THE CANADIAN PRESS/Justin Tang
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Le parcours semé d’embûches de Stephen Gogolev, de jeune prodige du patinage artistique à olympien

Les athlètes, les entraîneurs et les journalistes qui écrivent à leur sujet utilisent l’expression « parcours olympique » à juste titre.

La route vers la réalisation d’un rêve de toute une vie n’est jamais linéaire. Elle est jalonnée d’obstacles à surmonter et de détours à emprunter.

Le patineur artistique Stephen Gogolev en sait quelque chose.

Il a attiré l’attention de nombreux amateurs lorsque des vidéos le montrant réussir des triples axels et des quadruples salchows à seulement 10 ans ont circulé sur les réseaux sociaux. On ne se demandait pas s’il deviendrait champion national et olympien, mais plutôt quand cela se produirait.

Plus de 10 ans plus tard, il pouvait enfin revendiquer ces deux accomplissements à l’âge vénérable de 21 ans.

« Ça représente tout pour moi, parce que les dernières années ont été assez difficiles. Beaucoup de blessures. Beaucoup de doutes », a déclaré Gogolev peu après avoir été officiellement nommé au sein d’Équipe Canada pour Milano Cortina 2026.

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« Même si je ne le montre pas forcément, c’est probablement le moment le plus chargé d’émotion que j’ai vécu jusqu’à présent, parce que ça prouve vraiment que tout le travail que j’ai fourni a porté ses fruits cette saison. »

Au cours de la décennie ayant précédé la conquête de son premier titre national senior chez les hommes, en janvier dernier, Gogolev a connu de nombreux sommets.

Il a gravi les échelons du programme national comme on s’y attend d’un espoir très prometteur : médaille d’or chez les pré-novices aux Jeux d’hiver du Canada 2015, champion national novice en 2016, champion national junior en 2017. Il a fait sa première apparition aux championnats nationaux seniors en 2018, alors qu’il n’avait que 13 ans. Un an plus tard, il remportait la médaille d’argent nationale, à peine un mois après avoir célébré son 14e anniversaire.

Stephen Gogolev, âgé de 13 ans, célèbre sa médaille d’or à l’épreuve masculine junior de la Finale du Grand Prix junior de l’ISU, à Vancouver, le vendredi 7 décembre 2018. LA PRESSE CANADIENNE / Jonathan Hayward

Il a remporté l’or à la Finale du Grand Prix junior de l’ISU en 2018-2019 et a terminé au cinquième rang du Championnat mondial junior de l’ISU cette saison-là.

Mais il a ensuite traversé ce que vivent tous les adolescents : une poussée de croissance. Gogolev est passé d’environ cinq pieds à plus de six pieds. Ce changement a perturbé l’équilibre et la coordination essentiels à la réussite des grands sauts qui lui semblaient jusque-là si faciles. Ce fut aussi le début de problèmes récurrents au dos qui l’ont presque amené à envisager de ranger ses patins.

En 2022, il a commencé à souffrir de fractures de stress au bas de la colonne lombaire. Il a manqué de nombreuses séances d’entraînement et s’est retiré de plusieurs compétitions, notamment les Championnats canadiens de 2024, une affectation au Grand Prix à l’automne 2024, ainsi que les Championnats canadiens de 2025. Même lorsqu’il était en mesure de concourir, il était évident qu’il patinait dans la douleur, transformant des quadruples prévus en doubles et des triples en simples.

Les amateurs ont alors commencé à se poser la question : verrions-nous un jour l’expression complète de son potentiel?

C’est incroyable la différence que peut faire le fait d’être en santé.

« Je pense que ça m’a aidé à développer ma discipline. Ça m’a permis de gagner en confiance, d’être capable de m’entraîner et de me préparer de façon constante pour les compétitions, et de performer comme je le fais », a réfléchi Gogolev en revenant sur l’excellente saison qu’il connaît.

Stephen Gogolev exécute son programme court chez les hommes lors des Championnats canadiens de patinage artistique 2026, à Gatineau (Québec), le vendredi 9 janvier 2026. LA PRESSE CANADIENNE / Justin Tang

Au cours de l’été, il a passé quatre mois en Italie dans le cadre d’un camp d’entraînement dirigé par l’entraîneur Benoît Richaud, où il a travaillé sur « la chorégraphie, les sauts, la technique, tout ». En dehors de la glace, il s’est concentré sur le renforcement des muscles centraux de son dos et a fait beaucoup de réadaptation et de physiothérapie afin de prévenir d’autres blessures.

Gogolev est arrivé au camp de haute performance de Patinage Canada à la fin août avec un nouveau programme libre prêt à être présenté, sur le Concerto pour piano no 2 de Rachmaninov, comprenant trois quadruples sauts et deux triples axels. Il a également conservé son programme court de la saison précédente, un medley de musique swing moderne de Royal Crown Revue, avec deux quadruples et un triple axel, ce qui égalait le contenu technique des meilleurs patineurs au monde.

« C’est un bon contraste avec le programme court, qui est plus amusant et enjoué, tandis que le programme libre est plus sérieux et classique », a-t-il expliqué à propos de ses choix.

Le médaillé de bronze Stephen Gogolev (à droite) pose sur le podium du Trophée Finlandia aux côtés du médaillé d’or Yuma Kagiyama, du Japon, et du médaillé d’argent Adam Siao Him Fa, de la France. (ISU)

His progress was on display at the Nebelhorn Trophy in September as he won his first gold medal in an ISU Challenger Series event. He took another big step up when he won his first ISU Grand Prix medal in November, taking bronze at Finlandia Trophy to share the podium with a couple of world championship medallists. Those results set him up as the top contender for the national title, which he won by a margin of 20 points. 

It put him on the podium at the Canadian championships for the first time since he was the wee 14-year-old in 2019. 

“I’m overjoyed right now,” said the man of few words after letting his skating do the talking. 

First up for Gogolev at Milano Cortina 2026 will be the team event, followed a few days later by the men’s singles event. If all goes well, he’ll skate four competitive programs in just seven days. 

But that’s what has kept him motivated through everything, the chance to show just what he’s capable of on Olympic ice.