« J’essayais seulement de rattraper le gars devant moi, explique Bloemen, qui a décroché l’argent lors de sa première apparition olympique. J’étais tellement fatigué. Je pouvais à peine me tenir sur mes jambes… J’ai pris tous les risques et j’ai tout donné pour avancer. »

Ted-Jan Bloemen a fait l’histoire du Canada, dimanche, en remportant la première médaille olympique en patinage de vitesse sur longue piste depuis le bronze de William Logan à Lake Placid 1932. Mais derrière la gloire de sa première participation à des Jeux olympiques se cachent des sacrifices et des choix.

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Ted-Jan Bloemen patine jusqu'à sa médaille d'argent à la finale du 5000 m, aux Jeux olympiques de PyeongChang 2018, le 11 février 2018. LA PRESSE CANADIENNE/Paul Chiasson

Ted-Jan Bloemen patine jusqu’à sa médaille d’argent à la finale du 5000 m, aux Jeux olympiques de PyeongChang 2018, le 11 février 2018. LA PRESSE CANADIENNE/Paul Chiasson

Bloemen est natif des Pays-Bas mais, après avoir raté les qualifications pour faire l’équipe nationale de Sotchi 2014, il a déménagé au pays de naissance de son père dans l’espoir d’y trouver un environnement d’entraînement plus approprié. Il a rejoint l’équipe canadienne de patinage de vitesse, et son impact a été immédiat. Il a aidé le Canada à gagner l’argent à l’épreuve de poursuite par équipes lors des Championnats du monde de distances simples, en 2015. Puis, il a connu une saison 2015-2016 fabuleuse, pendant laquelle il a notamment brisé le record du monde au 10 000 m, un record qui tenait depuis mars 2007.

« Ç’a été une décision difficile – mais finalement c’était aussi facile, a dit le patineur de 31 ans à propos de son déménagement. Je me suis senti à la maison dès le départ, parce que j’avais des gens extraordinaires autour de moi. Je suis simplement tellement heureux depuis les quatre dernières années.»

Bloemen admet qu’il a toujours eu du mal à trouver de la constance, mais son arrivée au Canada semble avoir aidé son cas.

Ted-Jan Bloemen, à gauche, et ses coéquipiers Benjamin Donnelly et Jordan Belchos célèbrent leur médaille d'or après l'épreuve de poursuite par équipes à la Coupe du monde de l'ISU à Calgary, le 14 novembre 2015. LA PRESSE CANADIENNE/Jeff McIntosh

Ted-Jan Bloemen, à gauche, et ses coéquipiers Benjamin Donnelly et Jordan Belchos célèbrent leur médaille d’or après l’épreuve de poursuite par équipes à la Coupe du monde de l’ISU à Calgary, le 14 novembre 2015. LA PRESSE CANADIENNE/Jeff McIntosh

« Avant, j’arrivais à faire de bonnes performances de temps en temps, mais pour faire une très, très bonne performance, tu dois faire de bonnes performance à chaque fois. La constance n’était simplement jamais là et c’est quelque chose sur quoi j’ai travaillé très fort – faire de mon point faible, mon point fort. »

Même si la course de dimanche l’a mené à l’argent olympique, Bloemen affirme que ce n’était pas sa meilleure performance. Il aura la chance de s’améliorer, puisqu’il devrait participer au 10 000 m et à la poursuite par équipes à PyeongChang 2018.

« J’ai mis mon énergie là où je voulais la concentrer quand la course est devenue plus difficile, explique Bloemen. Cette course parfaite, quand tu arrives à avoir un rythme fluide et à simplement voler jusqu’à la fin n’arrive pas toujours, et ce n’est pas arrivé aujourd’hui. Mais j’en ai retiré le meilleur et j’ai sorti tout ce que j’avais en moi. Je suis un peu déçu de ne pas en avoir eu plus à donner mais, en général, je suis content et très fier d’être sur le podium. C’est une très grande récompense pour toute mon équipe. »