ÉCRIT PAR BEV WAKE

Ce n’est pas le sport qui a amené la boxeuse olympique Mary Spencer et le journaliste sportif du Toronto Star Randy Starkman à tisser des liens.

Ç’a été les Repaires jeunesse.

Spencer était présidente du groupe de Windsor, tandis que Starkman était impliqué au sein du groupe de Toronto.

À un moment donné, il y a plusieurs années de cela, ils ont commencé à parler de leurs projets du temps des Fêtes. Spencer lui a parlé de la fête de Noël annuelle du club à Windsor. Elle lui a expliqué qu’ils feraient venir de la nourriture et peut-être le Père Noël. Qu’ils essaieraient d’acheter des cadeaux, mais les activités de collecte de fonds du bingo ne leur permettaient pas toujours d’amasser assez d’argent.

C’est à ce moment-là que Starkman lui a demandé de lui envoyer par courrier les lettres que les enfants avaient adressées au Père Noël.

Randy Starkman interview un athlète.

« Il a demandé à tous ses amis de commanditer un enfant en prenant une lettre adressée au Père Noël, a indiqué Spencer. Ils ont pris le temps d’aller magasiner un cadeau pour lui. La journée de la fête, il s’est présenté avec deux de ses voisins, qui étaient déguisés en lutins, et une camionnette remplie de cadeaux.

« C’était fou. Les enfants ont eu tout ce qu’ils avaient demandé dans leurs listes au Père Noël, ils ont ouvert tout plein de cadeaux. C’était complètement insensé. »

Ce souvenir continue de l’inspirer encore aujourd’hui.

« Il m’amène à vouloir être une meilleure personne, ça, c’est certain. Quand il faisait ce genre de chose, c’était comme… il y a des gens comme ça qui existent vraiment dans ce monde ? C’était vrai. C’était tellement irréel. »

Starkman est décédé en 2012. Sept ans plus tard, Spencer sera la toute première récipiendaire du prix Randy Starkman du Comité olympique canadien, qui est décerné à un ou une athlète d’une équipe nationale qui met son excellence dans le sport au service de la communauté. Elle recevra 15 000 $, dont un montant de 10 000 $ sera versé à l’œuvre caritative de son choix. Elle a décidé de partager l’argent entre les services juridiques Nishnawbe-Aski et la réserve de Cape Croker.

Mary Spencer joue avec des enfants.

Kitchenuhmayooosib Inninuwug – La championne du monde de boxe et récipiendaire du prix Randy Starkman 2019, Mary Spencer, joue avec des étudiants du Centre d’éducation Aglace Chapman, le 18 octobre 2019. (David Jackson/COC)

À LIRE : Mary Spencer inspire les jeunes autochtones à croire que rien n’est impossible

Ce qui a le plus impressionné Spencer, c’est à quel point Starkman faisait des choses en coulisses – il laissait son calepin de notes à la maison et ne cherchait pas à profiter de l’occasion pour en tirer un article.

« Quand je pense à tout ce que Randy a fait qui n’avait rien à avoir avec ses articles…, a-t-elle souligné. Je suis certaine qu’il en parlait à sa famille et aux amis qui commanditaient les cadeaux, il leur disait comment ça s’était passé, mais c’est tout. »

Bien qu’il soit vrai que Starkman ait écrit sur Spencer et les enfants de Cape Croker en 2011, Spencer a fait remarquer qu’il a fait le voyage à d’autres occasions quand ça n’avait rien à voir avec le boulot.

« Quand il est venu la première fois, nous faisions des activités dehors et pas tout le monde était habillé chaudement, indique-t-elle. Alors la prochaine fois qu’il est venu, il avait des chandails. Il avait des mitaines. Et ce n’était même pas pour en faire un article, c’était juste pour passer du temps avec les enfants. »