LA PRESSE CANADIENNE/Darryl Dyck
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Comment l’accessibilité et la cohésion ont fait du Canada une puissance du soccer

Lorsque Dino Rossi s’est porté volontaire pour entraîner l’équipe de soccer des moins de 6 ans de son fils, il n’avait aucune idée du parcours qu’il s’apprêtait à emprunter.

C’était en 2006, et le paysage du soccer canadien était bien différent de celui d’aujourd’hui. Le soccer était un sport récréatif populaire auprès des jeunes, mais il n’existait aucune équipe professionnelle de premier niveau, aucun parcours clair de développement des joueurs et aucune véritable concertation à la base de la pyramide.

Cette réalité se reflétait au sein des équipes nationales. L’équipe masculine était loin d’aspirer à la Coupe du monde de la FIFA, tandis que l’équipe féminine était encore à plusieurs années de ses futures médailles olympiques.

Rossi ne pensait à rien de tout cela lorsqu’il a inscrit son fils au club de soccer de North Mississauga, à l’ouest de Toronto. Certes, il suivait les équipes nationales, mais son objectif était simplement de donner un coup de main dans sa communauté.

Cependant, ce rôle a éveillé une véritable passion chez lui — une passion qui ne l’a jamais quitté. Au cours des deux décennies suivantes, il allait devenir un acteur important d’une période de transformation majeure du soccer de base au Canada.

L'équipe canadienne féminine de soccer entre sur le terrain pour célébrer
Équipe Canada célèbre après avoir battu la Suède pour remporter la médaille d’or en football féminin lors des Jeux olympiques de Tokyo 2020, le vendredi 6 août 2021. Photo : Mark Blinch/COC

Aujourd’hui, l’équipe nationale masculine se prépare à participer à une deuxième Coupe du monde consécutive. L’équipe féminine a remporté le bronze aux Jeux olympiques de Londres en 2012 et à Rio en 2016, avant de monter sur la plus haute marche du podium avec l’or à Tokyo 2020.

Le Canada compte désormais des ligues professionnelles masculines (la Première ligue canadienne) et féminines (la Super Ligue du Nord). Sous celles-ci se trouvent des ligues domestiques comme les Premier Soccer Leagues Canada (PSLC), qui contribuent au développement des joueurs vers le niveau professionnel.

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Au niveau de la base, le soccer n’a jamais été aussi dynamique et en bonne santé. Les provinces et territoires sont désormais alignés sur le plan de développement à long terme des joueurs à l’aide d’un programme connu sous le nom de Parcours Canada Soccer.

Alors, comment en sommes-nous arrivés là?

Quinn du Vancouver Rise célèbre son but contre le Wild de Calgary pendant la première demie d’un match de la NSL à Vancouver, le mercredi 16 avril 2025. LA PRESSE CANADIENNE/Ethan Cairns

Le soccer, un sport populaire et accessible

Le problème n’a jamais été le manque d’intérêt pour le soccer au sein des communautés. Selon le rapport La situation des sports destinés aux jeunes au Canada : valeur et coût de la participation publié en 2025 par la Fondation Bon Départ, le soccer est le sport dont la participation est la plus populaire au pays, pratiqué par 50 % des jeunes Canadiens.

Le rapport souligne que son coût relativement modéré et sa grande accessibilité expliquent en bonne partie cette popularité durable. Rossi est du même avis et suggère d’autres raisons.

« Les tendances de l’immigration ont évidemment joué un rôle important. Beaucoup de gens sont arrivés au Canada en provenance de pays où le soccer est véritablement un mode de vie, et ils ont apporté cette passion avec eux », explique Rossi.

« Le sport est aussi extrêmement populaire auprès des jeunes grâce aux jeux vidéo, qui ont permis à de nombreuses personnes de découvrir l’univers du soccer. Je pense qu’on sous-estime souvent cet aspect. »

Cependant, la popularité du soccer chez les jeunes n’a pas toujours mené à des succès au plus haut niveau. C’est là que le travail d’individus comme Rossi, aujourd’hui vice-président des PSLC, a été déterminant.

Après avoir commencé à entraîner l’équipe de son fils, il a rapidement constaté l’important écart entre le soccer de base et les échelons supérieurs du sport.

L’international canadien Alphonso Davies joue au soccer avec des enfants alors qu’il anime un camp de soccer pour jeunes à Edmonton, en Alberta, le mardi 6 juin 2023. Davies évolue dans la Bundesliga avec le Bayern de Munich. LA PRESSE CANADIENNE/Jason Franson

Si vous le bâtissez, ils viendront

En 2011, il a commencé à travailler à la création d’une nouvelle ligue semi-professionnelle dans sa province. Ce projet s’est concrétisé en 2014 avec la première saison de League1 Ontario. Pour Rossi, le besoin était évident.

« Nous avons toujours excellé en matière de participation des jeunes, mais il était évident que nous n’offrions pas aux jeunes les plus talentueux et les plus ambitieux des parcours adéquats vers les plus hauts niveaux du sport », explique-t-il. « Plus particulièrement, il nous manquait un parcours qui priorisait le jeune talent canadien. »

D’autres ligues ont ensuite vu le jour ailleurs au pays, notamment la Première ligue de soccer du Québec (aujourd’hui connue sous le nom de LS Pro) et la BC Premier League.

En 2022, ces ligues se sont regroupées sous la bannière de League1 Canada, dont Rossi a été le premier président. L’un des objectifs de ce projet était de renforcer davantage la cohérence du développement des joueurs à l’échelle nationale.

Plus tôt cette année, League1 Canada est devenue Premier Soccer Leagues Canada après l’ajout de l’Alberta Premier League et de la Prairies Premier League.

« League1 Ontario et la PLSQ ont posé les premières fondations », explique Rossi. « Depuis quelques années, notre priorité est d’avoir une portée nationale, et nous espérons très bientôt couvrir toutes les régions. »

Des liens locaux et des héros de chez nous

La plupart des équipes qui évoluent dans ces ligues sont directement liées à un club local, clarifiant ainsi le parcours qui mène du soccer récréatif jusqu’au niveau professionnel.

Par exemple, l’une des équipes du système de ligues ontarien est North Mississauga SC, le même club où Rossi entraînait son fils de six ans.

« À mesure que les parcours permettant aux jeunes de réaliser leurs rêves dans ce sport s’amélioreront, cela contribuera à renforcer la popularité du soccer à long terme », affirme Rossi.

« Les succès sur le terrain, tant de nos clubs que de nos équipes nationales, seront également très importants. Avoir des vedettes issues de nos propres communautés crée une source d’inspiration qui nourrit les ambitions. »

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Rossi souligne que 350 joueurs et joueuses sont passés par la ligue ontarienne avant de signer des contrats professionnels au Canada ou à l’étranger.

L’un d’eux est Joel Waterman, qui fait partie de l’effectif canadien de 26 joueurs qui participera à Coupe du monde de la FIFA cet été. Âgé de 30 ans, il évolue actuellement avec le Chicago Fire en Major League Soccer (MLS).

Joel Waterman en entraînement exécute une passe.
Le Canadien Joel Waterman participe à une séance d’entraînement en Caroline du Nord en mai, en vue de la Coupe du monde de la FIFA 2026. (Crédit : Audrey Magny/Canada Soccer)

Il avait auparavant joué avec TSS FC Rovers (aujourd’hui membre de la BC Premier League), Calgary Foothills (maintenant dans l’Alberta Premier League) et Cavalry FC (de la Première ligue canadienne).

Sans ces occasions offertes au pays, ce vétéran de deux Coupes du monde aurait très bien pu passer sous le radar.

Un excellent départ, mais le travail se poursuit

Malgré les progrès considérables réalisés durant les 20 dernières années, Rossi insiste sur le fait que le travail est loin d’être terminé.

« Les joueurs, les entraîneurs, les arbitres et les administrateurs méritent d’avoir accès à des compétitions de qualité, basées sur des normes élevées, dans leur communauté ou à proximité. Les amateurs de soccer partout au pays méritent aussi d’avoir une équipe locale à encourager », affirme-t-il. « Nous voulons bâtir des communautés tout en développant des athlètes. »

Dans cette optique, Canada Soccer encourage activement les Canadiens à s’impliquer comme joueurs, entraîneurs, arbitres ou bénévoles afin de soutenir la croissance continue du sport.

« Nous nous engageons à renforcer les parcours de développement, à élargir l’accès et à faire en sorte que chaque jeune qui souhaite participer puisse le faire », explique Dave Nutt, directeur du développement à Canada Soccer. « Il ne s’agit pas seulement de former le prochain grand joueur de soccer, mais aussi de bâtir des communautés plus fortes. »

Et pour bâtir ces communautés, il faut des personnes prêtes à investir du temps et de l’énergie.

« Honnêtement, impliquez-vous de la façon qui vous convient », conclut Rossi. « Donnez un coup de main et contribuez à faire grandir le soccer. »