Un exemple de persévérance, Laurent Dubreuil gagne la médaille longtemps convoitée
C’était la médaille qu’il lui manquait, l’exploit qu’il voulait réaliser pour avoir le sentiment d’une carrière pleinement réussie.
À ces troisièmes Jeux olympiques, Laurent Dubreuil a décroché la médaille de bronze au 500 m masculin de patinage de vitesse sur longue piste à Milano Cortina 2026.
Après la médaille d’argent au 1000 m à Beijing 2022 il y a quatre ans, Dubreuil est à nouveau monté sur le podium olympique, cette fois dans son épreuve de prédilection, le 500 m.
Quatrième de la distance à Beijing 2022, cette médaille au 500 m signifie beaucoup pour le spécialiste du sprint, médaillé sur la distance en Championnats du monde à quatre reprises.

« C’est une médaille au 500 m, moi je suis un gars de 500 m. J’avais une médaille olympique au 1000 m, mais ça me faisait suer de ne pas en avoir au 500 m. C’est ma distance. C’était spécial d’avoir gagné une médaille au 1000 m aux derniers Jeux, mais si je ne finissais pas ma carrière avec une médaille au 500 m, une partie de moi aurait pensé : ‘Tu es bien trop bon pour ne pas avoir gagné une médaille olympique au 500 m’ .»
Patinant dans la 10e des 15 paires en action, Dubreuil a réalisé un temps de 34,26 secondes pour abaisser le record olympique et prendre provisoirement la tête de l’épreuve. Il restait toutefois encore dix patineurs à venir et non les moindres.
Reconnu pour ne pas montrer beaucoup ses émotions, le patineur de 33 ans a avoué avoir vécu certaines des minutes les plus stressantes de sa vie alors qu’il devait attendre de voir ce qu’allaient faire ses rivaux avant de connaître l’issue de la compétition.
« Ce sont les quatorze minutes les plus stressantes de ma vie. Je me suis assis par terre, parce que je me suis dit que si quelqu’un me battait, j’allais peut-être m’écrouler de déception et que je ne tomberais pas de haut si j’étais assis par terre. »
Satisfait de sa performance sur l’anneau de glace, Dubreuil, fin analyste de son sport, savait que la compétition allait être relevée.
« Il y a d’incroyables patineurs sur le circuit. Le temps que j’ai fait aujourd’hui [Damian] Zurek, il a fait ça deux ou trois fois cette année au niveau de la mer, alors je savais qu’il pouvait me battre », a-t-il mentionné à propos du Polonais qui a pris le quatrième rang de l’épreuve.
Dubreuil, 33 ans, savait toutefois que les principaux prétendant au podium étaient dans la 13e paire opposant l’Américain Jordan Stolz et le Néerlandais Jenning de Boo, respectivement âgés de 21 et 22 ans.
« Un record olympique, c’est bien beau, mais je savais que ça ne résisterait pas. Jordan et Jenning sont juste trop bons. C’est comme Pogačar et Vingegaard dans une côte au Tour de France. »
Les deux jeunes prodiges sont finalement les seuls à avoir devancé le Canadien, Stolz l’emportant en 33,77 secondes, 11 centièmes devants de Boo.

Cette deuxième médaille olympique en carrière vient couronner une saison difficile pour Dubreuil.
« Ça a été une année difficile en Coupe du monde. Je savais que j’étais capable de gagner des médailles. Je faisais des temps à l’entraînement qui étaient les meilleurs de ma vie, puis j’arrivais en course et je finissais 12e. Le doute s’installait certains jours. Mais je savais que j’avais du temps et que physiquement j’étais au sommet de ma forme. Alors oui, j’ai douté, mais je n’ai jamais arrêté complètement d’y croire. »
Sa fille Rose, habituée de le voir sur les podiums internationaux a dû s’adapter aux résultats moins éclatants de son papa et ajuster ses encouragements.
« Cette année, quand elle m’encourageait c’était : ‘C’est beau quand même papa, tu as fini 8e.’ Il y a deux ans, elle ne disait pas ça. Je terminais cinquième, elle disait : ‘Papa c’était pourri’. Mais là, cette année, c’était rendu bon, huitième, tellement je n’avançais plus », a-t-il raconté en riant.
« C’est une leçon de persévérance à moi-même et aussi à mes enfants. Ils ont vu que c’était une année difficile. Ma fille est assez vieille pour comprendre à quel point ça a pris de la persévérance. J’espère que c’est un beau modèle pour elle, pour le reste de sa vie. »

Deux autres Canadiens prenaient part à l’épreuve. Anders Johnson a terminé 16e et Cédrick Brunet 23e.
Heureux de sa performance, Johnson est inspiré pour la suite. « Je sens que ce n’est que le début. Je veux travailler fort, revenir aux Jeux olympiques et courser pour une médaille dans quatre ans. C’était incroyable de voir Laurent faire justement ça aujourd’hui. Je sais qu’il était un des favoris en 2022. Revenir quatre ans plus tard, faire un record olympique et gagner le bronze, c’était beau à voir. Je suis vraiment content pour lui. »
Laurent Dubreuil espère avoir été un exemple de persévérance pour ses enfants aujourd’hui. Une chose est certaine, il a également inspiré un de ses coéquipiers à croire en ses rêves.
Il reste encore de belles chances de médailles pour Équipe Canada à l’anneau de glace. À l’épreuve féminine de poursuite par équipes, les Canadiennes, championnes olympiques en titre, ont signé le meilleur temps des quarts de finale. Mardi, le trio canadien formé d’Isabelle Weidemann, Valérie Maltais et Ivanie Blondin affrontera les Américaines en demi-finales afin de déterminer si elles accéderont à la finale A ou B, finales qui seront disputées le jour même.



