Le 3 août 2016, Sean McColl se trouvait à Salt Lake City, terré dans un coin d’un immense centre des congrès. Il était rivé à son cellulaire afin de suivre la diffusion en direct qui allait changer sa vie.

Sur son écran se trouvaient les résultats des votes qui allaient déterminer le sort de cinq disciplines qui souhaitaient être ajoutées au programme olympique de Tokyo 2020. Parmi celles-ci se trouvait l’escalade sportive, la passion de McColl qui était devenue sa carrière.

« En l’espace d’un instant, je pouvais devenir un olympien en pratiquant le sport duquel j’étais tombé amoureux », a raconté McColl à Olympique.ca en se remémorant le moment où il a entendu le vote unanime en faveur de l’adhésion de l’escalade sportive au programme olympique.

Premier champion canadien junior, McColl est devenu professionnel avant ses 20 ans. Même s’il a pensé à un moment se trouver un « vrai travail », après quelques années, il réussissait à vivre de l’escalade sportive grâce à ses commanditaires et à ses bourses. Cependant, il était difficile d’expliquer à un jeune grimpeur quel serait réellement son avenir, jusqu’à ce qu’il apprenne que son rêve olympique devenait de plus en plus réel.

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C’était particulièrement spécial pour le quadruple champion du monde du combiné, en raison du rôle qu’il a joué dans l’épopée de l’escalade jusqu’aux Jeux olympiques. Comme président de la commission des athlètes de l’IFSC depuis son élection en 2012, il a fait de nombreuses représentations auprès du Comité international olympique pour promouvoir son sport. L’un de ses principaux arguments était le nombre élevé de jeunes grimpeurs.

« Grimper fait partie de notre développement quand nous sommes enfants, raconte McColl. Nous apprenons à ramper, et puis presque tous les enfants apprennent à grimper. Ils grimpent sur des chaises puis étudient comment marcher. Ils grimpent, se tiennent debout, tombent parfois, et ensuite, ils marchent. »

Cela est sans compter que ce sport est une manifestation littérale du slogan olympique, Citius, Altius, Fortius. Comme le fait remarquer McColl, l’escalade « se fait de façon verticale. Comme le slogan est plus vite, plus haut, plus fort, en escalade, les athlètes vont de plus en plus haut et celui qui grimpe le plus rapidement est généralement couronné champion. »

Maintenant que l’escalade sportive se trouve sous les projecteurs de la plus grande scène sportive mondiale, McColl aide les amateurs à cibler ce qu’ils devront surveiller s’ils s’intéressent à ce sport pour la première fois.

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Il existe trois disciplines en escalade sportive : l’escalade de vitesse, le mur d’escalade et l’escalade de difficulté. À Tokyo 2020, ces trois disciplines seront combinées. Les athlètes se verront décerner des points dans chaque discipline, selon leur classement, ce qui déterminera le classement final.

McColl estime que l’escalade de vitesse est la plus facile à suivre. Le champion est celui qui grimpera le plus rapidement le mur de 15 mètres de hauteur.

Le mur d’escalade est, d’une certaine façon, l’opposé de l’escalade de vitesse. Les compétiteurs tentent escalader autant de parcours fixes que possible sur un mur de quatre mètres dans un délai de cinq minutes chaque bloc. McColl qualifie l’exercice d’« énigme de cinq minutes », puisque les grimpeurs ne connaissent pas les différents chemins tant qu’ils ne sont pas sur le mur.

« Vous savez à quel endroit vous commencez et à quel endroit vous finissez, et vous devez figurer tout le reste par vous-même. Alors on observe dans quelle direction sont les trous et comment on peut placer les pieds. On imagine des centaines de mouvements dans nos têtes afin de savoir comment venir à bout de la séquence. »

Les spectateurs verront souvent les grimpeurs chuter puis demeurer au sol sur le matelas pour examiner les différentes possibilités. Ils tenteront de résoudre le casse-tête avant de remonter.

Selon McColl, dans cette discipline, on peut presque voir ce qui se passe dans le cerveau des grimpeurs. Qu’est-ce qu’ils ont fait de mal ? Qu’est-ce qu’ils peuvent changer ? Combien de temps leur reste-t-il ? Combien d’essais peuvent-ils encore faire ?

Dans l’escalade de difficulté, les athlètes bénéficient de six minutes afin de grimper un mur d’au moins 15 mètres, les grimpeurs s’attachent à des dégaines dans le mur. Alors, quelle est la difficulté ?

« Ils n’ont qu’une chance. Aussitôt qu’ils tombent, c’est terminé. »

Les grimpeurs obtiennent un pointage selon le dernier endroit qu’ils ont été capables d’atteindre. S’ils sont plusieurs à s’être rendus au même endroit, c’est le temps qui détermine le vainqueur. Cela amène les athlètes à être à la fois précis et méthodiques, mais aussi rapides.

« Personnellement, j’aime avoir un très bon rythme et prendre des décisions très, très rapidement. Alors, vous risquez de me voir grimper pendant trois minutes et de le faire très vite. »

En raison des grandes différences entre les trois disciplines, il est presque impossible de toutes les dominer.

« La majorité des grimpeurs qui seront aux Jeux olympiques seront forts dans deux catégories, a pointé McColl. Je suis assez bon au mur d’escalade et à l’escalade de difficulté. Je m’améliore à la vitesse. »

« Il y en a quelques-uns qui sont bons dans les trois, mais pas les meilleurs. Alors cette formule est compliquée », ajoute-t-il.

« Le jour de la compétition, les records personnels des compétiteurs n’ont plus d’importance. Ce qui compte, c’est votre performance ce jour-là. Je suis convaincu que je peux gagner si je connais une bonne journée. »