Pendant le mois de décembre, Olympique.ca fait le décompte des moments sportifs canadiens qui ont marqué 2014.

Si j’aime autant les Jeux olympiques, c’est à cause des histoires qui y naissent inévitablement. La plus belle histoire des Jeux de 2014 à Sotchi est celle du patineur de vitesse qui a cédé sa place à son coéquipier, lui donnant l’occasion de gagner une médaille.

Gilmore Junio en a étonné plus d’un en donnant sa place au 1000 m à Denny Morrison. Qui donne sa place aux Jeux olympiques? Quand j’ai rencontré Gilmore en mai 2013, j’ai tout de suite su que c’était un bon gars, et que s’il y a une personne dans l’équipe qui est capable d’autant de générosité, c’est bien lui.

J’ai un faible pour Denny parce que c’est l’un des premiers athlètes olympiques canadiens que j’ai rencontrés et interviewés. Sa personnalité attachante m’a donné envie de l’encourager dans les moments de gloire comme dans les moments difficiles.
Mais après sa chute en sortant du dernier virage du 1000 m lors des essais canadiens, on pensait que sa seule course individuelle à Sotchi serait le 1500 m. C’était avant qu’un message texte ne change le cours de l’histoire. Gilmore, qui était le troisième Canadien qualifié sur quatre, savait bien quel patineur de l’équipe avait les meilleures chances de mettre la main sur une médaille olympique, et c’est pourquoi il a écrit à Denny de se préparer pour la compétition.

Le jour de la course, je ne savais pas à quoi m’attendre. Même s’il avait terminé au pied du podium à plus d’une reprise avant les Jeux, Denny n’avait pas gagné de médaille en Coupe du monde de l’automne. Mais le moment venu, je voulais que Denny gagne une médaille encore plus que tous les autres athlètes canadiens.

À LIRE: Denny Morrison fonce vers l’argent

J’étais trop nerveuse pour rester assise dans notre bureau du centre principal de presse, et je sautillais devant la télévision en essayant de maintenir un semblant de professionnalisme. Denny était dans la quatrième paire avant la fin, et il s’est accroché à la deuxième place en franchissant la ligne d’arrivée tout juste 0.04 seconde derrière le meneur. Je n’avais pas fini d’être nerveuse parce que de grands noms du sport, dont le double champion en titre Shani Davis, se retrouvaient dans les trois dernières paires.

Heureusement, aucun d’entre eux n’est parvenu à rattraper Denny.

Revoyez la course de Denny

Morrison sur le podium à Sochi.

J’ai célébré pendant quelques secondes avant de me précipiter à mon ordinateur pour rédiger un article. J’ai dû attendre que Denny double sa récolte de médailles en décrochant le bronze au 1500 m pour le voir. Gilmore et lui faisaient la tournée des médias et en vrai gentleman, il m’a laissé prendre sa médaille d’argent. C’est sans aucun doute une des pièces de métal les plus précieuses que j’ai eu l’occasion de tenir dans mes mains.

Paula Nichols, recherchiste au Olympique.ca, avec la médaille d’argent de Denny Morrison en main.