Entraînement intense, travail d’équipe, compétitions contre les meilleurs du monde dans un sport vieux de plusieurs siècles et possibilités de monter sur le podium olympique d’ici à huit ans.

Voilà comment Rowing Canada Aviron, l’organisme national de gouvernance de l’aviron, présente son programme national de recherche de talent. Il insiste aussi pour dire qu’aucune expérience en sport aquatique n’est nécessaire.

Pour ce faire, Rowing Canada Aviron a mis en place le programme Ramer vers le podium. Ce programme de dépistage d’espoirs canadiens et olympiques vise à élargir son groupe d’athlètes pour avoir tout un « bassin » d’athlètes, comme l’a dit Barney Williams, médaillé d’argent olympique au quatre en pointe sans barreur à Athènes 2004 et entraîneur du programme.

Barney Williams (à gauche), Jake Wetzel, Thomas Herschmiller et Cameron Baerg reçoivent leur médaille d’argent lors de la cérémonie de médailles à Athènes 2004

« Notre défi était le suivant : nous pouvions investir dans le système existant, promouvoir l’initiation et recruter plus de rameurs », a expliqué Barney sur olympique.ca, lors d’un entraînement à Burnaby, en Colombie-Britannique.

« Au lieu de cela, nous avons choisi de travailler différemment et de mettre les ressources à la disposition des athlètes identifiés. »

Ces athlètes peuvent provenir de n’importe quel milieu. Tout ce qui importe, c’est qu’ils répondent aux critères de la première étape – chemin pour les espoirs – et aient « la tête de l’emploi », comme l’a souligné Chuck McDiarmid, coordonnateur du programme de développement, en poste à Barnaby.

Ancien hockeyeur, Pascal Lussier s’est joint au programme Ramer vers le podium comme athlète du Québec et a commencé à ramer en 2012. En 2014, Pascal a remporté sa première médaille à l’international. Il a représenté le Canada pour la première fois aux Championnats du monde d’aviron en 2014. (Photo : Rowing Canada Aviron)

« Nous avons recruté d’anciens athlètes de ski de fond, de basketball, de patinage de vitesse et de hockey et plusieurs triathloniens. En gros, tout athlète provenant d’un sport qui requiert de nombreuses heures d’entraînement constitue une bonne combinaison avec l’aviron », a expliqué Chuck, qui recueille de précieuses informations de la base de données.

Les athlètes de tout sport sont les bienvenus. L’un des attributs physiques qui ressortent le plus en aviron est la taille. Les rameurs sont grands. Toutefois, la taille n’est pas le seul attribut garant du succès, et Barney accorde une importance aussi grande, sinon plus, à l’éthique de travail.

« Ce qui est super de l’aviron, c’est qu’un athlète qui travaille fort passera toujours devant un athlète talentueux tant et aussi longtemps que l’athlète talentueux ne redoublera pas d’effort, a dit Barney. Nous ne sommes pas en train de dire que l’aviron s’adresse seulement aux grandes personnes de talent. Mais pour que nous puissions rivaliser au niveau international, nous devons travailler fort, être très grands et avoir beaucoup de talent ».

Ancienne volleyeuse, Kristin Bauder (à gauche) a été identifiée comme athlète de la C.-B. Elle a commencé à ramer en 2011, puis en 2014, elle a représenté le Canada aux Championnats du monde d’aviron. (Photo : Katie Steenman Images/Rowing Canada Aviron)

Bien que la taille puisse être un obstacle pour certains des meilleurs athlètes, il y a de nombreuses exceptions à cette règle dans tous les sports, y compris en aviron. Les tests initiaux de force et d’endurance détermineront si un athlète est admissible à s’entraîner au sein du programme de développement. Toute personne réellement intéressée à se lancer en aviron avant le Championnat du monde et les Jeux olympiques peut organiser un test. Être relativement jeune est un autre atout.

« En ce moment, nous cherchons des athlètes féminines et des athlètes masculins âgés de 16 et 18 ans, qui proviennent de divers milieux sportifs et qui souhaitent essayer un autre sport. Nous cherchons des individus qui démontrent une capacité à s’engager et à se dépasser à fond. Nous leur fournissons un programme qui les propulsera rapidement dans le monde de l’aviron. »

Ancien athlète de volleyball, d’athlétisme et de soccer, Tim Schrijver a commencé à ramer en 2010, en Ontario. En 2014, il a remporté l’épreuve de quatre de pointe hommes aux Championnats du monde des moins de 23 ans. Il est aussi champion canadien en titre au deux de pointe. (Photo : Katie Steenman Images, courtoisie de Rowing Canada Aviron)

En ce qui concerne l’idée qu’un athlète aura besoin de huit ans pour monter sur le podium olympique, cette affirmation vient ni plus ni moins d’un olympien décoré.

« L’aviron est présenté aux Jeux olympiques depuis leurs débuts. Des données s’échelonnant sur plus de cent ans ont été recueillies, et les athlètes sont suivis dès leur premier coup de pagaie jusqu’à leur ascension sur le podium olympique. Ces données ne sortent pas n’importe où », a assuré Barney.

Chuck McDiarmid sur l’eau à Burnaby. (Photo : Rowing Canada Aviron)

« Nous sommes pas mal certains qu’il faudra huit ans pour qu’un athlète monte sur le podium. Je dirais qu’il faudra d’un à deux ans pour un athlète pour se classer parmi les meilleurs au Canada et de trois à cinq ans pour rivaliser au niveau international. »

Les jeunes athlètes d’élite qui n’ont jamais pensé faire de l’aviron, mais qui ont toujours rêvé de voir l’ascension de la feuille d’érable à une cérémonie de remise de médailles des Jeux olympiques, peuvent maintenant réaliser leur objectif en empruntant un autre chemin, celui du programme Ramer vers le podium.

Les athlètes intéressés peuvent cliquer ici pour envoyer un courriel à Chuck McDiarmid