Biographie :

La légende de l’athlétisme Fanny « Bobbie » Rosenfeld a remporté deux médailles aux Jeux olympiques d’Amsterdam en 1928. Athlète accomplie, elle a été nommée athlète féminine canadienne par excellence de la première moitié du XXe siècle en 1950 et a laissé un héritage de taille puisque, depuis 1978, le prix qui honore chaque année la meilleure athlète féminine du Canada porte son nom.

Fanny « Bobbie » Rosenfeld a fait son unique apparition olympique à Amsterdam en 1928 où elle a remporté une médaille d’or et une d’argent.

Ces Jeux marquaient la première fois que les femmes étaient autorisées à concourir aux épreuves d’athlétisme aux Jeux et le 100 mètres était la première course au programme. Après de faux départs dans la finale, Rosenfeld a été devancée par 46 centimètres par l’Américaine Betty Robinson, qui avait égalé le record mondial, laissant Rosenfeld sur la deuxième marche du podium. Rosenfeld a ensuite participé au relais 4 x 100 mètres avec l’équipe canadienne qui a établi un record mondial non ratifié de 49.3 secondes lors des qualifications. En finale, quand sa coéquipière Myrtle Cook a pris le dernier relais avec une avance de trois mètres, le Canada s’est dirigé vers une victoire et un record mondial grâce à un chrono de 48.4 secondes.

Faisant preuve de polyvalence, Rosenfeld s’est inscrite au 800 mètres uniquement pour appuyer sa coéquipière canadienne Jean Thompson. Après que cette dernière soit tombée, Rosenfeld a couru à ses côtés, mais l’a laissée finir en quatrième position, se satisfaisant de sa cinquième place. Des témoins ont affirmé que Rosenfeld aurait très probablement pu remporter la médaille de bronze si elle n’avait pas appuyé Jean Thompson.

Surnommées « The Matchless Six » (les Six Incomparables) par la Presse canadienne, les femmes de l’équipe olympique canadienne sont devenues des héroïnes nationales après les Jeux d’Amsterdam en 1928. Le groupe composé de Rosenfeld, Myrtle Cook, Jean Thompson, Ethel Catherwood, Jane Bell et Ethel Smith a répondu aux attentes en terminant au premier rang du classement par équipe en athlétisme féminin (selon le total des points amassés).

Née en Ukraine, Rosenfeld et sa famille sont arrivées au Canada quand elle était encore bébé, s’établissant à Barrie, en Ontario. Elle a fréquenté la Central School et le Barrie Collegiate Institute, puis a déménagé à Toronto en 1923 où elle a travaillé dans une usine de chocolat. Rosenfeld a commencé à pratiquer des sports, excellant au basketball, au hockey sur glace, au softball et en athlétisme. Le début de sa légendaire carrière est survenu à l’occasion d’un pique-nique au cours duquel elle a été persuadée de participer à une course de 100 verges, battant

finalement la championne canadienne Rosa Grosse et établissant un record national. Aux Championnats d’athlétisme féminins de l’Ontario de 1925, Rosenfeld s’est classée première dans cinq épreuves et deuxième dans deux autres. Plus tard, elle a établi des records nationaux dans cinq épreuves différentes. Surnommée « Bobbie » en raison de sa coupe de cheveux un peu carrée, Rosenfeld n’était pas seulement une vedette sur la piste ; du terrain de softball au terrain de basketball en passant par la patinoire de hockey, elle a remporté des titres importants partout où elle était en action.

Une grave crise d’arthrite en 1929 a maintenu Rosenfeld alité pendant huit mois et ensuite sur des béquilles pour une période d’un an. Une fois rétablie, elle a continué à jouer au hockey et au softball, mais en 1931, son arthrite est revenue et elle a été forcée de prendre sa retraite en tant qu’athlète en 1933. L’année suivante, elle était l’entraîneure de l’équipe canadienne féminine d’athlétisme aux Jeux du Commonwealth britannique de 1934 à Londres, en Angleterre.

C’est en 1936 que Rosenfeld a commencé à travailler comme journaliste sportive pour le Globe and Mail et qu’elle a démontré sa grande intelligence dans sa chronique « Feminine Sports Reel », devenant ainsi une porte-parole du sport féminin. Sa dernière chronique a paru le 3 décembre 1958, mais elle a continué à travailler pour le journal jusqu’en 1966. La Ville de Toronto a établi le « parc Bobbie Rosenfeld » en 1991 au pied de la Tour du CN et Postes Canada a émis un timbre en sa mémoire en 1996. Chaque année, la Presse canadienne rend hommage à la meilleure athlète féminine du pays en lui remettant le prix Bobbie Rosenfeld.

En 1950, Rosenfeld a été nommée athlète féminine canadienne de la première moitié du XXe siècle. Elle a été intronisée au Temple de la renommée olympique du Canada en 1949, au Panthéon des sports canadiens en 1955 et au Temple de la renommée des sports de l’Ontario en 1996.