Quand vous pensez à la science, de prime abord vous ne ferez pas nécessairement le lien avec le sport.

Sauf que la science joue un rôle important dans les sports, et ce, à tellement de niveaux.

Pensez aux principes physiques qui sont associés à la façon dont le corps d’un(e) athlète bouge parfaitement au moment de sauter par-dessus la barre au saut en hauteur, ou encore aux matériaux qu’on utilise dans les équipements qui sont venus changer complètement le visage du sport tel qu’on le connaît aujourd’hui.

Voici huit sports qui ont subi des transformations particulièrement importantes au fil des décennies – et même des siècles – pour finalement prendre la forme que nous connaissons et aimons désormais.

Patinage artistique

Hier : Les premiers patins à glace ne servaient pas à faire des sauts et des pirouettes – on les utilisait tout simplement comme mode de transport en hiver. Selon Frederico Formenti –un physiologiste et un scientifique spécialisé dans le sport au King’s College de Londres – les patins étaient aussi populaires au 15e siècle que le sont les automobiles de nos jours.

En regardant le tout par la loupe du sport, le patinage artistique avait une allure complètement différente par rapport à ce qu’on connaît aujourd’hui. Au début, seuls les hommes le pratiquaient, jusqu’à ce que Brit Madge Syers s’inscrive aux Championnats du monde de 1902. Il n’était pas rare de voir les compétitions se dérouler à l’extérieur, et les hommes portaient des habits complets tandis que les femmes portaient de longues jupes. La bottine du patin montait quant à elle plus haut sur la jambe.

Aujourd’hui : Les hommes et les femmes repoussent sans cesse les limites techniques de ce sport, alors que les quadruples sauts deviennent la norme – un exploit que les tenues et les patins de jadis auraient gêné. Les compétitions ont désormais toujours lieu à l’intérieur et, depuis que les athlètes n’ont plus à se faire du souci pour la météo, ils portent des tenues qui ont pour but de leur permettre de se distinguer et de faire écho à la thématique de leur programme. Les patins ont par ailleurs été modifiés, notamment avec une bottine qui est beaucoup plus basse sur la jambe qu’avant. Les athlètes peuvent donc plus facilement pointer les orteils, ce qui leur permet de mieux rebondir sur la glace. Les bottines moins hautes laissent par ailleurs place à une plus grande agilité et à une meilleure articulation de la cheville quand vient le moment de faire des sauts et de montrer ses habiletés en patinage.

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Hockey sur glace

Hier : Clint Benedict a été le premier gardien à porter un masque dans un match de hockey sur glace, le 20 février 1930. C’était toutefois très différent de ce qu’on voit généralement de nos jours. Son masque était composé de cuir ordinaire, qui recouvrait son nez, ses joues, son front et sa bouche tout en laissant ses yeux complètement à découvert.

Près de trois décennies plus tard, le 1er novembre 1959, Jacques Plante a reçu une rondelle au visage à la suite d’un tir frappé et il a subi une grave coupure au nez. Le gardien de but des Canadiens de Montréal avait fabriqué un masque en fibre de verre dans ses temps libres et il avait commencé à s’en servir dans les entraînements afin de se protéger et il a décidé que le temps était venu de le faire dans un match. Les Canadiens ont alors connu une série de 18 victoires, et c’est seulement quand l’équipe a subi la défaite contre Detroit que Plante s’est vu forcer de laisser son masque de côté. Par la suite, il a commencé à l’utiliser en permanence, et d’autres gardiens de la LNH ont commencé à l’imiter.

Aujourd’hui : La sécurité des athlètes est prioritaire, alors non seulement le gardien de but porte-t-il un masque, mais les autres joueurs dans l’équipe portent des casques. Le masque du gardien est encore composé de fibre de verre, mais on y a ajouté du rembourrage et il a gagné en épaisseur au fil du temps. Des gardiens ont même opté pour une grille complète afin de mieux se protéger. Bien qu’il s’agisse désormais d’une nécessité, le masque de gardien est par ailleurs devenu un canevas pour des créations artistiques qui mettent en valeur la personnalité de la personne qui le porte.

Saut à ski

Hier : Le saut à ski remonte à 1808, quand le Norvégien Olaf Rye a réalisé un saut de 9,50 m. Au début des années 1900, ses compatriotes Jacob Tullin Thams et Sigmund Rudd ont inventé une nouvelle façon de sauter, ce qu’on appelle la technique Kongsberger. Les athlètes sautaient en pliant le haut du corps aux hanches tout en se penchant de façon prononcée et en allongeant les bras vers l’avant en maintenant leurs skis en parallèle. Cette technique a été adoptée jusque dans les années 1950, quand on a constaté que la technique Däscher donnait de meilleurs résultats. Les athlètes gardaient alors les bras le long du corps en pliant moins le corps aux hanches.

Aujourd’hui : La technique ci-haut mentionnée a duré jusque dans les années 1980, quand Jan Boklov a adopté le V, qui est devenu la technique privilégiée depuis que tous les médaillés des Jeux olympiques de 1992 l’ont utilisée. La technique en V est similaire à celle de Däscher, alors que les athlètes gardent les bras le long du corps, sauf que les skis sont désormais placés en forme de ‘V’ pendant l’envol pour une meilleure portance, ce qui donne des sauts encore plus longs.

Aviron

Hier : À l’instar du patin, l’aviron a d’abord été un moyen de transport, et on a commencé à organiser des courses dans les années 1820 en milieu universitaire à Oxford et Cambridge. Le siège coulissant a vu le jour en Angleterre 50 ans plus tard, de façon à ce que les membres des équipages puissent se servir de la force de leurs jambes en plus de la puissance des bras. Les embarcations de course (appelées coques) et les palettes ont d’abord été fabriquées en bois.

Aujourd’hui : Les coques modernes sont faites de matériau composite – habituellement une double paroi de matériaux de plastique et en nid d’abeilles renforcés de fibre de carbone – pour se donner un avantage au niveau de la solidité et du poids. Les palettes, aussi connues sous le nom de rames, sont elles aussi habituellement fabriquées en fibre de carbone.

Tennis

Hier : Le tennis se jouait jadis à un rythme beaucoup plus lent, et davantage de points se gagnaient au filet à la suite d’une succession de volées plutôt que de coups en puissance. Les athlètes utilisaient des raquettes dont le cadre était fabriqué en bois avec comme dimensions 9 pouces de largeur et 27 pouces de longueur. Le cordage de la raquette était fait de boyaux naturels et était grandement affecté par les conditions climatiques. Contrairement à ce qu’on voit aujourd’hui, les athlètes ne portaient que du blanc durant les matchs.

Aujourd’hui : Le tennis est un sport dont la cadence est rapide et qui est axé sur la puissance. Les points se gagnent souvent à la suite d’échanges explosifs depuis la ligne de fond plutôt que de volées au filet. Les raquettes sont maintenant beaucoup plus légères puisqu’elles sont composées de graphite et de matériaux composites, avec un cadre de 10 à 12 pouces de largeur et de 27 pouces de longueur. Ces changements permettent aux joueurs et aux joueuses de manier la raquette plus rapidement et de profiter d’une surface plus grande pour assurer un bon contact. Cependant, le changement le plus attrayant qu’on ait apporté au tennis est sans doute l’évolution de la mode. Les joueurs et les joueuses font preuve de plus d’audace dans ce qu’ils portent, en choisissant des tenues amusantes aux couleurs vives, sauf à Wimbledon où il est encore obligatoire de ne porter que du blanc.

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Saut en hauteur

Hier : La première épreuve de saut en hauteur jamais répertoriée a eu lieu en Écosse au 19e siècle, et les premiers sauteurs utilisaient soit une approche directe ou la technique du ciseau. La technique du ciseau consistait à s’approcher de la barre en diagonale, puis le sauteur lançait d’abord sa jambe intérieure par-dessus la barre, la jambe extérieure suivant ensuite dans un mouvement de ciseau pour finalement aboutir dans une fosse de réception remplie de sciure de bois.

Aujourd’hui : Dick Fosbury est l’athlète qui a permis au saut en hauteur de se moderniser. Il a profité du fait qu’on ait commencé à utiliser des aires d’atterrissage plus souples et plus élevées pour ajouter un nouvel élément à sa façon de faire. Il fonçait au-dessus de la barre la tête et les épaules en premier, pour ensuite atterrir sur le dos – une technique qui n’aurait pas été possible sur les anciennes aires d’atterrissage. Depuis qu’il a remporté la médaille d’or olympique de cette manière en 1968, le geste qu’on a appelé le « Fosbury Flop » est devenu l’approche préférée des meilleurs sauteurs en hauteur dans le monde.

Cyclisme

Hier : Il fût un temps où les athlètes de cyclisme ne portaient aucune protection à la tête. Éventuellement, on a commencé à porter du rembourrage recouvert de cuir qu’on appelait des « filets à cheveux », ce qui n’aidait pas vraiment à l’occasion de l’impact initial d’une collision. Quant aux vélos, ils étaient composés d’acier et les roues ressemblaient à celles qu’on retrouvait sur les bicyclettes de promenade.

Aujourd’hui : Les cyclistes portent maintenant des combinaisons modernes et des casques effilés qui offrent une plus grande protection et aident à traverser l’air afin de pouvoir avancer plus rapidement. Les vélos sont maintenant fabriqués de fibre de carbone et, dans certaines épreuves, ils ont une roue pleine qui agit comme une voile et aide avec l’aérodynamisme.

Patinage de vitesse

Hier : Le patinage de vitesse a vu le jour aux Pays-Bas, où les patins ont d’abord été fabriqués à l’aide d’un os du jarret ou d’une côte d’animal qu’on aura poli. On a modernisé les patins au 14e siècle quand on les a confectionnés à l’aide de lames en bois fortement cirées, puis à nouveau au 16e siècle, quand on a commencé à utiliser des lames en fer. Au cours des 100 premières années environ où on a officiellement organisé des championnats du monde, les lames étaient entièrement fixées sur la bottine.

Aujourd’hui : Au milieu des années 1990, une vieille idée a été réactualisée et a permis aux patineurs de vitesse d’aller encore plus vite. On retrouve des modèles de patin clap qui remontent jusqu’aux années 1890. Il y avait une penture aux orteils de la bottine, ce qui permettait d’y aller d’une plus grande extension et de plus grandes enjambées, mais on ne l’a pas utilisé en compétition. Dans les années 1980, le patin clap a de nouveau fait surface et quelques patineurs néerlandais ont commencé à afficher de bien meilleurs temps. Le grand changement de mentalité est survenu au cours de la saison 1997-1998, quand la plupart des concurrents ont décidé de porter des patins clap. Très rapidement, le son particulier du patin clap a été entendu régulièrement et les nouveaux records du monde se sont succédés.

Quand on la pousse dans la glace en y mettant son poids, la lame trace une ligne qui est pratiquement droite. Les patins clap permettent aux athlètes de se placer en meilleure position pour produire de la puissance à la hauteur des genoux.