Devenir olympien prend beaucoup d’efforts, un dévouement sans limites et le support inconditionnel de son entourage. Ce dernier aspect était extrêmement important pour la joueuse de rugby Jen Kish dans sa quête vers le bronze olympique. La capitaine de l’équipe de rugby à sept médaillée de bronze à Rio 2016 explique pourquoi il était primordial pour elle que sa conjointe Nadene Selewich comprenne la passion qui l’habite.

Nadene et moi nous sommes rencontrées en 2011 dans un pub du centre-ville d’Edmonton. C’était en fait une collecte de fonds pour les Jeux des policiers et pompiers. J’ai fait don de deux sessions d’entraînement personnel gratuites dans la vente aux enchères et l’ami de Nadene a fini par faire une offre et gagner le prix.

image1-kish-and-nadene

J’étais quelque peu intimidée par elle et je ne connaissais vraiment pas grand-chose à son sujet, sauf que nous partageons un ami commun et qu’elle était policière. Mais nous avons fini par nous rencontrer pour une consultation et c’est tellement drôle, car nous n’avons même pas parlé d’entraînement une fois. Tout ce qu’elle a fait c’est m’écouter parce que je parlais tout le temps. Je me suis rendue compte que, hey, j’aimerais en savoir plus sur cette fille, elle est vraiment intrigante. Ce qui est fou, c’est que nous ne cherchions pas une relation ou quoi que ce soit, ça s’est juste produit. Et puis tout a déboulé, nous étions amoureuses et maintenant nous sommes fiancées. Six ans que notre amour ne cesse de grandir.

My favourite days r the ones when my girl comes & visits me ❤️ #reunited

A post shared by Jen Kish (@jen_kish) on

Malgré leurs fiançailles, l’approche des Jeux de Rio 2016 et d’autres grands rêves ont repoussé les plans de mariage.

Je dirais que je suis plus mariée au rugby que je suis avec Nadene. Je suis amoureuse de Nadene, mais je suis mariée au rugby. Parce que j’étais centralisée à Victoria, je vivais loin d’elle et nous vivions notre amour à distance, passant chacun de mes temps libres ensemble à Victoria, Edmonton ou en vacances.

À LIRE : L’équipe canadienne de rugby à sept féminin pave la voie pour les générations futures

Nous avons donc dit, après Rio, que nous allions nous marier. Ensuite, nous avons décidé de construire une maison. Nous avons donc construit notre maison de rêve et maintenant nous y habitons. Je ne sais donc pas quand nous allons nous marier, mais je me sens déjà comme si nous nous étions passé la bague au doigt.

When u complete one dream, u start another. Building our dream home together ❤️ #dreamscometrue

A post shared by Jen Kish (@jen_kish) on

Après seulement avoir été ensemble à Edmonton pendant une année, Jen a déménagé à Victoria pour s’entraîner à plein temps avec l’équipe nationale de rugby à sept féminin, l’obligeant à vivre sa relation avec Nadene à distance.

À LIRE : Douze rêves réalisés grâce aux débuts olympiques du rugby féminin

Être loin de la personne qu’on aime et presque la mettre au deuxième rang dans votre vie a été extrêmement difficile. Pour que ça fonctionne, il vous faut quelqu’un qui comprend vraiment cela et appuie ce que vous faites. Et j’ai la chance d’avoir un partenaire qui comprend et soutient vraiment ce que je fais, autrement la relation n’aurait vraiment pas duré. Le Rugby était dans ma vie avant Nadene et elle comprend ça. Avant de déménager à Victoria, nous avions créé une très bonne base dans notre relation et je pense que cela nous a beaucoup aidées.

It's good to be back home spending my 3 days off with my girl. ❤️

A post shared by Jen Kish (@jen_kish) on

Vivre loin l’une de l’autre, c’est dur parce que je ne fais pas partie de sa vie quotidienne. Je ne la vois pas les soirs après le travail, alors on essaie de se donner un coup de fil quand on peut. Et même si notre relation était dans l’ombre de ma carrière de rugby parce que j’étais centralisée, il était très important pour moi de trouver du temps pour Nadene parce que son soutien m’a vraiment aidé me surpasser dans mon sport. Ce qui est vraiment mignon, c’est qu’elle est allée à Build-A-Bear et m’a construit cet ourson. Elle me donne un discours d’avant match parce que j’essaie toujours de l’appeler avant de fouler le terrain et elle me dit : « OK, tu vas être géniale, concentre-toi sur ce que tu as à faire ». Des fois, je ne peux pas toujours la rejoindre, alors elle a fini par me donner ce Build-A-Bear qui me donne ce discours. Et même si je ne peux pas l’entendre, j’ai encore cet ourson que je trimbale sur la route et qui maintient la relation forte.

À LIRE : Les Canadiennes remportent la première médaille de bronze de l’histoire du rugby à 7 aux Jeux olympiques

kish-build-a-bear

Alors qu’elle participait au grand tournoi de sa vie, Jen Kish a décidé qu’il serait moins stressant si Nadene ne se rendait pas à Rio.

Je sais que c’est fou parce que les gens sont comme « Je veux ma famille et mes amis là-bas », mais il est plus facile pour moi de me concentrer sur ma tâche quand je ne suis pas inquiète pour les gens que j’aime. Ne pas l’avoir là pour partager ce moment était vraiment triste, mais en même temps, cela m’aurait beaucoup distrait et je savais qu’elle se lèverait tôt le matin, à regarder les jeux et à m’envoyer des messages. Nous avons tout simplement gardé la même routine même si c’était les Jeux olympiques. Heureusement, le COC nous a donné des téléphones et des cartes SIM et j’ai pu l’appeler chaque fois que je voulais et être connecté de cette façon. J’étais plus connecté à Rio que n’importe quel autre tournoi à l’étranger. Nadene vivait ses propres Jeux olympiques ici à Edmonton avec tous nos amis et notre famille. Donc, quand elle me Facetimait, je la voyais avec mon entourage en train de passer un bon moment et de nous encourager l’équipe et moi. C’était génial de voir qu’elle s’amusait vraiment et c’était agréable de constater qu’elle n’était pas seule, alors qu’elle aurait pu l’être à Rio.

EN PHOTOS : La médaille de bronze olympique pour l’équipe de rugby féminin

A dream come true 🙌

A post shared by Jen Kish (@jen_kish) on

Kish est revenu au Canada peu après avoir remporté le bronze olympique pour une réunion très attendue.

Je ne l’ai dit à personne sauf elle que je rentrais à la maison, alors elle s’est envolée pour me rejoindre en Colombie-Britannique. Nous avons passé les deux prochains jours sur la route pour retourner à Edmonton et à se raconter des histoires. Elle m’a parlé de ce qu’elle a fait avant les Jeux olympiques et de ce qu’elle a accompli entre temps, et je lui ai parlé de l’expérience du village et de mon expérience à Rio. C’était la fin d’un chapitre, mais le début d’un autre de notre vie parce que nous savions que nous étions au milieu de la construction de notre maison de rêve et que maintenant j’allais être à la maison pour une longue période à Edmonton, donc pouvoir aller au lit ensemble et avoir les conversations que nous attendions depuis les cinq années que j’étais centralisée à Victoria. C’était vraiment spécial.

Happy to be back in Canada with my girl ❤️ #EdmontonBound

A post shared by Jen Kish (@jen_kish) on