Ceci est notre maison : la Coupe du monde de la FIFA laisse un héritage durable à Toronto
Le stade de soccer situé au bord de l’eau à Toronto a été le théâtre de grands matchs depuis son ouverture il y a deux décennies, mais rien de comparable à ce qui s’est déroulé vendredi dernier.
Devant 43 002 partisans survoltés, le Canada a arraché un verdict nul de 1-1 lors d’un duel à la fois dramatique et libérateur contre la Bosnie-Herzégovine à l’occasion de son match d’ouverture de la Coupe du monde de la FIFA 2026. Il s’agissait du tout premier match de Coupe du monde masculine senior disputé au Canada et cette rencontre pourrait avoir des répercussions pendant de nombreuses décennies.
Bien sûr, les Canadiens ont déjà vu leurs équipes nationales participer à de grands tournois, que ce soit l’équipe féminine qui a remporté l’or olympique à Tokyo 2020 ou l’équipe masculine qui a participé à la Coupe du monde au Qatar en 2022.
Or, regarder ces moments à l’écran est une chose; les vivre en personne, voir ces joueurs de près, en est une autre.
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Les Canadiens ont eu une occasion semblable en 2015 lorsque le pays a accueilli la Coupe du monde féminine de la FIFA. Toutefois, Toronto, la plus grande ville du pays, ne faisait pas partie des villes hôtes en raison de son implication dans les Jeux panaméricains organisés le même été.
Ainsi, l’arrivée de la Coupe du monde de la FIFA 2026 se faisait attendre depuis longtemps pour les amateurs de Toronto, mais aussi de l’ensemble de l’Ontario. Que représente cet événement pour les partisans et les familles qui participent aux festivités?
Nous avons discuté avec quelques amateurs canadiens ayant pris part à une séance d’entraînement ouverte au public de l’équipe nationale masculine le 8 juin dernier afin de le découvrir.

Inspirer la prochaine génération
Comme c’est souvent le cas dans le sport, le plus grand impact se fera sentir chez les jeunes.
Le pays compte déjà de nombreux jeunes joueurs et joueuses. En fait, le soccer est le sport le plus populaire au Canada, puisque 50 % des jeunes le pratiquent sous une forme ou une autre. Par contre, pendant longtemps, les jeunes Canadiens et Canadiennes n’ont pas eu de héros du soccer facilement accessibles, particulièrement du côté masculin.
C’est ce qui a rendu cette séance d’entraînement si spéciale pour le partisan de longue date Panos Kelamis, qui y a amené ses deux fils, Xander et Orion.
« Tout est une question de souvenirs et d’expériences », explique Kelamis. « C’est une expérience formifable de pouvoir leur montrer à quoi ressemblent des athlètes professionnels portant le maillot du Canada. »
Kelamis se souvient avoir vécu des expériences semblables avec son propre père et de l’impact durable qu’elles ont eu sur lui. Aujourd’hui, il a offert à ses fils la possibilité d’obtenir des autographes de joueurs comme Jonathan Osorio, Stephen Eustáquio, Jacob Shaffelburg et même de la légende canadienne Dwayne De Rosario.

De nombreux jeunes étaient présents avec leurs équipes de club, notamment les joueurs et joueuses du North York Academy FC. L’un de leurs entraîneurs, Paolo Rogato, a souligné l’importance de créer un environnement propice au développement et à l’adoption de valeurs positives.
« En voyant cela de près aujourd’hui, les enfants vont pouvoir rapporter avec eux cette expérience sur le terrain d’entraînement et lors des matchs », affirme Rogato. « L’amour du sport les accompagnera toujours. J’ai l’impression que c’est ce que d’autres pays avaient de plus que nous depuis plusieurs années.
« Maintenant que nous sommes à la Coupe du monde, que nous voyons notre pays y participer et que le tournoi se déroule ici même, cela va faire croître le sport encore davantage à l’échelle nationale. C’est ce dont nous avions besoin depuis toutes ces années, et j’ai l’impression qu’enfin, nous l’avons. »
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Cette idée semblait déjà avoir trouvé écho chez Aubryn, une jeune joueuse qui avait fait le déplacement depuis Cornwall, soit un trajet d’environ quatre heures jusqu’à Toronto.
« Je suis vraiment heureuse d’avoir pu vivre cette expérience », dit-elle. « Ils sont vraiment bons et j’aimerais atteindre ce niveau un jour. »
Rêver à ce qui est possible
Elle n’était pas la seule à avoir parcouru une longue distance pour prendre part aux festivités.
Ghislaine Goudreau a mené Équipe Ontario à une médaille d’argent en soccer féminin des moins de 19 ans lors des Jeux autochtones de l’Amérique du Nord de 2023. Elle et quelques-unes de ses joueuses ont effectué le trajet de quatre heures depuis Sudbury pour assister à l’entraînement du Canada.
Goudreau a commencé à jouer au soccer à l’âge de 7 ans et, lorsqu’elle était jeune, elle était souvent la seule fille de son équipe.
« À l’époque, le soccer n’était pas vraiment considéré comme un sport pour les filles et lorsqu’on parle des communautés autochtones, c’était encore moins le cas », explique-t-elle.
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Les temps ont changé. Non seulement Goudreau a vu de ses propres yeux ce que de jeunes athlètes autochtones peuvent accomplir, mais elle a également constaté une forte augmentation de la diversité parmi les joueurs à Sudbury au cours de la dernière décennie.
Cette séance d’entraînement dans le cadre de la Coupe du monde pourrait devenir un moment clé pour montrer à toutes sortes de jeunes ce qu’il leur est possible d’atteindre.
« Tout simplement en voyant ce niveau de jeu, cela peut avoir un impact énorme », dit-elle. « Le soccer a assurément beaucoup grandi. »
L’impact ne se limite pas à l’Ontario. L’équipe canadienne s’est ensuite dirigée vers Vancouver pour ses deux prochains matchs — et peut-être même trois ou quatre, selon son parcours — à la Coupe du monde de la FIFA.
Combien d’autres jeunes verront leur trajectoire sportive transformée par ce qui s’en vient?
Et combien d’entre eux porteront un jour le maillot du Canada à leur tour?



