Emily Nishikawa, Dahria Beatty, Knute Johnsgaard et Jesse Cockney ont au moins deux choses en commun.

Ce sont tous des skieurs de fond de classe mondiale qui font partie d’Équipe Canada à PyeongChang 2018. Et ils proviennent tous des territoires du nord du Canada : Nishikawa, Beatty et Johnsgaard sont originaires de Whitehorse, au Yukon, tandis que Cockney est de Yellowknife, aux Territoires du Nord-Ouest.

Backyard light show #northernlights

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Bien qu’il s’agisse d’un exploit remarquable, que trois athlètes originaires de Whitehorse se rendent aux mêmes Jeux dans le même sport n’est pas une coïncidence. Il s’agit en fait d’un résultat de développement qui se prépare depuis un quart de siècle.

Quand Nishikawa s’est rendue à Sotchi 2014, elle était la première fondeuse olympique du Yukon depuis Lucy Steele à Albertville 1992. Alain Masson, originaire du Québec, a aussi représenté le Canada à ces Jeux.

La Canadienne Emily Nishikawa concourt au relais féminin 4×5 km aux Jeux olympiques d’hiver de Sotchi 2014, à Krasnaya Polyna, en Russie, le samedi 15 février 2014.

Masson et Steele (aujourd’hui Steele-Masson) allaient éventuellement se marier et s’établir à Whitehorse où Masson est devenu entraîneur-chef du Whitehorse Cross Country Ski Club. Et c’est là qu’il allait servir d’entraîneur à Nishikawa, Beatty et Johnsgaard, tandis que Steele-Masson allait elle aussi jouer un rôle crucial pour inspirer une nouvelle génération de talent yukonnais.

« Elle a une perspective tellement positive de la vie et du ski », affirme Beatty qui fera ses débuts olympiques à PyeongChang. « C’est mon idole depuis longtemps; c’est une personne vraiment incroyable, c’est une olympienne et c’est une des personnes les plus humbles que j’ai eu l’occasion de rencontrer. »

Et bien que provenir d’une communauté relativement petite et isolée comme Whitehorse puisse sembler un désavantage en soi, cela a en fait donné à Nishikawa et Beatty certaines occasions de compétition qu’elles n’auraient peut-être pas eues autrement. Nishikawa a participé aux Jeux d’hiver du Canada de 2003 quand elle avait 13 ans, tandis que Beatty s’est qualifiée pour les Jeux d’hiver de l’Arctique à tout juste 9 ans.

Dahria Beatty, de Whitehorse, au Yukon, skie sur le parcours pendant un entraînement sur les Plaines d’Abraham, le jeudi 16 mars 2017 à l’occasion de la Coupe du monde de ski de fond qui a eu lieu à Québec. LA PRESSE CANADIENNE/Jacques Boissinot

Et un autre événement de formation a eu lieu en 2007 quand Whitehorse a accueilli les Jeux d’hiver du Canada. À ces Jeux, Nishikawa a concouru pour le Yukon tandis que Beatty l’encourageait en bord de piste à titre de bénévole.

Dix ans plus tard, le superbe résultat de cet événement — combiné avec l’infrastructure d’entraîneurs existante — nous présente trois amis d’enfance, prêts à concourir pour le Canada aux Jeux olympiques.

« Je suis très fière de mon pays et je suis très fière de la façon dont le monde le perçoit », explique Beatty. « Ça me rend toujours heureuse quand les gens me demandent de quel pays je viens, et que je leur dis le nom de notre nation. »

En plus de représenter le Canada, elles cherchent aussi à redonner à tous les gens du Yukon qui les ont aidées à se rendre là où ils sont aujourd’hui.

« C’est très spécial d’avoir autant de soutien de la communauté en général, et tout particulièrement de la communauté du ski », raconte Nishikawa.

Les membres de leur club de ski local ont signé des drapeaux, des t‑shirts et même des silhouettes en carton en guise de soutien, que les parents de Nishikawa ont apportés avec eux à PyeongChang.

« C’est fantastique de savoir que tant de gens nous encouragent à la maison », affirme Nishikawa. « Cela rend le parcours encore plus spécial. C’est génial d’être en mesure de partager ces moments avec tous ces gens. »

Boxing Day ski in Whitehorse with these ladies! @jgreerzly @dar_snowangel

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Et Nishikawa ne croit aucunement que cette percée de talent du Nord cessera bientôt. Du moins, en ce qui a trait au ski de fond, le meilleur est encore à venir selon elle.

« Beaucoup d’athlètes en développement », dit-elle. « On voit des jeunes de 14 ans qui sont remarquables… ils ont tellement de potentiel dans le sport. C’est vraiment génial de voir le système à l’œuvre. Nous y avons grandi, et avec du recul, nous avons eu beaucoup de chance d’en faire partie. »