Quelle semaine.

Oui, le party aurait été encore plus incroyable si le Canada avait remporté le titre à la Coupe Davis pour la première fois de son histoire, mais il reste que c’est un moment historique que nous avons vécus aujourd’hui. Équipe Canada est entrée dans la catégorie des puissances mondiales en tennis par la grande porte.

Parfois, la défaite a un bon goût de victoire.

Denis Shpovalov et Vasek Pospisil célèbrent leur victoire contre l'Australie

Denis Shpovalov et Vasek Pospisil célèbrent leur victoire contre l’Australie lors de la coupe Davis à Madrid, en Espagne le 21 novembre 2019. Photo : Tennis Canada/Twitter

Si vous n’aviez pas vu les résultats de la finale, on vous met au parfum : Félix Auger-Aliassime s’est incliné 7-6(3), 6-3 face à Roberto Bautista Agut, et Denis Shapovalov a été défait par Rafael Nadal 6-3, 7-6(7). L’équipe canadienne, composée également de Vasek Pospisil et de Brayden Schnur, et menée par le capitaine Frank Dancevic, termine donc la ronde de finale du tournoi 2-0.

FAA effectuait un retour sur le court après près de deux mois de pause en raison de blessures. La plus récente était à la cheville, dont il se remet tout juste. Il remplaçait Vasek Pospisil au premier match de simple contre l’Espagne, car celui-ci est embêté par des douleurs à l’épaule.

De son côté, Denis a joué un match impressionnant face à un Nadal vacillant. Il a donné tout ce qu’il avait contre l’actuel No. 1 mondial, mais l’Espagnol a finalement eu le dessus en bris d’égalité pour donner la victoire à son pays, à la maison.

Assez parlé des résultats. Depuis le début du tournoi, en 1900, le Canada n’avait jamais accédé à la finale du tournoi. Les meilleures performances canadiennes remontent à 2013, puis à 1913, alors que les équipes en action avaient été éliminées en demi-finales.

L’équipe de l’unifolié a également réussi à faire tomber les deux équipes qui accumulent le plus de titres de la Coupe Davis : les États-Unis, avec 32 titres (battus en ronde préliminaire) et l’Australie, avec 28 titres (battus en quarts).

Évidemment, il va sans dire que le tennis canadien connaît ses meilleures années… peut-être depuis toujours (Bianca au US Open, ça vous dit quelque chose?). C’est donc peu surprenant, mais toujours aussi excitant, que les exploits s’enchaînent. Cependant, il faut se rappeler que la folle semaine du Canada est due principalement aux performances de Denis Shapovalov, qui fait partie de la relève étoilée, mais aussi de Vasek Pospisil, qui était plutôt discret sur la scène tennis au Canada jusqu’à tout récemment.

En effet, depuis qu’il a subi une opération au dos il y a quelques mois, Pospisil est au sommet de sa forme. Il a remporté deux titres Challenger d’affilée il y a quelques semaines, et à Madrid dans les sept derniers jours, il a gagné cinq des sept matchs qu’il a disputés… dont certains face à des puissances mondiales, par exemple l’Italien Fabio Fognini, 12e au classement de l’ATP.

Cette performance spectaculaire du Canada à la Coupe Davis solidifie la nouvelle présence du pays dans l’élite du tennis, tous genres confondus. En entrevue après la finale, Louis Borfiga, responsable du développement de l’élite à Tennis Canada (et souvent nommé comme architecte du nouveau tennis canadien) le disait lui-même : « C’est une performance qui va ouvrir la voie à une future victoire en Coupe Davis. […] Je crois définitivement que le Canada est devenu une puissance mondiale. En tout cas, ce sont les commentaires des entraineurs des autres pays, qui disent tous que le Canada est maintenant une nation forte. C’est clair et net. Tout le monde le dit et tout le monde a un grand respect maintenant pour le Canada. »

Même Rafa avait son mot à dire sur le sujet : « L’équipe canadienne est incroyable. Ils sont incroybales aujourd’hui, et ils seront probablement devenir une des équipes quasi-imbattables dans les prochaines années. Ils ont une équipe très forte de plusieurs façons et sur plusieurs surfaces. »

On a déjà hâte à l’an prochain.