La parentalité apporte une nouvelle perspective pour la légende du ski acrobatique Mikaël Kingsbury
Mikaël Kingsbury a apparemment tout accompli en tant qu’Olympien. Cependant, à Milano Cortina 2026, il pourra écrire encore plus l’histoire, et ce, dans un tout nouveau rôle.
Il arrivera à ces Jeux en tant que premier skieur acrobatique masculin à avoir remporté 100 victoires en Coupe du monde. Il fera également partie de la toute première génération de skieurs olympiques à concourir en bosses parallèles, qui font leurs débuts cette année.
Mais ce qui compte peut-être le plus pour ce skieur de 33 ans : ce sera ses premiers Jeux olympiques depuis qu’il est devenu père.
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Kingsbury a participé aux trois derniers Jeux olympiques d’hiver, accumulant deux médailles d’argent et une d’or en bosses masculines. Puis, en août 2024, son fils Henrik est né et tout a changé.
« C’est la plus belle chose qui me soit jamais arrivée, » confie Kingsbury. « J’ai vécu beaucoup de moments incroyables [en sport]… mais ça dépasse tout le reste. »
Pour quelqu’un dont la priorité absolue avait toujours été le sport, la paternité a représenté un changement majeur pour Kingsbury. Comme tout nouveau parent, il a connu sa part de nuits blanches.
Mais le défi d’être père n’a en rien diminué les performances de Kingsbury sur les pistes. D’une certaine manière, cela l’a même rajeuni.
« Je suis moins dur envers moi-même depuis que je suis devenu papa, et ça a en fait aidé mon ski, je crois, » dit-il. « Ils voyagent beaucoup avec moi pour les Coupes du monde.
« C’était plaisant d’être sur la montagne, concentré à fond sur mon ski, et dès que je retournais à l’hôtel, je pouvais être papa. Je pense que ça a été bon pour mon cerveau. »
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Son corps est clairement toujours en pleine forme. Aux Championnats du monde FIS 2025, Kingsbury a remporté l’argent en bosses masculines et l’or en bosses parallèles masculines.

Bien que les bosses parallèles fassent seulement leurs débuts olympiques en 2026, Kingsbury connaît le succès dans cette discipline depuis 15 ans. En bosses parallèles, deux athlètes s’affrontent côte à côte tout en étant jugés sur leurs virages, leurs sauts et leur vitesse.
« Je suis plus excité par les parallèles et je me sens moins nerveux quand c’est du dual, » dit Kingsbury. « Il y a un peu plus d’adrénaline dans les bosses parallèles parce que tu as quelqu’un contre toi et parfois tu donnes absolument tout. »
L’introduction des bosses parallèles ouvre la porte à un affrontement olympique chargé d’adrénaline entre Kingsbury et son rival amical Ikuma Horishima, du Japon.
Le duo s’est poussé mutuellement et a fait progresser le sport au cours de la dernière décennie. Mais ils restent amis en dehors des pistes, allant même jusqu’à faire des voyages annuels ensemble au Japon.

« Ce qui est vraiment spécial avec Ikuma, c’est qu’il est un peu plus jeune que moi, mais on compétitionne en Coupe du monde depuis longtemps, » dit Kingsbury. « C’est aussi un papa, alors on se comprend beaucoup. C’est un skieur incroyable.
« C’est assez drôle parce que la plupart du temps, on se retrouve en finale ensemble, et on doit s’affronter. Et [nos partenaires] se disent : ‘Ouf ! Espérons qu’ils restent en santé.’ Parce qu’ils savent qu’on va tout donner à 100 % quand on se retrouve l’un contre l’autre. »
Sans aucun doute, Kingsbury abordera Milano Cortina 2026 avec le même état d’esprit. Mais pour tout athlète ayant eu une carrière aussi longue et dominante, certaines questions se posent toujours.
Ces Jeux seront-ils les derniers pour Kingsbury ? Pourra-t-il devenir le tout premier médaillé d’or olympique en bosses parallèles masculines ? Quel avenir attend l’équipe canadienne en ski acrobatique ?
Quelles que soient les réponses, il semble que Kingsbury abordera ces Jeux dans un état de paix intérieure.
« C’est un grand moment dans ma carrière, d’être là où j’en suis, » dit-il.
« Je suis toujours excité de voir [Henrik] le matin, de le voir sourire et de jouer avec lui par terre. Mon objectif, c’est qu’il soit en santé et qu’il aille super bien. Alors pour moi, vraiment, tout peut arriver ; j’ai déjà accompli tout ce que je voulais. »



