Stephen Gogolev, aux cheveux blonds et vêtu d'une chemise verte à manches longues et d'un pantalon noir, glisse en arrière sur un pied, en patins.Danielle Earl/COC
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Stephen Gogolev prêt pour la suite après une saison de rêve

« Quand j’y repense, ça ressemble presque à un rêve. »

Stephen Gogolev aurait difficilement pu imaginer connaître autant de succès la saison dernière.

Après tout, c’est arrivé « pratiquement de nulle part », racontait-il à la fin août, lors du camp Haute Performance de Patinage Canada.

Pour ceux qui auraient oublié les détails de la « Gogolevaissance », comme l’avaient surnommée les partisans, voici un bref rappel.

Après s’être fait connaître sur la scène mondiale chez les juniors, Gogolev a été freiné par les blessures pendant plusieurs saisons, ce qui a considérablement limité sa capacité à s’entraîner et à prendre part aux compétitions. En 2025-2026, tout s’est remis en place au bon moment.

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Enfin débarrassé de ses problèmes récurrents au dos, il a commencé à participer aux compétitions — tant sur une base régulière qu’en affichant un niveau technique solide et constant.

À chaque événement, il franchissait une nouvelle étape. Sa première victoire dans la Série Challenger de l’ISU. Sa première médaille chez les seniors sur le circuit du Grand Prix de l’ISU. Son premier titre national senior.

Stephen Gogolev, d'Équipe Canada, participe au programme court masculin de l'épreuve par équipes.
Stephen Gogolev, d’Équipe Canada, participe au programme court masculin de l’épreuve par équipes aux Jeux olympiques d’hiver de Milano Cortina 2026, en Italie, le samedi 7 février 2026. Photo : Danielle Earl/COC

Tout cela l’a mené jusqu’à ses débuts olympiques à Milano Cortina 2026, où il a terminé cinquième au classement général à seulement 1,12 point du podium après avoir obtenu la deuxième meilleure note du programme libre. Et pour prouver qu’il ne s’agissait pas d’un simple feu de paille, il a pris la quatrième place aux Championnats du monde de l’ISU un mois plus tard — ses premiers Mondiaux seniors — en établissant des records personnels dans ses deux programmes.

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« J’ai certainement une confiance différente à l’approche de la prochaine saison en raison de ce que j’ai réussi à accomplir l’année dernière », a répondu Gogolev lorsqu’on lui a demandé ce que ces résultats, maintenant inscrits à son palmarès, changeaient pour lui. « La saison dernière, j’abordais les compétitions sans vraiment avoir de résultats à mon nom. Maintenant, j’arrive avec un meilleur classement, et tout ce qui vient avec. »

Grâce à sa performance aux Championnats du monde, Gogolev sera une tête de série au Grand Prix de l’ISU cet automne, ce qui signifie qu’il n’aura pas à affronter de médaillé olympique ou mondial en titre lors de ses deux épreuves. Il commencera sa saison à Kelowna, en Colombie-Britannique, à l’occasion de l’International de Patinage Canada à la fin du mois d’octobre, avant de disposer de quelques semaines pour se préparer au Trophée Finlandia à Helsinki, à la fin du mois de novembre.

Stephen Gogolev participe au programme libre masculin.
Stephen Gogolev, d’Équipe Canada, participe au programme libre masculin lors des Jeux olympiques d’hiver de Milano Cortina 2026, en Italie, le vendredi 13 février 2026. Photo : Danielle Earl/COC

Même s’il sera l’une des vedettes de ces deux compétitions, il n’a pas ressenti le besoin de modifier son entraînement ou son approche face à la saison.

« Pour l’instant, je ne ressens aucune attente particulière. Par contre, je sais qu’il y en a, compte tenu de ce que j’ai accompli la saison dernière », reconnaît-il.

Dans la foulée de ses débuts olympiques remarqués, certaines vidéos de Gogolev tentant — et réussissant — des quadruples sauts plus difficiles que les quadruples boucle piqué et salchow qui figuraient déjà à son répertoire ont commencé à circuler. Lorsqu’on lui a demandé s’il comptait intégrer ces nouveaux sauts à ses programmes à un moment ou à un autre cette saison, il n’a pas dévoilé beaucoup plus, se contentant d’un « peut-être, on verra ». Ayant réussi pour la première fois un quadruple lutz en compétition en 2018, à seulement 13 ans, il n’est pas surprenant que ce saut soit aujourd’hui un peu plus constant que le quadruple boucle.

La capacité de Gogolev à exécuter des quadruples sauts est sa marque de commerce depuis le début de sa carrière, à partir du moment où les premières vidéos de lui réussissant un quadruple saut à l’âge de 10 ans ont fait leur apparition sur Internet. En revanche, son côté artistique a longtemps été considéré comme un aspect à développer.

La saison olympique l’a vu faire de grands progrès dans la composition de ses programmes. Il est également devenu plus à l’aise pour incarner un personnage sur la glace et capter l’attention du public. Il s’attend à poursuivre dans la même veine cette saison.

Stephen Gogolev du Canada, les poings en l'air, réagit positivement à ses scores après avoir participé au programme de patinage libre masculin
Le Canadien Stephen Gogolev (à droite) réagit à ses notes après son programme libre de patinage artistique masculin, assis aux côtés du chorégraphe Benoit Richaud (à gauche), lors des Jeux olympiques d’hiver de 2026 à Milan, en Italie, le vendredi 13 février 2026. (Photo AP/Ashley Landis)

Le chorégraphe de renom Benoît Richaud joue un rôle clé dans cette évolution. Richaud s’est notamment fait remarquer à Milano Cortina 2026 pour ses multiples changements de veston dans la zone « kiss and cry », après avoir travaillé avec de nombreux concurrents.

« On pourrait dire qu’il est en partie un entraîneur, en partie un mentor », explique Gogolev au sujet de Richaud. Il m’a énormément aidé dans tous les aspects de mon patinage et m’a également beaucoup soutenu. »

Ensemble, ils ont décidé de conserver un programme court un peu plus « amusant » dans lequel Gogolev patine sur « Smalltown Boy », de Bronski Beat. Pour son programme libre, il a opté pour quelque chose de « plus sérieux », sur des extraits de la musique de Moulin Rouge.

Gogolev a passé une bonne partie de l’été à s’entraîner en Europe avec Richaud, notamment quatre semaines en Italie, puis quelques semaines supplémentaires en France. Il était alors entouré de plusieurs patineurs de haut niveau, dont le champion olympique Mikhail Shaidorov, du Kazakhstan, le médaillé de bronze des Championnats du monde de 2024, le Français Adam Siao Him Fa, et le champion d’Europe Nika Ekadze, de la Géorgie. Il a qualifié d’« incroyable » la possibilité de s’entraîner dans un tel environnement.

De façon générale, Gogolev souhaite apporter « davantage de liberté et d’expression » à ses programmes cette saison. Il affirme que Richaud et lui ont « fait de belles améliorations » au cours des derniers mois, ce qui lui a permis d’élargir ses capacités d’interprète.

« C’est naturel une fois qu’on est complètement lancé dans le programme, une fois qu’on s’y investit vraiment. Il faut quand même travailler un peu avec Benoît, sur la chorégraphie elle-même, ainsi que sur la façon de ressentir la musique, mais d’une manière ou d’une autre, ça finit par venir naturellement », explique Gogolev.

Comme toujours, la saison se terminera par les Championnats du monde, en mars. Alors que Gogolev était le seul représentant du Canada chez les hommes au printemps dernier, son résultat a permis au pays d’obtenir une deuxième place pour les Mondiaux de 2027. Deux des principaux prétendants à cette place sont le champion canadien de 2024 Wesley Chiu et le double médaillé des Championnats canadiens Aleksa Rakic.

Chez les femmes, le Canada ne disposera toutefois que d’une seule place aux Championnats du monde 2027.

La quadruple championne canadienne Madeline Schizas devrait être considérée parmi les principales prétendantes. Une médaillée olympique et mondiale espère cependant également connaître un grand moment à l’aube de la fin de sa carrière.

Gabrielle Daleman faisait partie de l’équipe canadienne médaillée d’or aux Jeux olympiques de PyeongChang 2018, un an après avoir remporté le bronze en individuel aux Championnats du monde. Les années qui ont suivi ont par contre été plus difficiles pour la patineuse, aujourd’hui âgée de 28 ans.

Au cours des dernières années seulement, elle a raté deux saisons et demie en raison de blessures au dos et à la cheville, qui ont nécessité plusieurs interventions chirurgicales. Après avoir réappris à marcher, à patiner, à sauter et à retrouver la forme nécessaire pour prendre part aux compétitions, elle a effectué un retour triomphal aux Championnats canadiens de 2026, remportant l’argent à sa première participation aux Championnats canadiens depuis 2022. Lorsqu’elle participera au Grand Prix de France à la fin octobre, il s’agira de sa première participation à une épreuve du Grand Prix de l’ISU en quatre ans.

« Honnêtement, cette saison, je veux tout simplement en profiter. Peut-être que ce sera ma dernière, peut-être pas. Nous prenons les choses une année à la fois », explique Daleman. « Il s’agit vraiment de vivre le moment présent. »

Il s’agit également de mettre en pratique les leçons que toutes ces épreuves lui ont enseignées.

« J’ai appris que je suis beaucoup plus forte et que je suis capable de beaucoup plus que je ne l’aurais jamais pensé. Je ne pensais jamais être capable de retrouver mes sauts comme je l’ai fait », dit-elle, ajoutant qu’elle compte également faire preuve de plus d’indulgence envers elle-même à l’avenir.

« Quand j’étais plus jeune, j’étais très dure envers moi-même, et j’ai appris que c’est un privilège de pouvoir faire ce que nous faisons, parce que tout peut disparaître en un instant. Malheureusement, j’ai dû l’apprendre à mes dépens à plusieurs reprises. »

Daleman était « heureuse » de recevoir une invitation à participer de nouveau au circuit du Grand Prix.

« Il y a eu beaucoup de moments où j’étais prête à raccrocher mes patins ou simplement à arrêter, parce que j’avais trop mal ou que rien ne semblait aller pour moi. Mais je suis heureuse d’avoir écouté mon instinct, de faire ce que j’aime et d’être de retour. Ça va être amusant. »

Pendant que Daleman se battait pour retrouver la glace, Schizas s’est installée dans le rôle de patineuse canadienne la mieux classée chez les femmes, participant aux six dernières éditions des Championnats du monde. Elle a franchi une étape importante de sa vie en mai en obtenant un baccalauréat ès arts en environnement et société de l’Université McMaster. Même après être devenue double olympienne, elle n’était toujours pas prête à tourner la page sur ce sport auquel elle dit aujourd’hui s’être véritablement attachée.

Madeline Schizas, vêtue d'une robe rouge à manches longues, saisit la lame de l'un de ses patins d'une main tout en levant l'autre bras.
Madeline Schizas, d’Équipe Canada, participe à l’épreuve de patinage artistique (programme libre féminin) lors de l’épreuve par équipes aux Jeux olympiques d’hiver de Milano Cortina 2026, en Italie, le dimanche 8 février 2026. Photo : Leah Hennel/COC

« L’année dernière a été stressante. Il se passait beaucoup de choses et je n’ai pas l’impression d’avoir connu la meilleure saison possible. Les choses se sont accélérées un peu plus vite que je l’aurais cru et je n’étais pas totalement prête, ce qui a donné lieu à une année en dents de scie », raconte-t-elle. « Je voulais simplement revenir sur mes propres termes, avec un peu moins de pression et d’intensité autour de moi, pour voir ce que je pouvais faire de ma saison si elle était un peu plus dirigée par moi-même. »

À 23 ans, elle a également acquis une certaine sagesse qu’elle aimerait pouvoir transmettre à l’adolescente qu’elle était lorsqu’elle s’est fait connaître sur la scène internationale en 2021.

« Il faut être prête à prendre certains risques. Je pense qu’une grande partie de ma carrière, j’ai évité de prendre des risques parce que j’avais l’impression d’avoir été rapidement propulsée chez les seniors et d’être devenue la meilleure patineuse senior du Canada, et tout est arrivé très vite », réfléchit-elle.

Pendant plusieurs années, aucune autre Canadienne n’avait atteint les exigences techniques minimales pour être admissible aux Championnats du monde. La responsabilité de représenter le pays reposait donc sur les épaules de Schizas. Même si c’était assurément un privilège, cette situation comportait ses propres défis.

« Cela m’a peut-être empêchée d’explorer différentes choses, comme de nouveaux programmes ou de nouveaux éléments techniques, parce qu’on essayait constamment de suivre le rythme et d’obtenir cette deuxième place pour les Mondiaux. Il y avait toujours ces objectifs à court terme que personne d’autre n’allait pouvoir atteindre. »

En parlant de choses que personne d’autre ne peut faire, Sara-Maude Dupuis souhaite maintenant s’appuyer sur le fait d’être devenue la première Canadienne à réussir un triple axel en compétition. Après avoir accompli cet exploit historique la saison dernière, le saut peut maintenant simplement faire partie de son programme, sans toute l’anticipation, toute la préparation et ces « papillons dans le ventre ».

À LIRE : 2026-27 : une saison de changements pour le patinage artistique canadien

Vous pouvez suivre les patineurs et patineuses artistiques canadiens à chacune des étapes du Grand Prix de patinage artistique de l’ISU :

  • Grand Prix de France : 23 au 25 octobre
  • International de Patinage Canada : 30 octobre au 1er novembre
  • Coupe de Chine : 6 au 8 novembre
  • Skate America : 13 au 15 novembre
  • Trophée Finlandia : 20 et 21 novembre
  • Trophée NHK : 27 au 29 novembre
  • Finale du Grand Prix : 10 au 13 décembre