Souvenirs de Montréal 1976: les histoires captivantes et l’héritage durable des premiers Jeux olympiques au Canada
Il y a un demi-siècle, le Canada a accueilli le monde pour célébrer les Jeux de la XXIe Olympiade à Montréal.
Montréal 1976 a marqué la toute première fois que le Canada accueillait les Jeux olympiques.
Aujourd’hui, 50 ans plus tard, nous revenons sur certaines des histoires incroyables de cet été historique, les athlètes qui ont captivé l’attention du pays, les innovations qui ont été réalisées, ainsi que l’impact qui se fait encore sentir aujourd’hui.
Le relais de la flamme, déclenché par une première technologique
Plusieurs traditions sont associées aux Jeux olympiques. L’une d’elles veut que la flamme olympique soit allumée à Olympie, en Grèce, en captant les rayons du soleil à l’aide d’un miroir parabolique. Mais la façon dont la flamme a été transportée jusqu’au Canada était loin d’être traditionnelle.
Un capteur installé au stade panathénaïque d’Athènes a transformé les particules ionisées de la flamme en impulsions codées. Celles-ci ont été relayées par satellite jusqu’à Ottawa, où un faisceau laser, réfléchi dans un autre miroir parabolique, a permis de reconstituer la flamme sur la colline du Parlement, lançant officiellement le relais de la flamme de 261 kilomètres vers Montréal.
D’autres moments historiques lors de la cérémonie d’ouverture
Lorsque la flamme olympique est arrivée au stade olympique, elle a donné lieu à une autre première. Sandra Henderson, de Toronto, et Stéphane Préfontaine, de Montréal, représentant les communautés anglophone et francophone du Canada, ont allumé ensemble la vasque olympique — une première dans l’histoire des Jeux, alors que cet honneur avait toujours été confié à une seule personne.

Avant ce moment fort, d’autres instants marquants ont aussi eu lieu pour Équipe Canada. En tant que pays hôte, les athlètes canadiens ont défilé pour la toute première fois en dernier lors de la Parade des nations. En tête de la délégation se trouvait Abby Hoffman, première femme à être porte-drapeau du Canada lors d’une cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques d’été. Elle deviendra plus tard la première femme élue au comité exécutif du Comité olympique canadien (alors l’Association olympique canadienne).

Des moments de médaille inoubliables pour le Canada
Les athlètes canadiens ont remporté 11 médailles à leurs Jeux à domicile, soit le plus grand total du pays à une édition des Jeux olympiques depuis Los Angeles 1932. Huit de ces médailles ont été obtenues dans la piscine.
Nancy Garapick a décroché deux médailles de bronze aux épreuves du 100 m et du 200 m dos chez les femmes. Cheryl Gibson (argent) et Becky Smith (bronze) ont offert un doublé de podium dans le 400 m quatre nages individuel féminin. Ces performances restent remarquables, même si elles laissent encore planer la question du « et si ». Les seules athlètes à les devancer étaient des nageuses de l’Allemagne de l’Est, aujourd’hui reconnues comme ayant fait partie d’un programme de dopage soutenu par l’État.
Shannon Smith a aussi remporté une médaille de bronze au 400 m libre féminin, tandis que le Canada a obtenu des médailles de bronze dans les relais 4 x 100 m libre et 4 x 100 m quatre nages féminins. Dans ce dernier relais, Robin Corsiglia, âgée de 13 ans, est devenue la plus jeune médaillée olympique de l’histoire du Canada, un record qui tient toujours.
Du côté masculin, la seule médaille en natation a été une argent remportée au relais 4 x 100 m quatre nages.
Au bassin olympique, John Wood a décroché l’argent en C-1 500 m, offrant au Canada sa première médaille olympique en canoë-kayak depuis 24 ans. Au centre équestre olympique de Bromont, Michel Vaillancourt et Branch County ont remporté l’argent en saut individuel, première médaille olympique individuelle du Canada en équitation. Enfin, lors de la pénultième journée de compétition, Greg Joy a surmonté des conditions difficiles sous la pluie pour obtenir l’argent au saut en hauteur, la première médaille olympique du Canada dans cette épreuve depuis 1932.
D’autres noms canadiens marquants
Bien sûr, tous les 416 athlètes canadiens (la plus grande équipe olympique du pays à ce moment-là) n’ont pas pu monter sur le podium, mais plusieurs d’entre eux ont tout de même laissé une empreinte durable sur le sport canadien.
Montréal 1976 a marqué les débuts olympiques de Tricia Smith, qui, après sa carrière en aviron, est devenue présidente du Comité olympique canadien en 2015 et a été élue membre du CIO en 2016. Et pour ceux qui se posent la question, oui, la nageuse mentionnée plus tôt, Shannon Smith, est sa sœur cadette!
Sue Nattrass est devenue la première femme à participer à l’épreuve de trap olympique, en compétition directe avec les hommes. Lors de sa première participation à ce qui sera six Jeux olympiques, elle a terminé 25e sur 44 concurrentes.
Sue Holloway est devenue la première Canadienne (et seulement la deuxième Canadienne au total) à participer à la fois aux Jeux d’été et d’hiver. Cinq mois après avoir concouru en ski de fond à Innsbruck 1976, elle a pris part à deux épreuves de kayak à Montréal.
En équitation, Ian Millar a participé à ses deuxièmes Jeux olympiques, amorçant une carrière qui le mènera à un record mondial de 10 participations olympiques. La coureuse de demi-fond Penny Werthner est ensuite devenue l’une des spécialistes les plus reconnues du Canada en psychologie du sport.
Des étoiles venues d’ailleurs
Sans doute l’athlète la plus célèbre à avoir participé aux Jeux de Montréal 1976 est la gymnaste artistique roumaine de 14 ans Nadia Comăneci, qui a remporté cinq médailles. Elle est entrée dans la légende après avoir obtenu le tout premier 10 parfait de l’histoire de son sport. Sur le moment, une certaine confusion a entouré cet exploit historique, le tableau d’affichage n’étant pas conçu pour afficher plus de trois chiffres avec une décimale. Son score s’est affiché comme 1.00, mais l’annonceur du stade a rapidement clarifié la situation pour tous, y compris pour Comăneci elle-même.
L’athlète le plus médaillé de ces Jeux est un autre gymnaste, le Soviétique Nikolai Andrianov, qui est monté sur le podium dans sept des huit épreuves masculines de gymnastique artistique et a remporté quatre médailles d’or, dont le titre du concours complet.
Sur la piste, le Cubain Alberto Juantorena a livré une performance remarquable en remportant à la fois le 400 m et le 800 m masculins, restant à ce jour le seul athlète à avoir réalisé ce doublé.
Lasse Virén a triomphé au 5 000 m et au 10 000 m pour une deuxième Olympiade consécutive, poursuivant la grande tradition finlandaise dans les épreuves de fond.
Ces Jeux ont aussi marqué l’arrivée de l’Américain Edwin Moses, qui a établi le record du monde du 400 m haies et allait ensuite rester invaincu dans cette épreuve pendant près d’une décennie.
Dans le ring de boxe, deux grands noms ont aussi marqué l’histoire. Le Cubain Teófilo Stevenson a remporté son deuxième de trois titres olympiques consécutifs chez les poids lourds, tandis que ces Jeux ont lancé la carrière du jeune Sugar Ray Leonard.
Le plongeur italien Klaus Dibiasi a remporté son troisième titre consécutif au 10 m plateforme, devenant le premier plongeur à obtenir des médailles dans quatre éditions des Jeux olympiques.
Enfin, Son Altesse Royale la princesse Anne, Princess Royal, fille de la reine Elizabeth II et cavalière accomplie, est devenue le premier membre de la famille royale britannique à participer aux Jeux olympiques. En tant que reine du Canada, sa mère avait officiellement ouvert les Jeux avant de voir sa fille concourir en concours complet.
Nouveaux événements pour les femmes
Les Jeux ont offert davantage d’occasions aux femmes de compétitionner, notamment avec l’ajout d’un tournoi féminin de basketball, d’un tournoi féminin de handball et d’épreuves féminines d’aviron.
Il restait toutefois du chemin à faire vers une égalité complète en aviron, puisque les femmes ne disposaient que de six épreuves contre huit chez les hommes. De plus, les courses féminines se disputaient sur 1 000 mètres seulement, soit la moitié de la distance des épreuves masculines.
Des installations qui continuent d’avoir un impact sur le sport canadien
Le stade olympique, surnommé le « Big O », était la plus grande infrastructure construite pour les Jeux. Mais il ne s’agissait que d’un des 27 sites utilisés, dont plusieurs jouent encore un rôle clé dans le sport canadien et le développement des athlètes de l’équipe nationale.

Au sein du Parc olympique se trouve le centre Maurice-Richard. À l’époque, il accueillait la boxe et la lutte. Aujourd’hui, il abrite l’équipe nationale de patinage de vitesse courte piste, une discipline qui rapporte régulièrement de nombreuses médailles olympiques au Canada.
La piscine olympique, située au pied de la tour de Montréal, était le site de la natation, du plongeon et du water-polo. Aujourd’hui, elle sert de centre d’entraînement principal pour l’équipe nationale de plongeon et continue d’accueillir d’importantes compétitions de natation, comme les essais canadiens en 2026.
Sur l’île Notre-Dame, le bassin olympique a accueilli les épreuves d’aviron et de canoë-kayak. Il s’agit maintenant du Centre national d’entraînement de paracanoë et accueillera à nouveau le monde en juillet 2026 pour une étape de la Coupe du monde de sprint de l’ICF.
Le complexe sportif Claude-Robillard est une installation multisports. Il constitue le centre national d’entraînement du Québec pour Athlétisme Canada, et le club de natation CAMO y est également établi. Construit pour les Jeux de 1976, il a accueilli les compétitions de handball et de water-polo, tout en servant de centre d’entraînement pour l’athlétisme, la natation et le hockey sur gazon.
Un moment pour la mascotte
Impossible de conclure cette plongée nostalgique sans souligner la présence d’Amik, seulement la deuxième mascotte officielle des Jeux olympiques d’été.
Amik, qui signifie « castor » en langue algonquine, était une version stylisée de l’un des symboles nationaux du Canada. Le castor est aussi reconnu pour sa patience et son travail acharné, deux qualités bien familières à tout athlète olympique.



















