Voici, dans ses propres mots, ce que Sois olympique signifie pour Denny Morrison.

L’adversité, ça fait partie de la vie. Devant un obstacle, on a deux choix : se battre pour le surmonter ou abandonner.

J’ai connu mon lot d’adversité depuis trois ans; j’ai subi un grave accident de moto et un accident vasculaire cérébral. J’aurais pu tout laisser tomber, mais j’ai choisi de me battre. J’ai choisi de travailler pour retourner aux Jeux olympiques, une étape à la fois.

Sois olympique, qu’est-ce que ça signifie? Pour moi, ça veut dire avoir du cœur au ventre. Devant les obstacles, c’est le cœur qu’on y met qui nous mène vers notre but. Atteindre ses objectifs demande beaucoup de travail. Je pense que ce n’est facile pour personne, peu importe le métier. Il ne s’agit pas nécessairement de patiner le plus vite possible sur une surface gelée, ça peut être n’importe quoi. J’aime penser qu’en y mettant du cœur et en persévérant, on peut aller beaucoup plus loin qu’on le pense et surprendre les autres.

Quand j’ai eu mon accident de moto en mai 2015, je me suis réveillé avec une fracture au fémur, un ligament croisé antérieur déchiré, un poumon perforé, une commotion cérébrale, des dommages aux reins et au foie et une fracture au coude et à la colonne vertébrale. Les médecins ont implanté une tige de titane dans ma jambe. Peu de temps après, à l’hôpital, j’ai dressé une liste d’objectifs réalistes dans ma condition et je les ai rayés un par un. Ça n’a pas été facile. Mon premier but était de me tenir sur ma jambe droite. Je suis resté debout une minute avant d’être envahi par la douleur. J’ai dormi pendant trois heures tellement j’étais épuisé.

Moins d’un an plus tard, j’étais suffisamment en forme pour traverser l’Arizona Trail à vélo, un voyage de près de 1300 km avec celle qui est maintenant ma femme, Josie. Deux jours avant la fin, j’ai subi un accident vasculaire cérébral (AVC). Je ne savais pas si je pourrais encore faire de la compétition, mais j’étais conscient de ma chance. Chaque minute compte après un AVC, et j’étais chanceux que l’hôpital le plus proche ne se trouve qu’à 20 minutes en voiture. J’étais aussi très chanceux que Josie ait reconnu les symptômes.

Je savais qu’avec une bonne attitude, de l’énergie positive et en ne m’apitoyant pas sur mon sort, je continuerais à être chanceux.

Les Jeux olympiques d’hiver de PyeongChang 2018 seront mes quatrièmes. Mon but est évidemment de remporter une autre médaille. Mais pour me rendre là, j’ai des étapes à franchir et on verra jusqu’où je réussirai à aller. Si je monte sur la plus haute marche du podium, j’aurai réussi à atteindre mon objectif. Mais si j’atteins la moitié de mon objectif, j’aurai quand même essayé.

Défiler à la cérémonie d’ouverture me donnera quand même un sentiment d’accomplissement. J’ai l’impression que je profiterai de chaque seconde et que je réaliserai tous les obstacles que j’ai surmontés en trois ans. En soi, c’est une victoire. Je sais tous les efforts et tout le cœur que j’ai mis pour me rendre jusque là.

Sois olympique, c’est ce que ça veut dire.