Le 150e anniversaire du Canada approche à grands pas, et pour l’occasion, Olympique.ca poursuit son portrait des moments importants de l’histoire sportive du pays.

Cette semaine, on se penche sur les années 40. Vous pouvez consulter les grands moments des décennies précédentes ici.

La première moitié de la décennie a été marquée par la Deuxième Guerre mondiale, qui a été fatale pour plusieurs olympiens canadiens. Mais au lendemain de la guerre, les différentes nations se sont rassemblées pour célébrer le sport et rebâtir le mouvement olympique.

1939-1945 – Les Olympiens canadiens à la Deuxième Guerre mondiale

Le vétéran de la Deuxième Guerre mondiale et du débarquement de Normandie Roy Shaw, de Barrie, Ontario, salut ses camarades décédés au cimetière militaire canadien de Bény-sur-Mer, à cinq kilomètres de Juno Beach, à Reviers en France le 6 juin 2003. (La Presse Canadienne/Tom Hanson)

Le vétéran de la Deuxième Guerre mondiale et du débarquement de Normandie Roy Shaw, de Barrie, Ontario, salut ses camarades décédés au cimetière militaire canadien de Bény-sur-Mer, à cinq kilomètres de Juno Beach, à Reviers en France le 6 juin 2003. (La Presse canadienne/Tom Hanson)

La Deuxième Guerre mondiale a mené à l’annulation des Jeux d’été et d’hiver de 1940 et 1944. Au lieu de combattre sur la surface de jeu, plusieurs Olympiens canadiens se sont engagés dans l’armée et ont fait l’ultime sacrifice au nom de leur pays.

L’escrimeur Don Collinge était le champion canadien au fleuret et au sabre en 1936, ce qui lui a valu une place aux Jeux olympiques de la même année à Berlin. Il a continué la compétition jusqu’à l’implication du Canada à la guerre et s’est engagé activement dans l’Aviation royale canadienne. Il obtient le rang de lieutenant d’aviation et agit en tant que navigateur au petit matin le 7 juillet 1944 lorsqu’il est tué dans un accident d’avion.

Le rameur Frank Courtney a peut-être pris part au quatre sans barreur à Los Angeles en 1932, mais il était aussi capitaine du régiment des Princess Louise Fusiliers dans la milice active non permanente. Au déclenchement de la guerre, il est transféré au régiment West Nova Scotia, où il sera promu au rang de commandant et envoyé outremer. Il reçoit des éloges pour sa bravoure, mais meurt en action en France au mois d’août 1944.

Harvey Lacelle était un boxeur poids coq aux Jeux de Berlin en 1936. À peine six ans plus tard, il est tué dans des bombardements au-dessus de cette même ville.

Jack Murdoch remporta une médaille de bronze en tant que membre des huit aux régates d’aviron d’Amsterdam 1928. Il aurait été tué en action en octobre 1944 aux Pays-Bas.

Le coureur de demi-fond Hugh Thompson a participé aux Jeux de Berlin en 1936 à l’épreuve du 1500 m. Freiné par une fracture à la jambe, il ne peut prendre part aux Jeux de l’Empire britannique en 1938. Lorsque la guerre est déclarée, il voyage en Angleterre pour rejoindre l’Aviation royale. Il meurt à 28 ans lors d’un écrasement d’avion en 1942.

1948 – Les Flyers de l’ARC remportent la médaille d’or en hockey masculin

L'équipe canadienne de hockey sur glace des Jeux d'hiver de St Moritz en 1948 , représentée par les Flyers de l'ARC, est en chemin vers la médaille d'or.  (CP Photo/COC)

L’équipe canadienne de hockey sur glace des Jeux d’hiver de St-Moritz en 1948 , représentée par les Flyers de l’ARC, est en chemin vers la médaille d’or.  (CP Photo/COC)

À la suite d’une pause de 12 ans, les Jeux olympiques reviennent en 1948 pour les Jeux d’hiver de St-Moritz. Dignement représentant le Canada étaient les Flyers de l’ARC, une équipe de membres actifs et retraités de l’Aviation royale canadienne. Ils remportent sept de leurs huit matchs en plus d’une nulle contre la Tchécoslovaquie, marquant 69 buts au passage contre seulement cinq buts encaissés. Le différentiel de buts est ce qui leur a donné la médaille d’or. Plus de 50 ans plus tard, les Flyers de l’ARC sont reconnus comme les meilleurs athlètes militaires canadiens du 20e siècle.

1948 – Première médaille d’or canadienne olympique en patinage artistique

Barbara Ann Scott participe aux Jeux d'hiver de St Moritz en 1948. (CP Photo)

Barbara Ann Scott participe aux Jeux d’hiver de St-Moritz en 1948. (CP Photo)

À seulement 19 ans, Barbara Ann Scott devient le coup de cœur des Canadiens en récoltant la médaille d’or à St-Moritz en 1948. Elle était reconnue internationalement depuis l’année précédente, lorsqu’elle remporte les championnats nord-américains, européens et mondiaux. Célébrée à Ottawa, elle se fait offrir une décapotable jaune avec la plaque 47 U 1. Pour éviter de perdre son statut d’amateur et garder son admissibilité olympique, elle retourne toutefois la voiture.

Lors de l’épreuve olympique, elle détient une bonne avance à la suite des patrons de danse imposés et prend une approche stratégique pour le programme libre. Alors que d’autres patineuses tombent sur la glace abimée par le tournoi de hockey masculin, Scott choisit d’altérer son programme pour placer ses sauts sur des zones moins endommagées. Cette stratégie lui permet de défendre son titre de championne et lui amène l’or olympique. Elle reçoit une autre voiture, cette fois-ci plaquée 48 U 1, qu’elle accepte, car elle devient professionnelle.

Le premier ministre de l’époque, Mackenzie King, lui envoie un télégramme soulignant qu’elle a fourni aux Canadiens le « courage pour passer à travers la noirceur de l’après-guerre. » Le triomphe de Scott reste encore aujourd’hui l’unique médaille d’or canadienne des épreuves de patinage individuel.

1948 – Innovation en patinage artistique en couple

Suzanne Morrow et Wallace Diestelmeyer enlèvent la médaille de bronze à St-Moritz, une première médaille pour le Canada en patinage artistique en couple. Mais ils sont également reconnus pour avoir apporté un nouvel élément sur la glace : la spirale de la mort à une main.

La manœuvre, qui consiste à ce que l’homme pivote avec la pointe de la lame sur la glace pendant que sa partenaire l’encercle, le corps parallèle à la glace, avait été utilisée auparavant à deux mains, ce qui empêchait la femme d’être le plus bas possible.

Morrow et Diestelmeyer  ont modifié la manœuvre, ainsi que le visage du patinage artistique à jamais. Ils obtiendront également la médaille de bronze aux Championnats du monde en 1948.

1948 – Le Canada s’implique dans les Jeux de l’austérité

Lorsque Londres s’acquitta de la tâche d’accueillir les premiers Jeux d’été après la Deuxième Guerre mondiale, la ville était encore au stade de reconstruction. Le rationnement d’après-guerre et le financement limité menèrent les Jeux de Londres à être surnommé les Jeux de l’austérité. Les athlètes étaient hébergés dans des camps d’armées et des salles de classe et Londres demandait une aide internationale. Pour compenser le fardeau financier du pays hôte suivant les lourdes dépenses de la guerre, les pays ont donné un peu de tout, de l’aide alimentaire jusqu’à des matériaux de construction. Inclus dans cette aide étaient deux sapins de Douglass offert par le Canada, qui devinrent les fondations du tremplin de plongeon.

1948 – Un début olympique qui en valait l’attente

À l’image de plusieurs athlètes, le pagayeur Douglas Bennett planifiait son entrée olympique pour 1940, à 22 ans. À la place, il doit attendre huit ans. Sa patience aura toutefois porté fruit, lui qui a emporté la médaille d’argent au C-1 1000m à Londres en 1948. Il n’est pas l’unique pagayeur canadien médaillé de ces Jeux, alors que Norman Lane a remporté la médaille de bronze à l’éreintant C-1 10 000 m.