Tjerk Bartlema/COC
Tjerk Bartlema/COC

Une équipe de vitesse unie vers Milano Cortina 2026

L’équipe canadienne de patinage de vitesse longue piste se présente aux Jeux olympiques d’hiver de Milano Cortina 2026 avec un noyau solide et soudé.

Au cœur de ce groupe, on retrouve le vétéran Laurent Dubreuil, entouré d’une nouvelle génération talentueuse composée de Béatrice Lamarche, Rose Laliberté-Roy et Cédrick Brunet.

À 33 ans, Dubreuil entame ses troisièmes Jeux avec une approche bien différente de celle de ses débuts. Présent sur le circuit de la Coupe du monde ISU depuis 2014, le sprinteur joue désormais un rôle de mentor auprès de ses jeunes coéquipiers.

« Au final, le patinage de vitesse est un sport individuel, explique-t-il. Pour Béatrice, Cédrick et Rose, avec qui je m’entraîne au quotidien, leurs succès reviennent à eux entièrement, je ne prends aucun crédit pour ça. »

Laurent Dubreuil lève les bras dans les airs sur la patinoire.
Laurent Dubreuil célèbre sa médaille d’argent au 1000 m masculin aux Jeux olympiques d’hiver de Beijing 2022, le vendredi 18 février 2022. Photo by Mark Blinch/COC

Son objectif est clair : partager son expérience pour aider les jeunes à éviter les erreurs qu’il a commises.

« Je veux les aider à ne pas commettre les mêmes erreurs que j’ai faites, les aider à être meilleurs que moi », raconte le médaillé d’argent à Beijing 2022.

L’histoire entre Dubreuil et Laliberté-Roy a quelque chose de spécial. Avant de devenir coéquipiers, Dubreuil a été l’entraîneur de la jeune patineuse alors qu’elle n’avait que six ans.

« Je me souviens d’avoir entraîné Rose, mais je ne dirais même pas que c’était une athlète, elle avait six ans, se rappelle l’athlète natif de Québec. C’était une petite fille souriante et elle avait l’air d’avoir du plaisir. »

Pour lui, cette approche ludique est essentielle au développement des jeunes athlètes.

« Les parents ne devraient pas viser que leur enfant soit bon à cet âge-là, ils devraient viser qu’il ait du plaisir parce que, pour qu’il se rende loin, il va falloir qu’il travaille vraiment fort et s’il n’aime pas ce qu’il fait, ça ne marchera pas », affirme Dubreuil.

Rose Laliberté-Roy en action.
Rose Laliberté-Roy participe à l’épreuve féminine du 500 m division B lors de la Coupe du monde de patinage de vitesse ISU à l’Anneau olympique de Calgary, en Alberta, le 26 janvier 2025. (Photo : Dave Holland/Patinage de vitesse Canada)

Aujourd’hui, voir Laliberté-Roy évoluer à ses côtés sur le circuit de la Coupe du monde lui rappelle le passage du temps.

« La première année qu’elle a rejoint le groupe et qu’elle a participé à une coupe du monde à l’automne 2022, ça m’a fait un petit coup de vieux », avoue-t-il avec humour.

Pour Laliberté-Roy, cette continuité est précieuse.

« D’avoir eu Laurent comme entraîneur dans ma jeune carrière, c’est vraiment spécial aujourd’hui d’aller à mes premiers Jeux avec lui, confie la patineuse de 27 ans. Si on m’avait dit ça quand j’étais une petite fille, je n’y aurais jamais cru. »

De son côté, Béatrice Lamarche connaît une saison de rêve. Sa première médaille individuelle au 1000 m de la première manche de la Coupe du monde à Salt Lake City en novembre dernier a transformé sa confiance.

« Ç’a « boosté » ma confiance, affirme-t-elle. Je ne m’attendais pas vraiment à cette médaille, mais ça m’a montré que je pouvais être parmi les meilleures filles au monde. »

Beatrice Lamarche en action.
La Canadienne Beatrice Lamarche patine lors de l’épreuve féminine du 500 mètres à l’occasion de l’étape de la Coupe du monde de patinage de vitesse ISU à Calgary (Alberta), le dimanche 23 novembre 2025. LA PRESSE CANADIENNE/Jeff McIntosh

Son parcours vers les Jeux olympiques suit les traces de son père, Benoît Lamarche, qui a lui-même participé aux Jeux dans la même discipline, à Sarajevo 1984 et à Calgary 1988.

« C’est sûr que c’est quand même spécial, souligne Lamarche. On n’est pas nécessairement nombreux à avoir la chance de vivre ça dans le même sport. »

Le conseil de son père ? « Il était un peu plus jeune quand il a participé aux Jeux olympiques, donc son plus grand conseil a été d’apprécier le moment et de prendre le temps de réaliser l’exploit », partage la patineuse originaire de Québec.

La progression de Lamarche doit beaucoup au travail mental entrepris il y a quatre ans. À l’époque, elle luttait contre l’anxiété et la comparaison constante avec ses rivales.

« J’avais beaucoup de difficulté à me comparer aux autres athlètes, confie-t-elle. Mon but n’était pas nécessairement d’être bonne, c’était de battre les autres. »

Ce travail thérapeutique a complètement changé sa perspective.

« Ça m’a permis de remettre le focus sur moi et de ne pas me concentrer sur ce que faisaient les autres », reconnaît celle qui en sera à ses premiers Jeux d’hiver. « Si les autres étaient bons, ça n’enlevait rien à ma performance. »

Cette nouvelle mentalité lui permet désormais d’aborder les compétitions avec sérénité.

Lamarche et Laliberté-Roy partagent une relation unique. Nées la même année, elles ont toujours patiné ensemble, mais ne s’entraînent véritablement ensemble que depuis deux ans.

« D’avoir une fille avec qui s’entraîner, c’est quand même le fun parce qu’il y a beaucoup de gars dans nos équipes, explique Lamarche. Rose a des qualités physiques exceptionnelles. Elle me motive beaucoup à l’extérieur de la glace et me pousse. »

De son côté, Laliberté-Roy considère Lamarche comme une inspiration.

« Béatrice m’a vraiment inspiré cet automne avec ses performances et sa progression, de dire Laliberté-Roy. Ça montre que même à 27 ans, on peut vraiment progresser rapidement. On a vraiment une belle relation, c’est une amie. »

Cedrick Brunet patine.
Le Canadien Cedrick Brunet patine lors de l’épreuve masculine du 500 mètres à l’occasion de l’étape de la Coupe du monde de patinage de vitesse de l’ISU à Calgary (Alberta), le dimanche 23 novembre 2025. LA PRESSE CANADIENNE/Jeff McIntosh

Enfin, Cédrick Brunet complète ce quatuor avec une approche posée. Pour lui, la clé est simple : arriver sur la ligne de départ et exécuter.

« C’est d’arriver sur la ligne de départ et de livrer la marchandise comme je suis capable de le faire, expose le Gatinois de 25 ans. Je l’ai bien prouvé à Salt Lake City au début de l’année. »

Comme ses coéquipières, Brunet bénéficie de la présence de Dubreuil.

« Je l’ai dans mon entourage depuis plus de 5 ans et c’est un bon mentor, dit-il. À l’approche des Jeux, je compte bien solliciter davantage ses conseils. »

Au-delà des performances, c’est la qualité de leur relation qui unit ces athlètes.

« Lorsqu’on s’entraîne six jours par semaine, 11 mois dans l’année, ça devient un peu comme des frères et sœurs, explique Brunet. Cette bonne relation qu’on a entre nous fait en sorte qu’on est très soudés et on s’en va aux Jeux pour avoir du plaisir ensemble. »

Les Jeux olympiques représenteront une première pour Laliberté-Roy, Lamarche et Brunet. Pour Dubreuil, ce sera l’occasion de boucler la boucle en aidant la nouvelle génération à briller. Une histoire qui illustre parfaitement comment l’expérience et la jeunesse peuvent se nourrir mutuellement pour atteindre l’excellence.