Voici, dans ses propres mots, ce que Sois olympique signifie pour Mark McMorris.

J’étais étendu sur la neige. Du sang plein la bouche, j’avais de la difficulté à respirer. J’attendais l’hélicoptère.

Le 25 mars 2017, je faisais du ski hors-piste près de Whistler avec mon frère Craig. Un accident comme ça n’aurait jamais dû arriver. La carre de ma planche s’est enfoncée dans la neige molle et j’ai glissé vers la gauche sans pouvoir m’arrêter… jusque dans un gros arbre. Boum!

J’ai été dans les pommes pendant 45 secondes. Quand j’ai repris connaissance, je me suis dit que je ne ferais plus jamais de planche. Je pensais que j’allais y rester.

À mon réveil à l’hôpital, on m’a expliqué la gravité de la situation : fractures de la mâchoire, du bras gauche, du bassin, des côtes, rupture de la rate et affaissement du poumon gauche. J’étais reconnaissant d’être encore en vie et d’avoir la chance d’essayer de refaire de la planche et peut-être même d’aller aux Jeux olympiques à PyeongChang.

Sois olympique. Pour moi, c’est une affaire de détermination. C’est se relever quand on tombe et travailler pour réaliser ses rêves même quand c’est difficile, même quand ça fait mal et même quand on échoue. Beaucoup de gens peuvent s’identifier à ça.

J’ai passé dix jours à l’hôpital. On m’a opéré au bras — mon humérus était en miettes — et à la mâchoire où on a posé une plaque. Pendant un mois, je ne pouvais pas faire grand-chose et pendant six semaines, j’avais un régime liquide. Certains jours, j’avais le sentiment que je reviendrais à la planche et d’autres jours, pour être franc, je croyais que non.

Les séances de rééducation faisaient tellement mal que j’ai haï chacune d’entre elles. Mais à la fin, j’étais toujours content. Je me disais : « Je suis un peu près de ce que j’aime et de ce qui m’apporte le plus de joie. »

Je pense que la rééducation, c’est 50 pour cent physique et 50 pour cent mental. C’est un combat. Mais j’ai découvert que le progrès physique fait progresser mentalement parce qu’on recommence à se sentir fort. Quand ça fait mal, ce n’est pas une mauvaise chose. Il faut persévérer.

Aujourd’hui, j’ai beaucoup d’expérience en rééducation. Il y a eu la côte brisée à deux semaines des Jeux de Sotchi. En quelques jours, je suis passé d’une douleur débilitante qui faisait de chaque douche une torture jusqu’à une médaille de bronze. Un an avant la collision à Whistler, je me suis fracturé une jambe pendant la compétition Air & Style Big Air à Los Angeles.

J’étais sûr que je reviendrais à temps, encore une fois.

En septembre 2017, j’étais de retour à l’entraînement. Le 25 novembre, j’ai participé à ma première Coupe du monde de big air depuis l’accident. J’ai gagné. C’est difficile d’expliquer pourquoi j’étais aussi heureux de remporter une victoire après cette blessure. Je me sentais comme le meilleur au monde. Cette victoire m’a donné l’espoir d’aller en Corée du Sud et de monter sur le podium. Il n’y a rien que j’aimerais plus que d’y arriver.