Que fait-on lorsque notre principal rival dans une course est aussi notre compatriote et partenaire d’entraînement?

Charle Cournoyer suivi de Samuel Girard lors de la finale du 1000 m à la Coupe du monde de Calgary, le 6 novembre 2016. ( Photo: THE CANADIAN PRESS/Jeff McIntosh)

Charle Cournoyer suivi de Samuel Girard lors de la finale du 1000 m à la Coupe du monde de Calgary, le 6 novembre 2016. ( Photo: THE CANADIAN PRESS/Jeff McIntosh)

Charle Cournoyer et Samuel Girard se sont retrouvés dans cette situation lors de la finale du 1000 m le week-end dernier à la première étape de la Coupe du monde à Calgary. Charle a décroché l’or et Samuel, l’argent, 45 millièmes de seconde plus tard.

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Les deux s’entendent pour dire qu’ils ne coursent pas en équipe. Après tout, le courte piste reste un sport individuel, sauf aux relais. Charle Cournoyer a néanmoins pris la peine de préciser qu’ils ne mettraient pas l’autre dans le trouble. « Quand j’effectue un dépassement sur les autres patineurs, je me colle à eux pour les obliger à arrêter de patiner pour me laisser passer. Je ne fais pas ça avec Samuel. Je m’assure de toujours faire des dépassements nets et sans accrocs », a poursuivi le médaillé de bronze de Sotchi 2014. Il faut rappeler que les contacts lors des dépassements en courte piste sont interdits sous peine de disqualification.

Charle Cournoyer et Samuel Girard reçoivent leurs médailles d'or et d'argent à la Coupe du monde de Calgary, le 6 novembre 2016. (Photo: THE CANADIAN PRESS/Jeff McIntosh)

Charle Cournoyer et Samuel Girard reçoivent leurs médailles d’or et d’argent à la Coupe du monde de Calgary, le 6 novembre 2016. (Photo: THE CANADIAN PRESS/Jeff McIntosh)

Alors qu’ils se sont échangé la première place tout au long de la course, Charle a finalement dépassé Samuel avec trois tours à faire pour remporter les honneurs. « Avec deux ou trois tours à faire, je me suis dit que si je pouvais faire le dépassement que j’allais le faire, a expliqué l’athlète de 25 ans. En même temps, si j’avais jugé le dépassement trop risqué, je ne l’aurais pas fait et me serais rangé derrière Samuel pour bloquer les autres patineurs. »

Charle Cournoyer suivi de Samuel Girard lors de la finale du 1000 m à la Coupe du monde de Calgary, le 6 novembre 2016. ( Photo: THE CANADIAN PRESS/Jeff McIntosh)

Charle Cournoyer suivi de Samuel Girard lors de la finale du 1000 m à la Coupe du monde de Calgary, le 6 novembre 2016. ( Photo: THE CANADIAN PRESS/Jeff McIntosh)

« Quand on se retrouve dans les deux positions de tête, on essaie de faire une rotation sans accroc, c’est un travail donnant-donnant », a acquiescé Girard.

Et est-ce que le principal intéressé était contrarié? Pas le moins du monde. « Je ne suis pas fâché que Charle m’ait dépassé. Au final on veut gagner une médaille pour le Canada et on fera tout ce qui est en notre pouvoir pour y arriver, même si cela signifie pour moi d’être rétrogradé en deuxième place », a expliqué celui qu’on surnomme l’héritier d’Hamelin.

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Même son de cloche pour son ami et voisin sur le podium. « Je passe plus de vingt heures par semaine avec Samuel, c’est mon partenaire d’entraînement. Deux médailles pour le Canada c’est extraordinaire! En montant sur le podium, on prouve a tout le monde qu’on a eu une excellente saison d’entraînement cet été et que nos efforts portent leurs fruits. »

La rivalité des deux amis reprendra de plus belle le week-end prochain alors que le circuit de la Coupe du monde s’arrêtera à Salt Lake City.

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