Notre décompte vers le 150e anniversaire du Canada le 1er juillet arrive aux années 70.

Si vous désirez revivre les moments inoubliables que nous avons déjà couverts, vous pouvez les trouver ici.

Pour l’instant, tournons-nous vers une décennie dont les faits saillants incluent les premiers Jeux en sol canadien ainsi qu’un des moments les plus importants de l’histoire sportive du pays.

1972 – La Série du siècle

Le Canada était la première puissance au hockey international avant de céder le pas tranquillement à l’Union soviétique au cours du 20e siècle. Ce qui manquait toutefois à cette rivalité était un vrai affrontement entre les meilleurs joueurs des deux pays. Le statut professionnel des meilleurs joueurs canadiens les empêchait de participer aux championnats du monde et aux Jeux olympiques. Pendant ce temps, loin de la Ligue nationale de hockey, les joueurs Soviets pouvaient participer à ces compétitions.

Mais au point culminant de la guerre froide, alors que les sentiments nationalistes étaient au plus fort, les meilleurs joueurs des deux pays se sont rencontrés pour un classique de huit matchs : la Série du siècle. Elle se termina de manière spectaculaire lorsque Paul Henderson marqua le but gagnant à Moscou avec seulement 36 secondes à jouer, un des moments « j’étais là quand c’est arrivé » pour une génération de Canadiens.

1972 – Les patineurs artistiques canadiens au centre d’un important changement

L’épreuve féminine de patinage artistique à Sapporo en 1972 annonce le déclin et l’éventuelle élimination des programmes de figures imposées. Autrefois, le programme imposé valait pour 60% du pointage final. À Sapporo, cette part est descendue à 50% et vaut autant que le programme libre pour la première fois.

Karen Magnussen est la seule médaillée canadienne à Sapporo, remportant l’argent derrière l’Autrichienne Beatrix Schuba, qui s’était placé seulement au septième rang du programme libre, mais qui avait gagné le programme imposé. Au même moment, l’Américaine Janet Lynn remporte le programme libre, mais se classe quatrième au programme imposé, ce qui lui vaut la troisième place.

Les résultats confondent les spectateurs et encouragent l’Union internationale de patinage à appliquer des changements. L’année suivante, le programme court est ajouté, valant 20% des points finaux tandis que le programme imposé est réduit à 40%, tout comme le programme libre. Magnussen décoche l’or aux Championnats du monde de 1973, la dernière femme canadienne à se tenir sur la plus haute marche du podium à cet événement.

Avec le nouvel accent mis sur les prestations et les programmes au profit des figures, la porte s’ouvrait aux patineurs pour devenir certains des athlètes les plus connus de l’histoire du sport. Inclus dans ce groupe était Toller Cranston, qui remporta la médaille de bronze aux Championnats du monde de 1974 et aux Jeux d’Innsbruck de 1976, tout en étant le meilleur au programme libre à plusieurs reprises. Les figures imposées sont retirées des compétitions après les Championnats du monde de 1990.

1976 – La plus jeune médaillée de l’histoire canadienne des Jeux d’hiver

Kathy Kreiner descend la piste de Lake Placid lors des Jeux de 1980. (Photo PC/AOC)

À seulement 14 ans, Kathy Kreiner descendait les pentes de Sapporo lors des Jeux d’hiver de 1972. Pas encore prête pour le podium, elle revient à la charge à Innsbruck en 1976 à 18 ans avec une feuille de route qui inclut seulement trois médailles en slalom géant, dont une victoire en 1974. Au slalom géant olympique, elle est la première à s’élancer sur la piste et doit regarder chacune des skieuses suivantes essayer de battre son temps.

L’une d’elles est l’Allemande Rosi Mittermaier, qui avait déjà remporté la descente et le slalom. Devançant la cadence de Kreiner durant la majorité du parcours, Mittermaier prend une mauvaise ligne autour d’une des dernières portes. Cette bévue donne la médaille d’or à Kreiner, la seule médaille d’or canadienne à ces Jeux. À cette époque, elle devenait la plus jeune championne olympique de l’histoire du ski et est encore aujourd’hui la plus jeune championne canadienne des Jeux d’hiver.

1976 – Première médaillée en patinage de vitesse chez les femmes

Cathy Priestner, lors des Jeux d’Innsbruck en 1976. (Photo PC/AOC)

Le patinage de vitesse féminin est officiellement ajouté au programme olympique à Squaw Valley en 1960. Huit ans plus tard, Cathy Priestner se lance dans le sport. En moins d’un an, elle remporte son premier championnat canadien. En 1975, elle décoche la médaille de bronze aux Mondiaux de sprint. Une année plus tard, à sa deuxième présence aux Jeux olympiques à seulement 19 ans, elle gagne la médaille d’argent à Innsbruck et devient la première médaillée olympique en patinage de vitesse. Son exploit lui vaut d’être la porteuse du drapeau aux cérémonies de clôture de ces Jeux.

1976 – Les Jeux olympiques arrivent au Canada

Les athlètes canadiens font leur entrée lors des cérémonies d’ouverture des Jeux olympiques de Montréal de 1976. (Photo PC/AOC)

Après plusieurs tentatives, la ville de Montréal est choisie pour accueillir les Jeux olympiques de 1976. Le Canada est alors l’hôte du plus grand événement sportif mondial pour la première fois de son histoire. Ces jeux représentent également un grand pas en matière d’équité alors qu’on ajoute des épreuves féminines en basketball, en handball et en aviron pour la première fois aux Jeux olympiques.

La Roumaine Nadia Comaneci devient une sensation internationale lors de ces Jeux après avoir obtenu la première note parfaite dans l’histoire de la gymnastique olympique. Le pays hôte remporte également plus de médailles que lors des deux Jeux précédents combinés, bien qu’aucune de ces médailles ne soit d’or.

À défaut d’avoir un athlète sur la plus haute marche du podium, une image marquante de ces Jeux est la deuxième place de Greg Joy sous la pluie au saut en hauteur lors de l’avant-dernier jour de compétition.

1976 – Première tireuse à la fosse dans une compétition olympique

Susan Nattrass, pionnière du tir à la fosse, participe à Montréal en 1976 au premier de ses six Jeux olympiques. (Photo PC/AOC)

Une pionnière au tir à la fosse, Susan Nattrass se lance dans les compétitions internationales en 1969, une année après que l’épreuve olympique devienne mixte, et donc, ouverte aux femmes. À Montréal en 1976, elle devient la première femme à participer à cette épreuve. C’est la première de ses six présences aux Jeux lors des 32 années suivantes, au cours desquelles les femmes auront leur propre épreuve, ce pour quoi Nattrass a longtemps milité. Durant sa carrière, Nattrass a remporté 7 titres mondiaux, dont 5 durant les années 70.

1976 – Les nageurs canadiens prospèrent à la maison

Dès 11 médailles récoltées à Montréal en 1976, 8 sont venus de la piscine, le deuxième plus haut total du Canada en natation. Du lot, on retrouve une paire de médailles de bronze à l’épreuve de dos acquises par Nancy Garapick. À seulement 13 ans, elle réalise le record du monde au 200 mètres dos et enlève deux médailles lors de championnat du monde pour être nommée l’athlète féminine canadienne de l’année en 1975.

À ses débuts olympiques, elle termine troisième aux 100 mètres et 200 mètres dos derrière deux nageuses de l’Allemagne de l’Est. Au cours des années 1990, des preuves sont révélées par rapport au dopage systématique de l’Allemagne de l’Est lors des décennies précédentes, mais aucun changement rétroactif ne sera appliqué sur les résultats.

1979 – Une vedette du saut à ski est née

Horst Bulau prend le départ des championnats juniors de saut à ski à Mont-Sainte-Anne en 1979. (LA PRESSE CANADIENNE/Chuck Stoody)

Bien que la plupart de ses succès soient réalisés durant les années 80, c’est en 1979 que la carrière de Horst Bulau s’envole lorsqu’il décoche la médaille de bronze aux Mondiaux juniors au saut à ski. À partir de Lake Placid en 1980, Bulau représentera le Canada lors de 4 Jeux consécutifs et réalisera le meilleur résultat de l’histoire du pays à Calgary en 1988. En carrière à la Coupe du monde, il se tiendra sur le podium 29 fois, dont 13 victoires, le plus par un skieur canadien à cette époque.