Jennifer Abel et Mélissa Citrini-Beaulieu montrent leur médaille d'argent sur le podium

Jennifer Abel et Mélissa Citrini-Beaulieu, propulsées par la force de l’équipe

Avez-vous vu les images de la victoire du duo Abel / Citrini-Beaulieu au tremplin de 3 m synchro, tôt ce matin? Il fallait être fait très fort pour ne pas tomber dans l’émotion avec le duo de plongeuses lorsqu’elles ont appris qu’elles étaient médaillées d’argent olympique. Et cette émotion, elle est due à une chose : le travail d’équipe. Le travail d’équipe accompli.

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« Quand je suis entrée à l’eau, je savais que j’avais fait un bon [dernier] plongeon, et la première réaction que j’ai eue, c’est de regarder Mélissa, raconte Abel. Elle me regardait avec des grands yeux, elle m’a dit : ‘Je l’ai eu’. Je me suis retournée, j’ai regardé la réaction des entraîneurs. J’ai vu leur réaction et j’ai tout de suite compris qu’on l’avait eu et qu’on avait gagné la médaille d’argent ensemble. »

Les plongeuses canadiennes Jennifer Abel et Melissa Citrini-Beaulieu en compétition au plongeon synchronisé 3 m pendant les Jeux de Tokyo 2020, dimanche le 25 juillet 2021. Photo par Mark Blinch/COC *MANDATORY CREDIT*

Selon elle, le duo a prouvé aujourd’hui qu’il était l’une des meilleures équipes que le Canada pourrait avoir en plongeon.

Ce podium arrive bien sûr comme un grand soulagement, une délivrance pour Jennifer Abel. En effet, il faut se rappeler qu’après les Jeux de Rio 2016, où elle avait terminé deux fois au 4e rang en une semaine, Abel a connu des moments très difficiles. Car après qu’elle ait aidé Émilie Heymans à décrocher une 4e médaille en autant de Jeux consécutifs à Londres 2012, tous les regards étaient tournés vers Jennifer en 2016. La déception n’en a été que plus profonde.

La pression de récolter une médaille était à nouveau lourde sur ses épaules à Tokyo 2020 mais, grâce au soutien de sa partenaire, elle peut recommencer à respirer.

« En fait, la délivrance, c’est le travail qui a été fait ces cinq dernières années, autant individuellement qu’en synchro, explique Abel. Toutes les deux, on veut être ici, on veut donner notre meilleur, on ne veut pas se décevoir. Puis aujourd’hui, on a fait tout ce qu’on a voulu faire. On a vécu le moment ensemble, et on l’a fait ensemble. Je trouve ça beau, ce qu’on a fait aujourd’hui. »

Les plongeuses canadiennes Jennifer Abel et Melissa Citrini-Beaulieu en compétition au plongeon synchronisé 3 m pendant les Jeux de Tokyo 2020, dimanche le 25 juillet 2021. Photo par Mark Blinch/COC *MANDATORY CREDIT*

Les attentes étaient aussi très grandes envers Mélissa Citrini-Beaulieu qui, à ses premiers Jeux olympiques, se devait d’être la meilleure partenaire possible pour la vétérane Abel. « C’était difficile, avoue-t-elle, mais on y est arrivées, et j’en suis fière! Je sentais que je savais que je pouvais y arriver. Je devais seulement faire ce que j’avais à faire. Et j’avais confiance en Jen. »

Sur le podium, les nouvelles vice-championnes olympiques ont placé la médaille d’argent autour du cou de l’une et l’autre. Un moment qui, pour Citrini-Beaulieu, a fait office de remerciement entre les deux partenaires. Ce moment symbolisait « tout le travail qu’on a mis ensemble, et je pense que ça en dit beaucoup sur notre partenariat, dit-elle. On ne serait pas ici l’une sans l’autre. »

Comme de fait, c’est ce que Jennifer Abel a vu en la jeune Mélissa – qui rêve d’être plongeuse depuis l’âge de 2 ans – lorsqu’est venu le temps de choisir une partenaire de synchro : « Quand j’ai commencé mon cycle olympique [après Rio 2016], je savais que je voulais me tenir sur le tremplin à Tokyo en sachant que j’avais fait tout ce que je pouvais pour être à mon meilleur. Et c’est pourquoi j’ai choisi Mélissa; je savais qu’ensemble, on serait la meilleure équipe, et qu’elle serait une amie pour moi. Elle est joyeuse, vraiment passionnée de plongeon, alors ç’a ramené mon désir de gagner et le bonheur quand je plonge. »

Alors qu’on regarde en boucle ce moment magique où les deux femmes se sautent dans les bras, puis les entraîneurs qui se joignent à la fête, on ne peut que partager ce grand bonheur du plongeon.