Mikaël Kingsbury s’apprête à dire au revoir en tant que roi des bosses
À un peu plus d’un mois d’avoir ajouté deux nouvelles médailles olympiques à un palmarès déjà bien impressionnant, Mikaël Kingsbury tirera sa révérence du ski acrobatique, à la maison, au Sommet Saint-Sauveur.
Le plus grand skieur de bosses de tous les temps s’apprête à dire au revoir à sa carrière compétitive lors des Championnats canadiens de ski acrobatique au Sommet Saint-Sauveur, l’endroit où tout a commencé il y a 25 ans.

De cet enfant de huit ans qui apprenait avec joie à négocier bosses et sauts, à l’athlète de 33 ans dont le nom figure dans les livres d’histoire, Kingsbury a vécu une carrière hors du commun.
Il a disputé sa première épreuve de Coupe du monde FIS en janvier 2010, à seulement 17 ans. Il est monté sur son premier podium en Coupe du monde en décembre 2010, avant de décrocher sa première victoire mondiale quelques semaines plus tard.
17 saisons plus tard, Mikaël Kingsbury est monté pour la dernière fois sur un podium de Coupe du monde, célébrant sa 100e victoire en carrière en janvier 2026, à Val Saint-Côme, au Québec. Il est ainsi devenu le premier skieur acrobatique masculin à atteindre ce plateau. Il s’agissait de son 143e podium en Coupe du monde en 169 départs. Autrement dit, il n’a manqué le podium que 26 fois au cours de toute sa carrière sur le circuit.

Ce niveau de réussite s’est traduit par un impressionnant total de 29 globes de cristal. À partir de la saison 2011-2012, Kingsbury a remporté le classement général de la Coupe du monde en bosses et en ski acrobatique pendant neuf saisons consécutives. Seule une blessure l’ayant tenu à l’écart pendant une grande partie de la saison 2020-2021 est venue interrompre cette série. Il a ensuite repris sa domination en terminant au sommet des classements combinés bosses et bosses en parallèle lors des quatre saisons suivantes.
Kingsbury a également brillé de façon exceptionnelle aux Championnats du monde FIS, remportant 15 médailles en 16 participations, dont neuf médailles d’or. En 2019, 2021 et 2023, il a été sacré champion du monde à la fois en bosses et en bosses en parallèle.
Bien sûr, ce dont on se souviendra surtout, ce sont ses cinq médailles olympiques, un record pour un skieur acrobatique masculin.

Tout a commencé avec une médaille d’argent à ses débuts olympiques à Sotchi en 2014, où il est monté sur le podium aux côtés de son coéquipier médaillé d’or Alex Bilodeau. Quatre ans plus tard, au sommet de sa domination, Mikaël Kingsbury a enfin décroché l’or olympique à PyeongChang 2018. Après une autre médaille d’argent à Beijing 2022, il s’est présenté à ses quatrièmes Jeux olympiques avec deux chances de médaille pour la première fois de sa carrière.
L’épreuve de bosses masculines à Milano Cortina 2026 n’aurait pas pu être plus serrée. Kingsbury a dû se contenter de la médaille d’argent au bris d’égalité, après avoir obtenu le même pointage total que le médaillé d’or Cooper Woods. Porté par le désir de mettre fin à la disette d’or du Canada aux Jeux et de devenir le tout premier champion olympique en bosses parallèles, Kingsbury a livré l’une de ses meilleures performances en carrière.

Mais ce ne sont pas les images de lui célébrant à l’arrivée ou les yeux fermés sur le podium qui resteront gravées dans les mémoires. Ce sont plutôt les moments partagés avec son fils Henrik, lui faisant découvrir à quel point une médaille olympique peut avoir un goût unique, qui nous rappelleront toujours le plaisir d’avoir vu un enfant devenir un roi, et réaliser tous ses rêves d’enfance.



