Steven Dubois champion olympique, médaille de bronze pour le relais féminin de courte piste
L’équipe canadienne de patinage de vitesse sur courte piste a connu une journée fructueuse mercredi à Milano Cortina 2026.
Steven Dubois a été couronné champion olympique du 500 m masculin. Une demi-heure plus tôt, Courtney Sarault, Kim Boutin, Florence Brunelle et Danaé Blais avait gagné la médaille de bronze du relais féminin 3000 m.
Avec ce titre olympique, Dubois, 28 ans, réalise un des rares objectifs sportifs qu’il n’avait pas encore coché sur sa liste : devenir champion olympique dans une épreuve individuelle.
« C’était la dernière médaille qu’il me manquait en individuel. J’ai tout fait pendant ma carrière. Je ne voulais pas me donner d’objectif ça comme objectif [devenir champion olympique], mais aujourd’hui, je me suis levé, pis c’était ça que je voulais. J’ai tout fait pour arriver à avoir cette médaille-là », a expliqué Dubois, qui a du même souffle avoué avoir eu de la difficulté à dormir en raison du stress au cours des deux derniers jours.
En finale, Dubois n’a rien laissé au hasard prenant la tête de la course dès le départ avant de venir ralentir le rythme de la course. L’audacieuse stratégie a porté ses fruits. Le Canadien s’est ensuite accroché en tête, limitant les possibilités de dépassements pour ses adversaires. Il est parvenu à contrer ses rivaux pendant les quatre tours et demi de la course pour s’imposer devant les Néerlandais Melle Van ‘T Wout et son frère Jens, respectivement médaillé d’argent et de bronze.

L’autre Canadien de cette finale de 500 m, William Dandjinou, a été disqualifié. Celui qui participe à ses premiers Jeux olympiques a pris part aux finales des trois distances individuelles à Milan, sans toutefois réussir à y monter sur un podium.
Pour Dubois, triple médaillé à Beijing 2022, ce titre olympique arrive après un début de saison difficile. Blessé à la hanche à l’automne, il est revenu à l’entraînement quelques semaines seulement avant la première étape du World Tour de l’ISU à Montréal.
« Je ne voulais pas arriver et être déçu de ma saison. Ça avait mal commencé avec ma blessure. Je ne voulais pas arriver à la fin de la saison et me dire que ça m’a empêché de faire ce que je voulais. Finalement, j’ai eu du temps pour m’entraîner et je ne voulais pas avoir d’excuses. Je voulais vraiment essayer de courser pour gagner, sans me donner d’excuses. »
Médaillé d’argent du relais mixte 3000 m au début des Jeux, il a toutefois eu des résultats en dessous de ses attentes à ses deux premières épreuves individuelles. Victime d’une chute en qualifications du 1000 m le 10 février, il a ensuite dû se contenter du sixième rang au 1500 m quatre jours plus tard après avoir à nouveau chuté pendant la finale qui comptait neuf patineurs.
« La chute au 1000 m m’a fait mal mentalement. J’arrive champion du monde, je suis constamment sur le podium en Coupes du monde, et je ne peux même pas courser une mes distances préférées parce que j’ai eu une malchance. Ça été difficile de faire un ‘reset’. »
Dubois n’est pas étranger au podium olympique du 500 m, lui qui avait gagné la médaille de bronze à cette épreuve il y a quatre ans. Celui qui est maintenant quintuple médaillé olympique avait alors aussi remporté la médaille d’argent au 1500 m et contribué à la médaille d’or du relais masculin 5000 m.

Médaillées de bronze du relais féminin 3000 m, les Canadiennes sont passées par toute une gamme d’émotions.
« On est toutes allées dans cette finale pour l’or. Ça nous a pris du temps à assimiler ce qui s’était passé, mais après ça, on s’est serrées dans nos bras. On s’est dit qu’on a travaillé fort pour ce moment-là. On était contentes de simplement monter sur le podium », a expliqué Kim Boutin, maintenant sextuple médaillée olympique.
En finale, les Canadiennes ont pris les devants de la course dès le début, puis ont vu les Néerlandaises chuter après un contact de lame un peu avant la moitié de la course de 27 tours.
Le quatuor canadien était toujours en tête avec quelques tours à faire lorsque Danaé Blais a perdu pied.
« J’ai perdu pied pour des raisons obscures. C’est ça le patinage de vitesse courte piste, il n’y a souvent pas d’explication », a dit Blais qui avait retrouvé le sourire. « Après, je me suis dit ‘il ne faut pas que je tombe’. J’ai pris toute la force possible dans mes jambes pour me ramener, essayer de bloquer l’Italienne, ce qui n’a pas fonctionné, car j’avais perdu beaucoup de vitesse, puis essayer de pousser Florence le plus fort possible. »
L’équipe canadienne a finalement franchi la ligne d’arrivée derrière les Sud-Coréennes, médaillées d’or, et les Italiennes, médaillées d’argent.

« Je crois qu’on est une équipe qui est extrêmement forte, on ne va pas se le cacher, on voulait gagner l’or et je pense qu’on aurait pu gagner l’or. Par contre, on est aussi une équipe qui est très terre à terre, qui est axée sur le processus. Ça fait des années qu’on travaille pour ce moment-là, donc je crois qu’une fois les émotions passées, on s’est dit qu’on pouvait célébrer. Ce n’est pas une course qui nous définit, c’est les quatre dernières années », a dit Blais appuyée dans ses explications par Boutin.
Avec cette sixième médaille olympique en carrière, Kim Boutin égalise la récolte de médailles de la patineuse de vitesse sur longue piste Cindy Klassen ainsi que celle de son ancien coéquipier de courte piste Charles Hamelin. Les trois partagent maintenant le titre de l’athlète canadien le plus décoré à des Jeux olympiques d’hiver.

« Je m’en venais ici avec comme objectif de gagner trois médailles. J’en ai deux et ce n’est pas fini. C’est vraiment satisfaisant de gagner cette médaille-là en équipe », a mentionné Boutin.
Ses coéquipières ont souligné le rôle de mentore joué par la patineuse la plus expérimentée de l’équipe.
« Kim a été un peu comme la grande soeur. Pour moi, c’est quelqu’un qui me calme en compétition, qui est bienveillante. Elle m’a récupérée en pleurs après beaucoup de courses cette année. Même si elle avait des courses après, elle était là pour moi. Elle était là pour me soutenir. C’est la personne qui m’a rassurée et qui a été là dans les moments les plus durs », a témoigné Danaé Blais, faisant entre autres référence à un épisode difficile vécu il y a quelques mois alors que sa mère est tombée très malade.
Pour sa part, Courtney Sarault compte maintenant quatre médailles à ces Jeux. Une seule autre Canadienne a déjà fait mieux; Klassen avait remporté cinq médailles à Turin 2006.
Sarault a expliqué savourer chaque podium d’une façon différente. « Ce n’est pas tant la médaille qui me rend heureuse, c’est toute l’expérience qui l’entoure. C’est la course entière, c’est le chemin que j’ai parcouru pour obtenir cette médaille et les personnes avec qui je partage cela. Et je pense que c’est ce qui me tient le plus à cœur, bien plus que la médaille elle-même : c’est le parcours pour accomplir ce que je suis en train d’accomplir. »
Les deux médailles remportées mercredi portent à cinq le total de l’équipe canadienne de patinage de vitesse courte piste à ces Jeux. D’autres médailles pourraient s’ajouter vendredi alors que seront présentées les deux dernières finales olympiques de la discipline. Les Canadiens sont qualifiés pour la finale du relais masculin 5000 m. Du côté féminin, la dernière épreuve au programme olympique sera le 1500 m.



