Novembre 2015 : Olympique.ca explore l’évolution du sport – détails.

Dans la première partie, nous avons parlé de bâtons de hockey, de maillots de natation, de patins, de brosses de curling et de l’éternel ballon de soccer.

Pour la deuxième partie, nous nous aventurons hors des sentiers battus pour explorer l’équipement de sports un peu plus obscurs.

La perche… du saut à la perche

Selon cet article de l’USC (en anglais) le saut à la perche « … exige un athlète complet avec la vitesse d’un sprinteur, l’élan d’un sauteur en hauteur et la force d’un lanceur. » C’est l’un des mouvements les plus singuliers de tous les sports olympiques.

Les matériaux qui composent la principale pièce d’équipement, une très longue perche, sont en partie responsables de la propulsion des sauteurs.

 

Shawn Barber lors des Championnats du monde de Beijing le 24 août 2015.

Shawn Barber lors des Championnats du monde de Beijing le 24 août 2015.

Au milieu du 19e siècle, on utilisait des perches faites de bois si rigide que la force générée pendant l’approche se perdait parce que la perche ne pliait pas. On est ensuite passé au bambou, ce qui n’était pas vraiment mieux. En 1942, le record du monde chez les hommes réalisés à l’aide d’une perche en bambou était de 4,77 m.

Le Canadien Shawnacy Barber est le champion du monde en titre :

Dans les années 50, la fibre de verre et la fibre de carbone ont tôt fait de remplacer l’acier et l’aluminium. Selon l’article (en anglais), les nouvelles perches transfèrent et convertissent beaucoup mieux l’énergie du sauteur. Comme elles sont plus légères, les athlètes peuvent courir plus rapidement et leur grande flexibilité permet d’emmagasiner davantage d’énergie pour propulser l’athlète par-dessus la barre.

Tant pour les perches de fibre de verre et la fibre de carbone, on décide de la longueur, de la flexibilité et de la tolérance de poids en fonction du corps de l’athlète. Le saut à la perche n’est pas très stable et un des grands désavantages de la fibre de carbone est que la moindre faille peut en compromettre l’intégrité et rendre la perche susceptible de craquer, ce qui est évidemment très dangereux.

Le record du monde masculin en salle, et le plus haut saut jamais exécuté par un homme ou par une femme, est de 6,16 m et revient au Français Renaud Lavillenie. Oh, et n’oublions pas qu’en plus de la bonne perche, il faut des années d’entraînement!

Le fartage en ski

Pendant une compétition de ski, la personne la plus stressée est sans contredit le farteur. Le choix de fartage détermine la glisse des skis et leur réponse aux conditions comme la température de l’air et le type de neige qui peuvent changer rapidement pendant une journée de course. Les stratégies sont méticuleuses, maniaques, ou les deux.

La Canadienne Beckie Scott célèbre sa victoire à la poursuite féminine 15 km lors de la Coupe du monde de ski de fond d’Oberstdorf dans le sud de l’Allemagne, le samedi 21 janvier 2006, avec le farteur en chef Yves Bilodeau. (Source : AP Photo/Diether Endlicher)

La Canadienne Beckie Scott célèbre sa victoire à la poursuite féminine 15 km lors de la Coupe du monde de ski de fond d’Oberstdorf dans le sud de l’Allemagne, le samedi 21 janvier 2006, avec le farteur en chef Yves Bilodeau. (Source : AP Photo/Diether Endlicher)

Au début, le fartage des skis relevait plutôt de la magie. Selon Swix, un des principaux fabricants, on utilisait du « goudron, des pneus de vélo, de la cire d’abeille et de la graisse animale » jusque dans les années 40. Aujourd’hui, le fartage est toujours nimbé d’une aura de mystère, mais on dispose d’une plus grande sélection de farts éprouvés. Pendant les années 40, Swix a commencé à employer des farts synthétiques.

Voici comment fonctionne le fartage des skis (en gros) : « Les farts mous, avec leur température de fusion basse située autour de 110 °C, sont hydrophobes et donnent de bons résultats sur la neige mouillée, surtout quand les cristaux de neige sont ramollis et arrondis. Les farts durs ont une température de fusion d’environ 140 °C. Ils sont moins hydrophobes, mais ils sont plus résistants aux arêtes effilées des cristaux de neige froids. » – skiinghistory.org

Dans les années 80, on a commencé à mélanger de l’hydrurofluorurocarbone aux farts traditionnels. On parle bien de ce qui entre dans la composition du téflon ici.

Équipement de sport : les progrès les plus spectaculaires

Fibre de carbone

La fibre de carbone est une constante dans l’innovation de l’équipement sportif. À la base, la fibre de carbone est faite de filaments de carbone torsadé comme de la laine et tissé comme un tissu. Super solide et incroyablement léger, le « tissu » est disposé dans des moules et enduit de résine, un peu comme du papier mâché.

La popularité de la fibre de carbone tient à sa solidité et à sa légèreté. Si vous pensez qu’elle coûte cher, c’est parce qu’elle l’est (et c’était encore plus vrai à ses débuts).

Elle est aussi très rapide.

À ce qu’on dit, le huit de pointe féminin du Canada a utilisé une coque Hudson lors des Jeux de 2012 à Londres.

À ce qu’on dit, le huit de pointe féminin du Canada a utilisé une coque Hudson lors des Jeux de 2012 à Londres.

Pocock Racing Shells dit fabriquer des monocoques de course en fibre de carbone depuis 1981. Maintenant, tout est une question d’ingénierie. Hudson, une entreprise de London, en Ontario, a ouvert la voie pour plusieurs rameurs olympiques canadiens. Ils ont même baptisé une de leurs embarcations le « requin », probablement le nom le plus cool pour un bateau.

La fibre est également le principal ingrédient de tous les vélos de course, que ce soit sur route, sur piste, de montagne ou BMX. Et pas mal de tout ce qui doit être à la fois solide et léger.

Le skeleton

Le skeleton est un sport de rebelle. On n’y trouve pas la camaraderie du bobsleigh, ni le traditionalisme de la luge.

Les skeletons eux-mêmes ont un petit côté voyou, comme en témoigne le casque des skeletoneurs qu’ils sont libres de dessiner. Il y a des règlements, bien sûr, mais les skeletons constituent toujours une combinaison des plus récentes innovations et des préférences de l’athlète.

Les athlètes olympiques canadiens Eric Neilson et John Fairbairn ont délaissé les grands fabricants pour se tourner vers un collège d’enseignement professionnel de Calgary pour la conception de leurs skeletons des Jeux de Sotchi.

Dans un sport relativement petit, la fabrication artisanale a donné un avantage unique à Neilson et Fairbairn qui ont profité de l’imagerie 3D et de leur participation à la conception. Neilson raconte que les changements au cours des dernières années ont été « drastiques » et Fairbairn remercie son skeleton pour certaines de ses performances en Coupe du monde.