La montée de Beauchemin-Pinard chez les 63 kg lui permet gravir le podium à Tokyo 2020

Après avoir livré une performance décevante aux Jeux olympiques de Rio 2016, Catherine Beauchemin-Pinard a fait le serment qu’elle ferait tout ce qui était en son possible pour se qualifier pour Tokyo et ainsi obtenir une chance de se racheter, même si ça l’obligeait à aller dans une catégorie de poids supérieure.

Pour la judoka de Montréal, qui dit avoir gagné en maturité en tant que personne et comme athlète, ç’a porté ses fruits à l’occasion de la quatrième journée de compétition aux Jeux de Tokyo 2020, alors qu’elle a foulé le podium à titre de médaillée de bronze olympique dans l’épreuve féminine des 63 kg.

« J’étais vraiment déçue quand j’ai perdu à Rio et je voulais revenir à Tokyo 2020 donner une bonne performance, a souligné Beauchemin-Pinard. J’ai réussi alors je suis vraiment contente, même si c’était dans une autre catégorie. C’était tout un processus de faire la transition, d’apprendre à combattre chez les 63 kg. D’avoir pu remporter un match et obtenir une médaille ici, c’est un soulagement.

« Selon moi, je n’aurais pas savouré davantage le judo si j’étais restée chez les 57 kg, a-t-elle ajouté. C’était difficile d’être toujours à la diète, de devoir perdre 10 kilogrammes à la fois, puis de reprendre cinq kilogrammes. Vers la fin, ça devenait vraiment malsain. J’ai travaillé là-dessus, mon régime alimentaire, avec des psychologues et des nutritionnistes pour améliorer mon rapport à la nourriture. Maintenant, à 63 kg, c’est davantage mon poids et je suis tellement plus heureuse de concourir à 63 kg qu’à 57 kg. »

À titre d’athlète classée septième au monde, Beauchemin-Pinard savait que ça n’allait pas être facile d’atteindre le podium. Obligée de passer par la prolongation pour décider qui allait mettre la main sur la médaille de bronze, Beauchemin-Pinard est passée à l’attaque contre la Vénézuélienne Anriquelis Barrios. Prenant l’initiative la plupart du temps, la Canadienne de 27 ans a réussi un flip après trois minutes d’écoulées, ce qui lui a valu un waza-ari. Le Canada a ainsi obtenu sa deuxième médaille olympique au judo à ces Jeux de Tokyo, sa septième à vie.

Catherine Beauchemin-Pinard remporte le bronze aux Jeux olympiques de Tokyo 2020, le 27 juillet 2021. Photo : Darren Calabrese/COC

« Je savais que [Barrios]était très difficile à contrôler parce qu’elle est vraiment grande, alors mon but c’était de la contrôler sa manche parce que sans sa manche, elle est moins dangereuse, a noté Beauchemin-Pinard.J’avais le sentiment qu’au fur et à mesure que le combat avançait, plus elle devenait fatiguée tandis que j’avais plus d’énergie, alors j’ai continué de pousser. »

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Au moment d’amorcer les Jeux olympiques Tokyo 2020, il n’y avait jamais eu de médaillée canadienne en judo féminin.

En l’espace de 24 heures, le portrait a radicalement changé avec Beauchemin-Pinard qui s’est ajoutée à Jessica Klimkait en mettant elle-même la main sur le bronze, ce qui a permis au Canada d’obtenir une deuxième médaille olympique en judo féminin en autant de jours.

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En quittant le tatami du Nippon Budokan Beauchemin-Pinard a dit avoir repensé à tout le travail qu’elle a investi dans son sport au cours des cinq dernières années. Elle a indiqué qu’elle avait hâte de ramener la médaille à la maison et de la présenter à son père, qui a subi un accident vasculaire cérébral il y a trois ans. 

« Je suis vraiment contente d’avoir remporté une médaille et de pouvoir lui montrer que j’ai réussi », a conclu Beauchemin-Pinard.