Bloemen rate le podium olympique au 5000 m, mais fier du combat livré
La gloire olympique est difficile à atteindre.
Ted-Jan Bloemen était à la recherche de ce moment de gloire dimanche lors de l’épreuve masculine du 5000 m en patinage de vitesse longue piste aux Jeux olympiques d’hiver de Milano Cortina 2026. S’il n’a pas réussi à mettre la main dessus, l’athlète de 39 ans se dit tout de même fier de s’être donné une chance d’y croire.
« Je sentais un peu que ça s’en venait comme ça, mais j’y croyais quand même, a confié Bloemen aux médias après la course. Je voulais me placer dans une position où, si par magie j’avais encore les jambes aujourd’hui, je pourrais en profiter et gagner.
« Je pense que dans la première moitié de la course, on a clairement vu que je m’étais mis dans cette position. Malheureusement, je n’étais pas tout à fait là, mais au moins je me suis donné une chance. J’en suis vraiment fier et je suis fier de montrer ça à mes enfants : dans la vie, il faut se placer en position pour saisir la gloire si elle se présente. »

Bloemen a pris le départ dans la dernière paire parmi les 20 patineurs inscrits, aux côtés du Français Timothy Loubineaud. Le Canadien a réussi à maintenir des tours sous la barre des 30 secondes jusqu’au cap des 3400 mètres, moment où il a commencé à perdre du terrain. Il a finalement terminé au 13e rang avec un temps de 6 min 17,97 s.
Le Norvégien Sander Eitrem a remporté la médaille d’or avec un temps record olympique de 6 min 03,95 s. Le Tchèque Metoděj Jílek, qui patinait dans la neuvième paire avec Eitrem, a décroché l’argent en 6 min 06,48 s, tandis que l’Italien Riccardo Lorello a complété le podium devant la foule locale avec un chrono de 6 min 09,22 s.
Bloemen espérait retrouver le podium olympique pour la première fois depuis PyeongChang 2018, où il avait remporté l’argent au 5000 m et l’or au 10 000 m, mettant fin à une disette de 86 ans pour le Canada chez les hommes dans ces deux épreuves. Il avait aussi terminé dans le top 10 au 5000 m et au 10 000 m à Beijing 2022.

Résident de Calgary, Bloemen a connu beaucoup de succès à l’échelle internationale en dehors du cadre olympique, notamment lors d’une étape de la Coupe du monde de l’ISU disputée dans sa ville natale en novembre dernier. À cette occasion, il avait réalisé un temps de 6 min 02,26 s au 5000 m, le deuxième meilleur chrono de sa carrière.
Vétéran du sport, Bloemen avait mis en place un plan d’entraînement précis afin de tenter de maintenir cette vitesse jusqu’aux Jeux de Milano Cortina. Cette fois, la recette n’a pas fonctionné, mais il demeure fier de l’effort fourni.
« Je pense que ça avait peut-être été la meilleure course de ma vie, mais c’était il y a quelques mois, a-t-il expliqué. On a fait un bloc d’entraînement pour conserver la forme, puis on a intégré du repos. C’est assez simple et ça a déjà fonctionné pour nous par le passé, mais cette vitesse et cette endurance que j’avais à ce moment-là, je n’ai pas réussi à les retrouver aujourd’hui.
« Au moins, je me suis donné une chance. Et même quand la course était perdue dans la deuxième moitié, j’ai continué à me battre à chaque tour, dans chaque virage. C’était ça pour aujourd’hui. »

Depuis ses premiers Jeux olympiques en 2018, Bloemen est devenu père. Sa fille Fiene est née en 2019, suivie de son fils Thias en 2022. Même si la journée de dimanche n’a pas été à la hauteur de ses attentes sur le plan sportif, il savoure le fait de pouvoir vivre cette expérience olympique avec sa famille, ce qui n’avait pas été possible lors des Jeux de 2022, disputés en pleine pandémie.
« J’ai pu les amener au village des athlètes olympiques l’autre jour. C’était vraiment spécial. Pouvoir partager ça avec eux, c’est quelque chose d’unique. »
Les Jeux olympiques de Bloemen ne sont toutefois pas terminés. Il se tournera maintenant vers l’épreuve du 10 000 m, prévue pour le 13 février prochain.
« Je vais simplement me recentrer, récupérer un peu, puis repartir à fond pour le 10 km. »



