholm. Le Canadien a malheureusement souffert d’une maladie de l’estomac à ces Jeux et n’a pu se qualifier pour la finale de ses épreuves.

Le roi du Monténégro Army Howard participe à la 4e manche du 100 m aux Jeux interalliés au Stade Pershing de Paris en juillet 1919. (Photo: Librairie des Archives nationale.)

Membre du Corps expéditionnaire canadien durant la Première Guerre mondiale, Howard a remporté le bronze au 100 m aux Jeux interalliés de 1919. Même après sa retraite de la compétition, son impact sur le sport canadien a perduré à travers deux de ses petits-enfants devenus olympiens eux-mêmes.

Phil Edwards

Phil Edwards (au centre) participe au 800 mètres masculin lors des Jeux olympiques d’Amsterdam 1928. (Photo: l’Encyclopédie canadienne)

Né en Guyane, le coureur de demi-fond Phil Edwards a reçu le surnom d’Homme de bronze. Il était unique parmi les athlètes d’athlétisme, remportant cinq médailles de bronze olympiques, mais aucune des autres couleurs. Ces cinq médailles constituaient un record olympique canadien qui ne serait égalé qu’en 2002.

La première médaille olympique d’Edwards est survenue à Amsterdam 1928 avec l’équipe du relais 4×400 m. À Los Angeles, en 1932, il a réalisé sa plus grande performance olympique : des podiums en individuel au 800 m et au 1500 m, ainsi qu’une médaille de bronze au relais 4×400 m. Edwards a couronné sa carrière olympique avec une autre médaille de bronze au 800 m à Berlin 1936.

Phil Edwards (deuxième à partir de la gauche) du Canada participe à une épreuve d’athlétisme aux Jeux olympiques de Los Angeles de 1932 (Photo: l’Encyclopédie canadienne)

Parmi ses autres réalisations historiques, il est devenu le premier homme noir à remporter une médaille aux Jeux de l’Empire britannique (maintenant les Jeux du Commonwealth) en 1934 et à remporter le premier trophée Lou Marsh remis à l’athlète de l’année du Canada en 1936.

Juste avant sa dernière apparition olympique, Edwards est devenu la première personne de descendance africaine à obtenir son diplôme de la faculté de médecine de McGill. Il a ensuite mené une brillante carrière en tant que consultant auprès du gouvernement canadien sur les maladies tropicales et thoraciques.

Ray Lewis

Ray Lewis était l’un des coéquipiers d’Edwards dans leur performance en bronze au relais 4×400 m à Los Angeles 1932. De Hamilton, en Ontario, le petit-fils d’anciens esclaves évadés a été le premier athlète noir né au pays à remporter une médaille olympique.

Écarté de l’équipe olympique canadienne de 1928, Lewis a poursuivi son entraînement tout en travaillant comme porteur ferroviaire pour le Canadien Pacifique. Il a renoncé à un mois de salaire afin de participer aux essais olympiques canadiens de 1932 où il a obtenu son billet pour Los Angeles.

Bien qu’il ait reçu peu d’éloges immédiats après son succès olympique, il a été nommé à l’Ordre du Canada en 2001 et après sa mort en 2003, une école primaire de Hamilton a été nommée en son honneur.

Barbara Howard

La sprinter de Vancouver Barbara Howard (#22) avec ses coéquipières de l’équipe des épreuves de relais aux Jeux de l’Empire britannique de 1938 à Sydney, en Australie. (Photo gracieuseté du Temple de la renommée des sports de la Colombie-Britannique.)

Barbara Howard n’avait que 17 ans lorsqu’elle s’est qualifiée pour les Jeux de l’Empire britannique de 1938 après avoir parcouru 100 verges en 11,2 secondes, un dixième de seconde de mieux que le record des Jeux de l’Empire britannique. Considérée comme la première femme afro-canadienne à participer à des compétitions sportives internationales, elle est revenue de Sydney, en Australie, avec deux médailles aux épreuves du relais.

Mais Howard n’a jamais eu la chance de démontrer ses capacités de sprinteuse aux Jeux olympiques en raison de la Seconde Guerre mondiale. Elle a ensuite obtenu son diplôme de l’Université de la Colombie-Britannique et est devenue enseignante, marquant l’histoire en devenant la première employée provenant des minorités visibles de la commission scolaire de Vancouver. Ses réalisations sportives ont été reconnues ces dernières années alors qu’elle a été intronisée au Temple de la renommée des sports de la Colombie-Britannique en 2012 et au Panthéon des sports canadiens en 2015.

Harry Jerome

Harry Jerome (#56) participe à une épreuve d’athlétisme aux Jeux olympiques de Tokyo 1964. (Photo CP / COC)

Harry Jerome et sa sœur cadette, Valerie, ont marché dans les traces de leur grand-père olympien, Army Howard, quand ils ont participé aux Jeux de Rome 1960. Harry était le plus rapide de la famille, établissant le record du monde au 100 m en juillet 1960. Après qu’une blessure ait fait ombre à ses débuts olympiques, Jerome a remporté le bronze au 100 m quatre ans plus tard à Tokyo 1964, où il s’est aussi classé quatrième au 200 m.

Bill Crothers et Harry Jerome avec leurs médailles d'argent et de bronze remportée aux Jeux de Tokyo, en 1964. (CP Photo/COC)

Bill Crothers et Harry Jerome avec leurs médailles d’argent et de bronze remportée aux Jeux de Tokyo, en 1964. (CP Photo/COC)

Après avoir pris sa retraite à la suite des Jeux olympiques de 1968, Harry Jerome a été invité par le Premier ministre Pierre Trudeau à participer à la création du nouveau ministère des Sports du Canada. Il a également utilisé son profil racial pour faire la lumière sur de nombreux défis socioéconomiques auxquels sont confrontés les Canadiens de race noire, et pour créer des opportunités en dehors du monde sportif.

Un cycliste et un joggeur parcourent la digue du parc Stanley à Vancouver, devant la statue de Harry Jerome, le mardi 12 décembre 2000, avec en arrière-plan le toit de la Place du Canada. (CP PHOTO/Chuck Stoody)

Jerome, âgé de 42 ans à peine, a succombé à un anévrisme cérébral et est décédé en 1982. Deux ans plus tard, une compétition internationale annuelle d’athlétisme à Vancouver était renommée en son honneur. En 1988, une statue a été érigée à Stanley Park. Il a été intronisé à l’Allée des célébrités canadiennes en 2001.

Charmaine Crooks

Rosey Edeh, remet le témoin à Charmaine Crooks lors de la finale du relais 4×400 Barcelone 1992. (CP PHOTO/stf-Hans Deryk)

Charmaine Crooks, cinq fois olympienne, a eu un impact sur le sport canadien comme peu d’autres l’ont fait. À Los Angeles en 1984, elle était membre de l’équipe de relais 4×400 m qui a remporté la médaille d’argent. À Atlanta en 1996, elle a eu l’honneur d’être le porte-drapeau d’Équipe Canada à la cérémonie d’ouverture. Entre ses exploits olympiques, Crooks a aussi remporté plusieurs médailles aux Jeux panaméricains et du Commonwealth.

Charmaine Crooks porte le drapeau de la délégation canadienne lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques d’Atlanta 1996. (PC Photo/AOC)

Élue par ses pairs à la commission des athlètes du CIO en 1996, Crooks a été membre à part entière du CIO de 2000 à 2004 et membre fondatrice du comité d’éthique du CIO. Son engagement en faveur du franc-jeu l’a menée vers une place au sein du premier conseil d’administration de l’Agence mondiale antidopage. Elle a également siégé au conseil exécutif de Right To Play International et, en 2006, a reçu le prix Femme et Sport du CIO.

Jarome Iginla

L’ailier droit des Flames de Calgary, Jarome Iginla, pose avec les trophées Maurice Richard et Art Ross lors de la remise des trophées de la LNH à Toronto le jeudi 20 juin 2002. (Photo: Frank Gunn)

Salt Lake City en 2002 a été le théâtre de plusieurs victoires historiques. À peine cinq jours après que la bobeuse américaine Vonetta Flowers soit devenue la première athlète noire à remporter une médaille d’or aux Jeux olympiques d’hiver, le hockeyeur Jarome Iginla est devenu le premier homme noir à réussir l’exploit.

Jerome Iginla d’Équipe Canada devant le but américain lors du match pour la médaille d’or aux Jeux olympiques d’hiver de 2010 à Vancouver, en 2010 (Photo: HO-COC-Dave Sandford)

Iginla a inscrit deux buts lors de la victoire 5-2 d’Équipe Canada sur les États-Unis, ce qui a permis au Canada de remporter sa première médaille d’or olympique au hockey masculin en 50 ans.

Phylicia George

Après s’être qualifiée pour les finales du 100 m haies à Londres en 2012 et à Rio 2016, Phylicia George a marqué l’histoire à PyeongChang 2018. Quelques mois à peine après avoir poussé pour la première fois un bob, George est devenue la première femme afro-canadienne à avoir participé aux Jeux olympiques d’été et d’hiver. Mais George n’a pas seulement pris part à la compétition en Corée. Elle a remporté une médaille de bronze avec la pilote Kaillie Humphries.