Une médaille d’argent n’est que le début pour l’ambitieuse équipe de patinage sur courte piste
L’équipe canadienne de patinage de vitesse sur courte piste ne s’en cache pas, elle a des objectifs ambitieux pour les Jeux de Milano Cortina 2026, visant un total de sept médailles. Et les choses ont bien commencé mardi pour les représentants de l’unifolié qui ont décroché la médaille d’argent au relais mixte.
Un total de six athlètes ont contribué à ce qu’on espère être le premier podium d’une longue série en courte piste. Kim Boutin, Courtney Sarault, William Dandjinou et Félix Roussel ont pris part à la finale, alors que Florence Brunelle et Steven Dubois ont respectivement patiné en quart de finale et demi-finale.

Kim Boutin, maintenant quintuple médaillée olympique, ce qui fait d’elle la patineuse sur courte piste canadienne avec le plus de décorations olympiques à son palmarès, a mentionné que cette médaille était spéciale pour elle, puisque c’est la première qu’elle remporte dans une épreuve d’équipe.
Illustrant à merveille toute l’ambition qui anime les athlètes de courte piste canadiens, Boutin a rappelé qu’ils visaient l’or dans cette épreuve, mais qu’ils étaient contents de la performance qui leur a valu une médaille d’argent. « Je suis fière de mon équipe. Ça me donne des ailes. C’est juste le début. »

Marc Gagnon, quintuple médaillé olympique et maintenant entraîneur-chef de l’équipe canadienne, abondait dans le même sens que sa protégée, disant que chaque fois qu’ils étaient sur la glace, ses athlètes visaient le sommet : « Tout le monde vise l’or. C’est comme ça que l’on construit notre équipe. On s’est mis des objectifs très élevés depuis deux ans et on en a des très ambitieux ici. Est-ce que c’est grave d’être deuxième aujourd’hui ? Absolument pas. »
L’équipe italienne, avec entre autres Arianna Fontana, qui compte maintenant douze médailles olympiques dans sa collection, s’est avérée indétrônable lors de cette finale, s’accrochant en tête, sans doute soulevée par la foule partisane.
Pour Kim Boutin, la confiance dans les autres membres de l’équipe a été la clé. « On travaille depuis tellement longtemps sur cette médaille-là. On a été vraiment soudé. Moi, c’est ce que j’ai aimé. »
Cette confiance, Félix Roussel l’a bien ressentie. « J’ai appris que je faisais la finale 10 minutes avant. » Le patineur qui en est à ses premiers Jeux ne s’attendait pas à un tel mandat. « Les gars [Dubois et Dandjinou ] avaient bien patiné en demi-finale, donc je pensais qu’on allait remettre les deux mêmes gars. Puis Marc [Gagnon] est venu me voir et m’a dit que je faisais la finale. Je lui ai répondu : “Tu es sûr, parce qu’ils étaient vraiment bons les deux autres”. Il m’a dit “Oui, tu y vas”. C’était beaucoup de pression, mais les membres de l’équipe ne m’ont jamais fait sentir qu’ils doutaient. »

Natif de Sherbrooke, Roussel se souvient avoir vu Kim Boutin remporter ses médailles à PyeongChang 2018. « Et maintenant, en gagner une avec elle, c’est incroyable. »
Pour Florence Brunelle, cette cohésion d’équipe lui a permis de retrouver sa confiance et de mettre derrière elle ses mauvais souvenirs des Jeux de Beijing 2022 où elle avait chuté en finale du relais mixte. Après s’être vu décerner une pénalité, le Canada avait alors conclu au sixième rang.
« J’ai encore de la difficulté à comprendre mes émotions, mais c’est sûr que ça me soulage beaucoup. C’est surtout précieux d’avoir l’occasion de compétitionner en compagnie de gens qui nous sont chers, qu’on apprécie et avec lesquels on a fait le travail dans les dernières années. C’est ce qu’il y a de plus spécial pour moi, on a tellement le goût de grandir ensemble. »

C’est peut-être ce qui explique le mieux les ambitions et le potentiel de cette équipe. Leur talent ne se limite pas à faire des tours sur la piste glacée le plus rapidement possible. Il est aussi dans la façon dont chacun de ses membres permet aux autres d’être le meilleur possible.
Les épreuves de patinage de vitesse sur courte piste ne font que commencer à ses Jeux, et les athlètes canadiens nous donnent plus que jamais envie de voir ce qu’ils nous réservent.



